0 Prolégomènes à l’algèbre des fonctions caractéristiques et simples 1

Les trois numéros 1 scientifiques mènent l’expérience de prouver que la loi mathématique caractéristique est une loi scientifique : pose de 1A1_A​, mesure des coefficients αi\alpha_i, écriture de
f=α11A+α21B+α31C.f=\alpha_1 1_A+\alpha_2 1_B+\alpha_3 1_C.

1) Présentation du prolégomènes à l’algèbre des fonctions caractéristiques et simples et les méthodes et moyens de leurs solutions et explications

Le présent Prolégomènes à l’algèbre des fonctions caractéristiques et simples poursuit un objectif à la fois mathématique, épistémologique et taxinomique : montrer que la fonction indicatrice d’appartenance, souvent considérée comme un simple outil technique de la théorie des ensembles, constitue en réalité l’une des formes les plus élémentaires, les plus universelles et les plus fécondes de représentation des lois scientifiques mathématiques.

À travers l’étude systématique des fonctions caractéristiques et des fonctions simples, cet ouvrage défend la thèse selon laquelle un très grand nombre de lois mathématiques, qu’elles relèvent de l’arithmétique, de l’algèbre abstraite, de la logique, de la géométrie, de la trigonométrie ou encore des probabilités et de la statistique, peuvent être comprises comme des manifestations particulières d’une même structure fondamentale d’appartenance. Là où les disciplines mathématiques apparaissent habituellement comme des domaines distincts, le présent travail cherche à mettre en évidence une unité structurelle sous-jacente susceptible de les relier dans un cadre conceptuel commun.

Cette recherche s’inscrit ainsi à la frontière de plusieurs niveaux d’analyse. Elle interroge d’abord le sens même du mot « loi » en mathématiques. Le terme désigne tantôt une relation formelle exprimée par une identité ou une équation, tantôt une distribution probabiliste, tantôt encore une règle abstraite de composition. Cette polysémie conduit à examiner la possibilité d’une classification scientifique rigoureuse permettant d’ordonner ces différents usages selon leurs propriétés structurelles communes.

Le premier mouvement de l’ouvrage consiste donc à analyser les grandes familles de lois mathématiques générales. Les lois de l’arithmétique et de l’algèbre abstraite, les lois de la logique mathématique et de la théorie des ensembles, les lois de la géométrie et de la trigonométrie ainsi que les lois de la théorie axiomatique des probabilités sont successivement étudiées afin de déterminer la manière dont la fonction indicatrice d’appartenance participe à leur formalisation, à leur représentation ou à leur interprétation.

Le second mouvement développe l’idée centrale selon laquelle la fonction indicatrice procure aux lois scientifiques un véritable « lest » conceptuel. Une formule mathématique peut être regardée comme une représentation symbolique d’une relation. Une figure géométrique peut en fournir une intuition visuelle. Une machine physique peut parfois même en constituer une incarnation matérielle. Cependant, dans chacun de ces cas, la détermination préalable de ce qui appartient ou non à une structure donnée demeure fondamentale. La fonction indicatrice apparaît alors comme l’instrument le plus élémentaire permettant de formaliser cette distinction première.

Afin d’illustrer cette idée, plusieurs lois scientifiques sont étudiées. La loi géométrique affine, la loi des sinus, la loi trigonométrique de Morrie ainsi que les trois axiomes fondamentaux de la théorie moderne des probabilités, à savoir la positivité, la normalisation et la σ-additivité, sont réinterprétés à travers le prisme de l’appartenance ensembliste. L’objectif n’est pas de réduire ces lois à la seule fonction indicatrice, mais de montrer qu’une relation profonde les unit à la notion élémentaire de caractérisation d’un ensemble.

Dans un troisième temps, l’ouvrage examine un vaste ensemble de lois de probabilité particulières. De la loi de Bernoulli jusqu’à la loi de Cantor, en passant par les lois binomiales, bêta, exponentielle, de Cauchy, de Burr, de Dagum ou encore de Dirichlet, chacune est envisagée comme un corollaire de la loi générale de probabilité. Cette vaste exploration vise à mettre en évidence que la fonction indicatrice intervient explicitement ou implicitement dans la définition des supports, des événements, des densités, des mesures ou des domaines de validité associés à ces distributions.

Enfin, le dernier mouvement conduit à la formulation de ce qui est proposé comme une cinquième grande loi mathématique générale : la loi de structure caractéristique. Celle-ci cherche à formaliser le principe selon lequel toute entité mathématique peut être définie par les propriétés qui déterminent son appartenance à une structure donnée. La fonction caractéristique d’appartenance et la fonction plafond d’Iverson y jouent alors un rôle central comme opérateurs fondamentaux de description et de construction.

Méthodes et moyens de solution

Les méthodes employées dans cet ouvrage reposent sur une combinaison de plusieurs approches complémentaires.

La méthode axiomatique consiste à partir des définitions fondamentales, des axiomes et des relations premières afin de reconstruire progressivement les structures plus complexes. Cette démarche est particulièrement utilisée pour l’étude des lois de probabilité et des structures algébriques.

La méthode analytique vise à décomposer chaque loi scientifique en ses composantes essentielles afin de mettre en évidence les mécanismes d’appartenance, de sélection et de caractérisation qui la sous-tendent.

La méthode comparative permet d’examiner côte à côte des lois relevant de disciplines différentes afin d’identifier leurs invariants structurels et leurs analogies fonctionnelles.

La méthode taxinomique cherche à élaborer une classification rationnelle des lois scientifiques mathématiques selon leur nature, leur portée et leur niveau de généralité.

La méthode sémantique analyse les significations multiples associées aux notions de loi, de fonction caractéristique, de fonction simple, de relation, de propriété et de structure.

