056.a’ Tome V — Extensions des fonctions caractéristiques 56.a’ Fonctions caractéristiques des mots et glossaire d’équivalences possibles, nécessaires et contingentes des termes rhétoriques et des termes de la combinatoire des mots : lettre A 2

Ci-dessus est l’illustration standard de la notation standard de la fonction caractéristique ou indicatrice d’appartenance notée généralement χF(x), et définie sur un ensemble E qui explicite l’appartenance ou non à un sous-ensemble F de l’ensemble E de tout élément x de l’ensemble E.

I) Introduction au glossaire des termes commençant par la lettre A, de l’isomorphisme original entre les figures de rhétorique classiques et les opérateurs de la combinatoire des mots

Il s’agit d’établir un glossaire des termes commençant par la lettre A, de l’isomorphisme original entre les figures de rhétorique classiques et les opérateurs de la combinatoire des mots et dont l’approche offre une véritable taxonomie algébrique de l’expressivité linguistique. L’approche est originale dans sa formulation précise : elle tente de donner une interprétation formelle, calculable et unifiée des figures rhétoriques en termes d’opérateurs de la combinatoire des mots. Les travaux existants sont soit computationnels (détection), soit rhétoriques (classification interne), soit purement mathématiques (combinatoire des mots). La jonction systématique proposée ne semble pas documentée. Le degré d’originalité dépend toutefois de la rigueur de l’isomorphisme revendiqué : plus les correspondances reposent sur des propriétés formelles standard (préfixe, suffixe, primitivité, conjugaison…), plus la revendication est solide ; plus elles reposent sur des fonctions sémantiques externes, plus elles restent analogiques.

Objet

Ce glossaire associe à des termes de la rhétorique classique (figures, procédés, parties du discours, notions d’argumentation) un mécanisme de la combinatoire des mots : une procédure qui, appliquée à un texte écrit comme un mot fini, reconnaît le procédé et en donne une mesure. La mesure est toujours une fonction caractéristique, ou une somme, un produit ou un quotient de valeurs de fonctions caractéristiques ; elle se calcule avec les quatre opérations, des comparaisons, un minimum ou un maximum.

Les travaux existants sur ces sujets sont de trois sortes : computationnels (détection automatique de figures), rhétoriques (classification interne des procédés), ou purement mathématiques (combinatoire des mots). Ce glossaire relie systématiquement les trois : chaque terme rhétorique reçoit une définition mathématique calculable, et chaque calcul est fait sur des exemples.

Nature de la correspondance

Le lien établi est une correspondance, et non un isomorphisme. Un isomorphisme serait une bijection qui conserve toute la structure ; or des textes très différents réalisent le même procédé, et un même texte peut en réaliser plusieurs. La correspondance va des textes vers les procédés et elle est plusieurs-à-un : à chaque texte, chaque mécanisme associe un nombre.

Solidité des correspondances

Toutes les correspondances ne reposent pas sur le même type de données. Le critère retenu est la nature des données nécessaires au calcul ; moins le calcul demande de données extérieures au mot, plus la correspondance est solide.

DegréDonnées nécessairesExemples dans ce glossaire
1le mot seul : positions, répétitions, ordre, ponctuation, lettreschiasme, répétitions de facteurs, allitérations
2des listes fermées de mots (marqueurs, connecteurs, négations)charge de la preuve, captatio benevolentiae, canon
3un dictionnaire ou une table de valeurs fixée d’avancebarbarisme, bathos, blason, buzzword
4une donnée extérieure au texte (corpus, situation, intention)indiqué dans chaque fiche concernée

Chaque fiche indique son degré, dit quelles données elle utilise et d’où elles viennent, et signale les cas que le mécanisme ne reconnaît pas.

0. Conventions communes

0.1 Le texte comme mot

Un texte est un mot fini w = t1 t2 ⋯ tn dont les lettres sont des tokens : mots graphiques séparés par des espaces ou des apostrophes (une forme élidée comme l’ ou j’ compte pour un token). Les nombres et les symboles d’unité (%, €) comptent comme tokens ; les signes de ponctuation ne sont pas comptés comme tokens : ils servent à découper le texte en unités (propositions ou phrases). Pour certains termes (le barbarisme), on descend au niveau des lettres d’un token : un token est alors lui-même un mot sur l’alphabet des lettres.

Un facteur de w est un bloc de tokens consécutifs ti ti+1 ⋯ tj ; Fact(w) est l’ensemble des facteurs de w ; |u| est la longueur (le nombre de tokens) du facteur u. Un sous-mot (ou sous-mot éparpillé) de w est une suite de tokens de w pris dans l’ordre, pas nécessairement consécutifs.

0.2 Fonctions caractéristiques

Pour un ensemble A, χA(x) vaut 1 si x ∈ A et 0 sinon. Trois règles servent dans toutes les fiches :

N°Opération logiqueÉcriture arithmétiquePourquoi
R1non A1 − χA(x)échange 0 et 1
R2A et BχA(x) · χB(x)le produit vaut 1 seulement si les deux valent 1
R3A ou B1 − (1 − χA(x)) · (1 − χB(x))vaut 0 seulement si les deux valent 0

Pour un nombre k et un intervalle I, χI(k) vaut 1 si k ∈ I : par exemple χ[1, ∞)(k) vaut 1 dès que k ≥ 1, ce qui traduit « il existe au moins un ». Le