La méthode illustratrice s’appuie sur des représentations géométriques, graphiques, algébriques et probabilistes destinées à faire apparaître intuitivement les structures étudiées avant leur formalisation rigoureuse.

La méthode constructive consiste à montrer comment des objets mathématiques complexes peuvent être reconstruits à partir de fonctions caractéristiques et de combinaisons linéaires finies de celles-ci, c’est-à-dire de fonctions simples.

Les moyens de démonstration utilisés comprennent les preuves formelles, les contre-exemples, les schémas conceptuels, les représentations géométriques, les développements algébriques, les exemples probabilistes, les interprétations physiques lorsqu’elles sont pertinentes, ainsi que les rapprochements historiques et épistémologiques permettant de situer chaque loi dans son contexte scientifique.

Ainsi, ce Prolégomènes à l’algèbre des fonctions caractéristiques et simples entend montrer que derrière la diversité apparente des lois mathématiques se cache une architecture commune fondée sur la caractérisation de l’appartenance, architecture dont les fonctions indicatrices et simples constituent l’expression la plus élémentaire, la plus générale et peut-être la plus fondamentale.

2) Problématiques du prolégomènes à l’algèbre des fonctions caractéristiques et simples et les méthodes et moyens de leurs solutions et explications

Le présent Prolégomènes à l’algèbre des fonctions caractéristiques et simples s’organise autour d’un ensemble de problématiques fondamentales qui visent à déterminer si la fonction indicatrice d’appartenance constitue seulement un instrument technique parmi d’autres ou si elle représente au contraire l’un des principes les plus généraux de structuration des mathématiques et des sciences. L’ambition de ce travail est de mettre à l’épreuve l’hypothèse selon laquelle les fonctions caractéristiques et les fonctions simples ne sont pas uniquement des outils de la théorie de la mesure, mais les manifestations élémentaires d’une structure universelle permettant de décrire, classifier et construire les lois scientifiques mathématiques.

PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE

La fonction indicatrice d’appartenance constitue-t-elle le fondement structurel commun permettant d’unifier les diverses formes de lois scientifiques mathématiques et probabilistes à travers une algèbre générale de l’appartenance, de la caractérisation et de la structure ? Cette interrogation centrale se décompose en plusieurs problématiques particulières.

PREMIÈRE PROBLÉMATIQUE Quelle est la nature exacte du concept de loi en mathématiques ?

Le terme « loi » désigne aussi bien une identité algébrique, une règle logique, une relation géométrique, un théorème trigonométrique qu’une distribution de probabilité. Cette multiplicité d’usages soulève une question fondamentale : Les différentes acceptions du mot « loi » renvoient-elles à des objets véritablement distincts ou constituent-elles les expressions particulières d’une même structure mathématique générale ? Autrement dit, existe-t-il une définition scientifique unifiée de la loi mathématique permettant de rassembler sous un même cadre conceptuel les lois de l’algèbre, de la logique, de la géométrie et des probabilités ?

DEUXIÈME PROBLÉMATIQUE La fonction indicatrice possède-t-elle une portée scientifique plus fondamentale que celle qui lui est habituellement attribuée ?

Traditionnellement, la fonction indicatrice est introduite comme une simple fonction auxiliaire prenant les valeurs 0 et 1. Pourtant, toute définition mathématique suppose la distinction préalable entre ce qui appartient et ce qui n’appartient pas à une structure donnée. La question devient alors :

La fonction indicatrice représente-t-elle l’expression mathématique fondamentale de toute opération de caractérisation, de sélection et de catégorisation ? Et plus généralement toute structure mathématique ne présuppose-t-elle pas implicitement une opération préalable d’appartenance ?

TROISIÈME PROBLÉMATIQUE Existe-t-il une relation structurelle entre les lois mathématiques classiques et les fonctions indicatrices ?

Les lois algébriques, géométriques, trigonométriques et probabilistes semblent relever de domaines théoriques différents. Cependant, chacune d’entre elles possède un domaine de définition, des conditions d’application et un ensemble d’objets auxquels elle s’applique. Dès lors : Peut-on décrire ces lois à partir d’une structure d’appartenance commune ? Existe-t-il un mécanisme général permettant d’établir une correspondance entre la fonction indicatrice d’un ensemble et la structure interne d’une loi scientifique ?

QUATRIÈME PROBLÉMATIQUE: Les axiomes de probabilité constituent-ils des formes élaborées de l’appartenance ensembliste ?

Les axiomes de positivité, de normalisation et de σ-additivité définissent la notion moderne de probabilité. Mais ceux-ci reposent eux-mêmes sur la notion d’événement, laquelle est une notion ensembliste. Dès lors : La théorie axiomatique de la probabilité peut-elle être comprise comme une généralisation quantitative d’une structure qualitative d’appartenance ? La fonction indicatrice représente-t-elle le lien fondamental entre la théorie des ensembles et la théorie probabiliste moderne ?

CINQUIÈME PROBLÉMATIQUE: Les distributions de probabilité particulières dérivent-elles d’une loi générale unique ?

Les lois de Bernoulli, binomiale, bêta, exponentielle, Dirichlet, Cauchy, Burr, Dagum, Benford ou Cantor possèdent chacune leurs propriétés spécifiques. Cependant, toutes découlent des axiomes généraux de la probabilité. La question devient alors : Est-il possible de reconstruire l’ensemble de ces distributions à partir d’une même logique structurelle fondée sur la caractérisation des événements et de leurs domaines d’appartenance ? Et: Quel rôle jouent les fonctions caractéristiques dans cette reconstruction ?

SIXIÈME PROBLÉMATIQUE Les fonctions simples constituent-elles une algèbre fondamentale de représentation ?

Toute fonction simple est une combinaison finie de fonctions indicatrices : f(x)=∑i=1nai×1Ai(x). Cette propriété soulève une interrogation majeure : La fonction simple doit-elle être considérée comme une simple approximation technique ou comme une véritable structure élémentaire de représentation mathématique ? De manière plus générale : Les fonctions simples constituent-elles la grammaire primitive des fonctions mesurables et des objets analytiques plus complexes ?

SEPTIÈME PROBLÉMATIQUE: Existe-t-il une loi générale de structure caractéristique ?

Si toute entité mathématique peut être définie par un système de propriétés déterminant son appartenance à une structure donnée, alors il semble possible d’envisager une loi d’un niveau supérieur.Cette dernière affirmerait que toute structure est caractérisable par une fonction exprimant les conditions nécessaires et suffisantes de son appartenance. D’où la question : Peut-on formuler rigoureusement une loi scientifique générale de structure caractéristique englobant les fonctions indicatrices, les fonctions simples et les lois mathématiques particulières ?

MÉTHODES DE RÉSOLUTION

Pour répondre à ces problématiques, l’ouvrage mobilise plusieurs méthodes complémentaires.

1. La méthode axiomatique

Elle consiste à partir des définitions premières, des axiomes et des relations fondamentales afin de reconstruire progressivement les structures plus complexes.

Cette méthode permet notamment l’analyse des lois de probabilité, des structures algébriques et des systèmes logiques.

2. La méthode déductive

Les conséquences logiques sont obtenues à partir de principes généraux.

Chaque loi particulière est analysée comme une conséquence potentielle de principes structurels plus fondamentaux.

3. La méthode analytique

Les lois scientifiques sont décomposées en éléments constitutifs :

  • domaine ;
  • appartenance ;
  • relation ;
  • condition ;
  • conséquence ;
  • structure.

Cette décomposition vise à identifier leur architecture commune.

4. La méthode comparative

Les lois de diverses disciplines mathématiques sont comparées afin de dégager leurs invariants structurels.

Cette démarche permet de mettre en évidence les analogies existant entre les différentes branches des mathématiques.

5. La méthode taxinomique

Elle cherche à construire une classification rationnelle des lois scientifiques mathématiques selon :

  • leur niveau de généralité ;
  • leur domaine d’application ;
  • leur structure logique ;
  • leur mode de représentation.
6. La méthode sémantique

Les significations des notions de loi, de structure, de propriété, d’appartenance et de caractérisation sont examinées afin d’en clarifier les usages scientifiques.

7. La méthode constructive

Les structures complexes sont reconstruites à partir des fonctions indicatrices et des fonctions simples.

Cette méthode permet de montrer comment les objets mathématiques élaborés dérivent d’éléments structurels élémentaires.

MOYENS DE SOLUTION ET D’EXPLICATION

Les moyens utilisés pour traiter les différentes problématiques sont :

  • les démonstrations mathématiques rigoureuses ;
  • les preuves axiomatiques ;
  • les contre-exemples ;
  • les représentations géométriques ;
  • les schémas structurels ;
  • les interprétations probabilistes ;
  • les comparaisons interdisciplinaires ;
  • les tableaux taxinomiques ;
  • les analyses sémantiques ;
  • les développements algébriques ;
  • les fonctions indicatrices ;
  • les fonctions simples ;
  • les fonctions caractéristiques ;
  • la fonction plafond d’Iverson ;
  • les exemples numériques ;
  • les illustrations historiques et épistémologiques.

L’ensemble de ces moyens a pour finalité de déterminer si les fonctions caractéristiques et les fonctions simples constituent uniquement des outils particuliers de la théorie de la mesure ou si elles représentent, plus profondément, l’une des structures fondatrices permettant d’unifier une part significative des lois scientifiques mathématiques.

3) Plan du prolégomènes à l’algèbre des fonctions caractéristiques et simples

Le plan de la forme et du fond de mon prolégomènes est le suivant :

1) DE LA FONCTION INDICATRICE D’APPARTENANCE À LA LOI CARACTÉRISTIQUE D’APPARTENANCE

1.A) LA FONCTION INDICATRICE ET DU LEST PRIS AUX LOIS SCIENTIFIQUES ENTRE RÉIFICATION ET ÉDIFICATION — AVEC TROIS LOIS MATHÉMATIQUES SCIENTIFIQUES GÉNÉRALES, UNE LOI MATHÉMATIQUE SCIENTIFIQUE PARTICULIÈRE ET TRENTE-TROIS COROLLAIRES EUX-MÊMES LOIS MATHÉMATIQUE SCIENTIFIQUES: CLASSIFICATION SÉMANTIQUE UTILE, OU TAXINOMIE SCIENTIFIQUE STRICTE ?

1.A.1) : Les lois de l’arithmétique et de l’algèbre abstraite, de la logique mathématique et de la théorie des ensembles, de la trigonométrie et de la géométrie, des probabilités et des statistiques :

A) la dualité sémantique fondamentale du mot « loi » en mathématiques

B) Lois de l’arithmétique et de l’algèbre abstraite

C) Lois de la logique mathématique et de la théorie des ensembles

D) Lois de la trigonométrie et de la géométrie

D) Lois de la trigonométrie et de la géométrie

E) Lois des probabilités et des statistiques

1.A.1) DU LEST PRIS AUX LOIS SCIENTIFIQUES MATHÉMATIQUES PAR LA FONCTION INDICATRICE D’APPARTENANCE : ENTRE RÉIFICATION ET ÉDIFICATION SÉMANTIQUEMENT UTILE ET TAXINOMIQUEMENT SCIENTIFIQUEMENT STRICTE ?

1.A.1.1) Une machine physique qui incarne une loi scientifique mathématique vaut mille formules ; une formule vaut mille images ; une image vaut mille mots — et ces mots valent mille et une nuits — pour une seule relation fonctionnelle caractéristique de la loi scientifique géométrique affine à la loi scientifique axiomatique de probabilité.

1.La loi scientifique géométrique affine
1′. La relation entre la loi scientifique affine et la fonction indicatrice d’appartenance ensembliste
2.La loi scientifique trigonométrique des sinus
2′. La relation entre la loi scientifique des sinus et la fonction indicatrice d’appartenance ensembliste
3. La loi scientifique trigonométrique de Morrie
3. La relation entre la loi scientifique trigonométrique de Morrie et la fonction indicatrice d’appartenance ensembliste
4. La loi de probabilité
4.1. L’axiome de positivité (Non-négativité)
4.1′. La relation entre l’axiome de positivité et la fonction indicatrice d’appartenance
4.2. L’axiome de certitude (Normalisation ou Masse unitaire)
4.2′ la relation entre l’axiome de certitude et la fonction indicatrice d’appartenance
4.3. L’axiome de σ-additivité (Additivité dénombrable)
4.3′ la relation entre l’axiome de σ-additivité et la fonction indicatrice d’appartenance
4′ La relation entre la loi axiomatique de probabilité et la fonction indicatrice d’appartenance

1.A.1.2) LES TRENTE TROIS LOIS COROLAIRES DE LA LOI DE PROBABILITÉ GÉNÉRALE: de la Loi de Bernoulli à la loi de Cantor

5.Loi de Bernoulli
5′ La relation entre la loi et la fonction indicatrice d’appartenance
6. Loi binomiale
6′ La relation entre la loi binomiale et la fonction indicatrice d’appartenance
7. Loi binomiale négative
7′. La relation entre la loi binomiale négative et la fonction indicatrice d’appartenance
8. Loi binomiale négative étendue
8′. La relation entre la loi binomiale négative étendue et la fonction indicatrice d’appartenance
9. Loi bêta-binomiale
9′. La relation entre la loi bêta-binomiale et la fonction indicatrice d’appartenance
10. Loi bêta-binomiale négative
10′. La relation entre la loi bêta-binomiale négative et la fonction indicatrice d’appartenance
11. Loi de Conway–Maxwell–Poisson
11′. La relation entre la loi de Conway–Maxwell–Poisson et la fonction indicatrice d’appartenance
12. Loi de Delaporte
12′. La relation entre la loi de Delaporte et la fonction indicatrice d’appartenance
13. Loi exponentielle
13′. La relation entre la loi exponentielle et la fonction indicatrice d’appartenance
14. Loi d’Erlang
14′. La relation entre la loi d’Erlang et la fonction indicatrice d’appartenance
15. Loi demi-normale
15′. La relation entre la loi demi-normale et la fonction indicatrice d’appartenance
16. Loi du χ
16′. La relation entre la loi du χ et la fonction indicatrice d’appartenance
17. Loi du χ²
17′. La relation entre la loi du χ² et la fonction indicatrice d’appartenance
18. Loi du χ non centrée
18′. La relation entre la loi du χ non centrée et la fonction indicatrice d’appartenance
19. Loi du χ² non centrée
19′. La relation entre la loi du χ² non centrée et la fonction indicatrice d’appartenance
20. Loi du cosinus surélevé
20′. La relation entre la loi du cosinus surélevé et la fonction indicatrice d’appartenance
21. Loi du demi-cercle de Wigner
21′. La relation entre la loi du demi-cercle de Wigner et la fonction indicatrice d’appartenance
22. Loi arc-sinus
22′. La relation entre la loi arc-sinus et la fonction indicatrice d’appartenance
23 Loi de Bates
23′ La relation entre la loi de Bates et la fonction indicatrice d’appartenance
24. Loi bêta
24′. La relation entre la loi bêta et la fonction indicatrice d’appartenance
25. Loi bêta rectangulaire
25′. Loi bêta rectangulaire
25. Loi bêta décentrée
25. La relation entre la loi bêta décentrée et la fonction indicatrice d’appartenance
26. Loi de Dirichlet
26′. La relation entre la loi de Dirichlet et la fonction indicatrice d’appartenance
27. Loi bêta prime
27′. La relation entre la loi bêta prime et la fonction indicatrice d’appartenance
28. Loi de Cauchy
28′. La relation entre la loi de Cauchy et la fonction indicatrice d’appartenance
29. Loi de puissance
29′. La relation entre la loi de puissance et la fonction indicatrice d’appartenance
30. Loi de Burr
30′. La relation entre la loi de Burr et la fonction indicatrice d’appartenance
31. Loi de Dagum
31′. La relation entre la loi de Dagum et la fonction indicatrice d’appartenance
32. Loi de Davis
32′. La relation entre la loi de Davis et la fonction indicatrice d’appartenance
33. Loi de Benktander I
33′. La relation entre la loi de Benktander I et la fonction indicatrice d’appartenance
34. Loi de Benktander II
34′. La relation entre la loi de Benktander II et la fonction indicatrice d’appartenance
35. Loi de Benford
35′. Loi de Benford et la fonction indicatrice d’appartenance
36. Loi de Cantor
36′. La relation entre la loi de Cantor et la fonction indicatrice d’appartenance

1.A.2) DU LEST PRIS DES LOIS SCIENTIFIQUES : Une cinquième loi mathématique générale est aussi une loi mathématique scientifique

1.A.2.1) La loi de structure caractéristique

1A) LA LOI SCIENTIFIQUE MATHÉMATIQUE

1B) LA LOI SCIENTIFIQUE MATHÉMATIQUE DE LA STRUCTURE CARACTÉRISTIQUE D’APPARTENANCE ET LA FONCTION ARITHMÉTIQUE PLAFOND D’IVERSON.

Philosopher and Albert Einstein seated beside mathematical chalkboards and open books

1) DE LA FONCTION INDICATRICE D’APPARTENANCE À LA LOI CARACTÉRISTIQUE D’APPARTENANCE

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« 675 (172. I, p. 143). — Le mathématicien ne va que du vrai au vrai, du faux au vrai par les arguments ab absurdo. » Pensées et Fragments inédits de Montesquieu, Texte établi par Le baron Gaston de Montesquieu qui dans l’esprit des lois établit que le monde est soumis à des lois générales définit comme des rapports nécessaires dérivant de la nature des choses. »

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1. La fonction indicatrice : origine, rappeL DEFINITIONEL, Identités et propriétés

1.a. Origine

Il n’existe pas un unique « créateur » de 1A. L’objet apparaît en plusieurs temps. George Boole (An Investigation of the Laws of Thought, 1854) code déjà l’appartenance par 1 et 0 dans l’algèbre des classes : le produit xy est l’intersection, 1 − x le complémentaire. C’est l’ancêtre algébrique des identités ci-dessus de l’illustration de la notation non standard de la fonction caractéristique d’appartenance 1A(x) = 1 si x ∈ A, sinon 1A(x) = 0 si ∉ A. Peter Gustav Lejeune Dirichlet (1829) introduit la fonction qui vaut 1 sur Q et 0 sur R \ Q. C’est exactement 1Q, aujourd’hui appelée fonction de Dirichlet : première indicatrice « pathologique » explicitement écrite comme fonction réelle. Henri Lebesgue (1902) fait des indicatrices d’ensembles mesurables les briques de l’intégrale : une fonction étagée est une combinaison linéaire finie de 1A, et ∫ 1A dμ = μ(A). Charles-Jean de la Vallée Poussin (Cours d’analyse ; Intégrales de Lebesgue, fonctions d’ensemble, classes de Baire, 1916) systématise le vocabulaire français « fonction caractéristique d’un ensemble » et montre que 1F d’un fermé F est une fonction de Baire de classe 1. Au XXe siècle, les probabilistes (Kolmogorov, Feller) préfèrent le mot indicatrice pour ne pas confondre 1A avec la transformée de Fourier φX(t) = E(eitX), aussi appelée fonction caractéristique.

1.b. Rappel définitionnel

La définition d’une fonction indicatrice est soit Ω un ensemble et A⊂ΩA\subset\Omega alors, l’indicatrice de A est l’application telle que :

1A:Ω→{0,1},1A(x)={1si x∈A,0si x∉A.1_A:\Omega\to\{0,1\}, \qquad 1_A(x)=\begin{cases} 1 & \text{si }x\in A,\\ 0 & \text{si }x\notin A. \end{cases}

Notation équivalente : 1A\mathbf{1}_A​, χA\chi_A, IAI_A​.

1.c Identités :

1A∩B=1A⋅1B,1A∪B=1A+1B−1A⋅1B,1Ac=1−1A,1∅=0,1Ω=1.1_{A\cap B}=1_A\cdot 1_B, \qquad 1_{A\cup B}=1_A+1_B-1_A\cdot 1_B, \qquad 1_{A^c}=1-1_A, \qquad 1_\varnothing=0, \qquad 1_\Omega=1.

Si A∩B=∅, alors 1A∪B=1A+1B1_{A\cup B}=1_A+1_B

1.d. Propriétés

1. Correspondance bijective. L’application A ↦ 1A est une bijection entre l’ensemble des parties de Ω et l’ensemble {0, 1}Ω des fonctions de Ω dans {0, 1}. Réciproque : A = {x ∈ Ω | 1A(x) = 1}.

2. Mesure et probabilité. Si A est mesurable, 1A est mesurable et μ(A) = ∫ 1A dμ,   P(A) = E[1A].

3. Produit et restriction. Pour une densité f, fA(x) = f(x) · 1A(x) est nulle hors de A et égale à f sur A. C’est l’opérateur de multiplication par 1A, ou la restriction de la mesure f dx à A.

4. Unions dénombrables disjointes (σ-additivité). Si les An sont deux à deux disjoints, 1∪ An = Σn 1An.

5. Ce que 1A n’est pas. Ce n’est pas φX(t) = E(eitX). Ce n’est pas non plus l’indicatrice d’analyse convexe, qui vaut 0 sur A et +∞ hors de A.

1.A) LA FONCTION INDICATRICE ET DU LEST PRIS AUX LOIS SCIENTIFIQUES ENTRE RÉIFICATION ET ÉDIFICATION — AVEC TROIS LOIS MATHÉMATIQUES SCIENTIFIQUES GÉNÉRALES, UNE LOI MATHÉMATIQUE SCIENTIFIQUE PARTICULIÈRE ET TRENTE-TROIS COROLLAIRES EUX-MÊMES LOIS MATHÉMATIQUE SCIENTIFIQUES : CLASSIFICATION SÉMANTIQUE UTILE, OU TAXINOMIE SCIENTIFIQUE STRICTE ?

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« La réification (du latin res, rei « chose ») consiste à réifier, c’est-à-dire à donner les caractéristiques d’une chose à ce qui ne l’est pas, par exemple considérer une personne comme un objet, une idée abstraite comme un élément concret, ou leur donner un caractère statique ou figé.« 

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La fonction indicatrice : pourquoi en dérive une loi et de surcroit une loi mathématique scientifique ?

1. La fonction indicatrice n’est pas une loi

Au départ, la fonction indicatrice n’est pas une loi et sa définition est soit un ensemble A ⊆ Ω, alors :

La fonction indicatrice est définie par :1A(x)={1si x∈A,0si x∉A.1_A(x)= \begin{cases} 1 & \text{si } x\in A,\\ 0 & \text{si } x\notin A. \end{cases}

Elle est simplement une fonction booléenne qui transforme une propriété en valeur numérique. Par exemple :

A={2,4,6,8}A=\{2,4,6,8\}

alors1A(4)=1,1A(5)=0.1_A(4)=1,\qquad 1_A(5)=0.

À ce stade, il ne s’agit absolument pas d’une loi. C’est seulement une opération consistant en un détecteur d’appartenance.

2. Le passage de l’opération de détecteur d’appartenance à la loi de

Supposons maintenant qu’on dispose d’une probabilité P sur l’univers Ω. La fonction indicatrice devient alors une variable aléatoire X comme suit :

X=1A.X=1_A.

Comme X ne peut prendre que deux valeurs :X∈{0,1},X\in\{0,1\},

on peut calculer :P(X=1)=P(A),P(X=1)=P(A),

etP(X=0)=1−P(A).P(X=0)=1-P(A).

On obtient alors la table :

Valeur de XProbabilité
01−P(A)1-P(A)
1P(A)P(A)

Cette table est exactement une loi de Bernoulli.

3. Pourquoi une loi de Bernoulli apparaît-elle automatiquement ?

Parce que toute fonction indicatrice ne possède que deux états :Vrai↔1,\text{Vrai} \leftrightarrow 1,Faux↔0.\text{Faux} \leftrightarrow 0.

Or la loi de Bernoulli est précisément la loi mathématique la plus générale décrivant une expérience à deux issues.

Ainsi :1A⟹variable aleˊatoire binaire⟹loi de Bernoulli.1_A \Longrightarrow \text{variable aléatoire binaire} \Longrightarrow \text{loi de Bernoulli}.

Ce n’est donc pas une coïncidence. La loi de Bernoulli est en quelque sorte la traduction probabiliste universelle d’une fonction indicatrice.

4. Pourquoi dit-on alors que c’est une loi scientifique ?

Parce qu’une fois munie d’une probabilité, la fonction indicatrice devient mesurable et permet de calculer des quantités observables.

Par exemple :E(1A)=P(A).E(1_A)=P(A).

C’est un résultat fondamental. Autrement dit, la probabilité d’un événement est l’espérance de sa fonction indicatrice. Ainsi :

P(A)=∫1A dP.P(A)=\int 1_A\,dP.

Cette formule est l’une des plus importantes de toute la théorie moderne de la mesure.

5. Interprétation géométrique

Considérons l’ensemble A comme une région d’un espace. La fonction indicatrice vaut :

1A(x)=11_A(x)=1

à l’intérieur de la région, et1A(x)=01_A(x)=0

à l’extérieur.

L’intégrale additionne uniquement la masse probabiliste située dans A:∫1A(x) dP(x)\int 1_A(x)\,dP(x)

Le résultat est exactement :P(A).P(A).

L’indicatrice agit donc comme un filtre qui sélectionne la partie de l’espace à mesurer.

6. Vision plus fondamentale

Historiquement et conceptuellement, ce n’est pas la fonction indicatrice qui dérive d’une loi. C’est presque l’inverse. Les fonctions indicatrices constituent les briques élémentaires à partir desquelles on construit :

  • les événements ;
  • les probabilités ;
  • les variables aléatoires simples ;
  • les intégrales de Lebesgue ;
  • les espérances ;
  • une grande partie de l’analyse moderne.

En théorie de la mesure, une fonction générale ff est approximée par des combinaisons linéaires d’indicatrices :f=∑i=1nai×1Ai.f=\sum_{i=1}^{n} a_i\times 1_{A_i}.

Les indicatrices jouent donc un rôle analogue aux vecteurs de base en algèbre linéaire.

7.Conclusion

La fonction indicatrice n’est pas elle-même une loi de probabilité. C’est une fonction logique numérique prenant les valeurs 0 et 1. Cependant, dès qu’un espace probabilisé (Ω,F,P)(\Omega,\mathcal F,P) est introduit, cette fonction devient une variable aléatoire binaire dont la distribution est automatiquement :

Bernoulli(P(A))\boxed{\mathrm{Bernoulli}(P(A))}

​Ainsi, la raison profonde de l’apparition d’une loi mathématique est que la fonction indicatrice encode un événement sous forme numérique, et toute variable aléatoire ne prenant que les valeurs 0 et 1 possède nécessairement une loi de Bernoulli. C’est le pont fondamental entre la logique des ensembles et la théorie scientifique des probabilités. L’équivalence mathématique exacte entre la fonction indicatrice et la loi de Bernoulli s’écrit de la façon suivante :

Soit un événement A dans un espace probabilisé (Ω,F,P). On définit la fonction indicatrice :

1A:Ω→{0,1}1_A:\Omega \to \{0,1\}

par1A(ω)={1si ω∈A,0si ω∉A.1_A(\omega)= \begin{cases} 1 & \text{si }\omega \in A,\\ 0 & \text{si }\omega \notin A. \end{cases}

PosonsX=1A.X=1_A.

Alors X est une variable aléatoire telle queP(X=1)=P(A)P(X=1)=P(A)

etP(X=0)=1−P(A).P(X=0)=1-P(A).

Or, par définition, une variable aléatoire Y suit une loi de Bernoulli de paramètre p, notée

Y∼Bernoulli(p),Y\sim \mathrm{Bernoulli}(p),

ssiP(Y=1)=pP(Y=1)=p

etP(Y=0)=1−p.P(Y=0)=1-p.

En identifiantp=P(A),p=P(A),

on obtient immédiatement 1A∼Bernoulli(P(A)) .\boxed{\,1_A \sim \mathrm{Bernoulli}(P(A))\,}.

C’est l’équivalence probabiliste fondamentale.

On peut aussi l’écrire sous forme de fonction de masse :P(1A=x)=(P(A))x(1−P(A)) 1−x,x∈{0,1}.P(1_A=x) = (P(A))^x(1-P(A))^{\,1-x}, \qquad x\in\{0,1\}.

Vérification :

Pour x=1x=1,P(1A=1)=(P(A))1(1−P(A))0=P(A).P(1_A=1) = (P(A))^1(1-P(A))^0 = P(A).

Pour x=0x=0,P(1A=0)=(P(A))0(1−P(A))1=1−P(A).P(1_A=0) = (P(A))^0(1-P(A))^1 = 1-P(A).

Encore plus profondément :1A(ω)=δ{1}(1A(ω)),1_A(\omega) = \delta_{\{1\}}\bigl(1_A(\omega)\bigr),

etE[1A]=P(A).E[1_A] = P(A).

Cette identité est si importante qu’en théorie de la mesure la probabilité elle-même peut être définie à partir des indicatrices :

P(A)=∫Ω1A(ω) dP(ω)\boxed{ P(A)=\int_{\Omega}1_A(\omega)\,dP(\omega) }

Ainsi :A  ⟹  1A  ⟹  Bernoulli(P(A))\boxed{ A \;\Longrightarrow\; 1_A \;\Longrightarrow\; \mathrm{Bernoulli}(P(A)) }

L’événement A est une notion ensembliste, 1A1_A​ est sa représentation algébrique, et Bernoulli(P(A)) est sa représentation probabiliste. Ces trois objets mathématiques décrivent exactement la même information sous trois langages mathématiques différents.

1.A.1) : Les lois de l’arithmétique et de l’algèbre abstraite, de la logique mathématique et de la théorie des ensembles, de la trigonométrie et de la géométrie, des probabilités et des statistiques :

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« As far as the laws of mathematics refer to reality, they are not certain; and as far as they are certain, they do not refer to reality. »Albert Einstein’s address to the Prussian Academy of Sciences in Berlin on January 27, 1921, during his lecture titled Geometry and Experience (Geometrie und Erfahrung)

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A) la dualité sémantique fondamentale du mot « loi » en mathématiques

S’il est communément admis qu’une loi mathématique en générale est une affirmation, une formule ou une identité fondamentale qui demeure universellement vraie au sein d’un système mathématique ou logique spécifique, prouvée par déduction plutôt qu’observée empiriquement, néanmoins la relation entre le recueil de lois mathématiques ci-dessous et les définitions de l’algèbre générale repose sur une dualité sémantique fondamentale du mot « loi » en mathématiques. En effet, le terme loi possède historiquement et conceptuellement deux significations distinctes mais intimement liées. Dans un premier sens, une loi désigne une opération interne définie sur un ensemble. Dans un second sens, une loi désigne une propriété universelle satisfaite par certaines opérations, certains objets ou certaines structures mathématiques. Une grande partie de la richesse du vocabulaire mathématique provient précisément de cette coexistence de deux significations sous un même mot.

1.Première signification : la loi comme opération /

En algèbre générale, une loi est avant tout une application qui associe un élément à un ou plusieurs autres éléments.

Soit un ensemble E. Une loi de composition interne est une application :∗:E×E→E.* : E\times E \rightarrow E.

Pour tous a,b∈Ea,b\in E, l’élément résultant est noté :a∗b.a*b.

Par exemple, sur l’ensemble des nombres réels R, l’addition constitue une loi interne :

+:R×R→R,+:\mathbb R\times\mathbb R\rightarrow\mathbb R,

car2+3=5∈R.2+3=5\in\mathbb R.

De même, la multiplication constitue également une loi interne :×:R×R→R,\times:\mathbb R\times\mathbb R\rightarrow\mathbb R,

puisque :2×3=6∈R.2\times3=6\in\mathbb R.

Dans ce premier sens, le mot « loi » ne désigne donc pas une vérité mathématique mais une règle de calcul ou de combinaison. L’expression « loi d’addition » signifie alors simplement : procédure qui associe à deux nombres un troisième nombre. De manière analogue, les opérations d’intersection et d’union dans la théorie des ensembles constituent également des lois :

∩:P(E)×P(E)→P(E),\cap:\mathcal P(E)\times\mathcal P(E)\rightarrow\mathcal P(E),∪:P(E)×P(E)→P(E).\cup:\mathcal P(E)\times\mathcal P(E)\rightarrow\mathcal P(E).

Ces opérations sont appelées des lois parce qu’elles décrivent un mécanisme de composition.

2.Deuxième signification : la loi comme vérité universelle

Dans la plupart des domaines des mathématiques, le mot loi désigne au contraire une relation invariante ou une proposition démontrable.

Par exemple, la loi de commutativité de l’addition affirme que :a+b=b+a.a+b=b+a.

Ici, le mot loi ne désigne plus l’opération ++ elle-même. Il désigne une propriété fondamentale de cette opération.

De même, la loi d’associativité affirme que :(a+b)+c=a+(b+c).(a+b)+c=a+(b+c).

La loi de distributivité affirme que :a×(b+c)=a×b+a×c.a\times(b+c)=a\times b+a\times c.

Dans chacun de ces exemples, le mot loi désigne une affirmation universellement vraie dans un cadre donné. Ainsi :

« addition »\text{« addition »}

est une loi au sens algébrique, tandis que :a+b=b+aa+b=b+a

est une loi au sens logique ou théorique.

L’articulation entre les deux significations fait que les deux significations ne sont pas indépendantes. Une opération ne devient réellement intéressante pour le mathématicien qu’à travers les lois qu’elle satisfait. Par exemple, considérons l’addition sur R. La loi de composition est :

(a,b)↦a+b.(a,b)\mapsto a+b.

Cette opération satisfait plusieurs lois :a+b=b+a,a+b=b+a,(a+b)+c=a+(b+c),(a+b)+c=a+(b+c),a+0=a.a+0=a.

C’est précisément l’ensemble de ces propriétés qui permet de définir les structures algébriques. Autrement dit :

Opeˊration⟹Lois satisfaites⟹Structure algeˊbrique.\text{Opération} \Longrightarrow \text{Lois satisfaites} \Longrightarrow \text{Structure algébrique}.

Ainsi, un groupe est défini par une loi interne satisfaisant certains axiomes. Un anneau est défini par deux lois internes satisfaisant d’autres axiomes. Un corps est défini par deux lois internes satisfaisant encore davantage de propriétés. Exemple détaillé avec le cas des nombres réels :

Les nombres réels possèdent deux lois fondamentales :+et×.+ \quad\text{et}\quad \times.

Ces lois satisfont notamment :a+b=b+a,a+b=b+a,a×b=b×a,a\times b=b\times a,(a+b)+c=a+(b+c),(a+b)+c=a+(b+c),(a×b)×c=a×(b×c),(a\times b)\times c=a\times(b\times c),a×(b+c)=a×b+a×c.a\times(b+c)=a\times b+a\times c.

On observe ici la dualité :

  • les symboles ++ et ×\times représentent des lois-opérations ;
  • les égalités ci-dessus représentent des lois-propriétés.

Le même mot désigne donc à la fois le mécanisme et les règles auxquelles ce mécanisme obéit. Exemple détaillé avec la fonction indicatrice

Considérons maintenant la fonction indicatrice :1A:Ω→{0,1}.1_A:\Omega\rightarrow\{0,1\}.

La fonction elle-même n’est pas une loi de probabilité. C’est simplement une application. Cependant, lorsque l’on introduit une probabilité PPP, cette application possède une distribution :P(1A=1)=P(A),P(1_A=1)=P(A),P(1A=0)=1−P(A).P(1_A=0)=1-P(A).

On obtient alors :1A∼Bernoulli(P(A)).1_A\sim\mathrm{Bernoulli}(P(A)).

Le mot loi change alors encore de sens.

Dans l’expression :Bernoulli(P(A)),\mathrm{Bernoulli}(P(A)),

une loi désigne cette fois la distribution d’une variable aléatoire.

3. Nous rencontrons donc une troisième utilisation du mot :loi algeˊbrique,\text{loi algébrique},loi logique,\text{loi logique},loi probabiliste.\text{loi probabiliste}.

Toutes possèdent néanmoins un point commun : elles décrivent une forme d’invariance ou de régularité. L’unification fait que sous ses multiples usages, le mot loi conserve toujours une même idée fondamentale : une loi est ce qui demeure invariant lorsque les objets particuliers changent. Dans le cas de l’algèbre, l’invariant est une règle de composition. Dans le cas de la logique, l’invariant est une vérité formelle. Dans le cas de la géométrie, l’invariant est une relation entre longueurs et angles. Dans le cas des probabilités, l’invariant est la structure statistique gouvernant un phénomène aléatoire. Ainsi, les lois mathématiques ne sont pas simplement des formules isolées. Elles expriment les symétries, les régularités et les invariants fondamentaux qui définissent les objets mathématiques eux-mêmes.

On peut résumer cette dualité fondamentale par le schéma suivant :Loi=Opeˊration\boxed{ \text{Loi} = \text{Opération} }

dans le langage de l’algèbre générale, et simultanément dans le langage des théories mathématiques :

Loi=Proprieˊteˊ universelle\boxed{ \text{Loi} = \text{Propriété universelle} }

La coexistence de ces deux significations n’est pas une ambiguïté accidentelle du vocabulaire ; elle reflète au contraire l’idée profonde selon laquelle les mathématiques étudient à la fois les opérations qui construisent les objets et les relations invariantes que ces objets satisfont.

B) LOIS DE L’ARITHMÉTIQUE ET DE L’ALGÈBRE ABSTRAITE :

Ces lois définissent les opérations fondamentales sur des ensembles tels que les nombres réels, les nombres complexes, les matrices et les structures algébriques abstraites (groupes, anneaux, corps).

Loi de commutativité de l’addition :

Loi de commutativité de la multiplication :

Loi d’associativité de l’addition :

Loi d’associativité de la multiplication :

Loi de distributivité :

Lois des exposants (Lois des puissances) :

Lois des logarithmes :

C) LOIS DE LA LOGIQUE MATHÉMATIQUE ET DE LA THÉORIE DES ENSEMBLES :

Ce sont les axiomes et théorèmes fondateurs qui régissent l’algèbre de Boole, la logique propositionnelle et la théorie formelle des ensembles.

  • Principe d’identité :
  • Principe de non-contradiction :
  • Principe du tiers exclu :
  • Lois de De Morgan :
  • Lois d’idempotence :
D) LOIS DE LA TRIGONOMÉTRIE ET DE LA GÉOMÉTRIE :

Ces identités décrivent les relations invariantes entre les angles et les longueurs des côtés des triangles en géométrie euclidienne.

  • Loi des sinus :
  • Loi des cosinus (Théorème d’Al-Kashi) :
  • Loi des tangentes :

E) LOIS DES PROBABILITÉS ET DES STATISTIQUES :

Ces lois décrivent le comportement déterministe des variables aléatoires et des processus stochastiques.

  • Loi des grands nombres :

Loi des probabilités totales :

Loi de l’espérance totale (Théorème de la tour) :

1.A.1) DU LEST PRIS AUX LOIS SCIENTIFIQUES MATHÉMATIQUES PAR LA FONCTION INDICATRICE D’APPARTENANCE : ENTRE RÉIFICATION ET ÉDIFICATION SÉMANTIQUEMENT UTILE ET TAXINOMIQUEMENT SCIENTIFIQUEMENT STRICTE ?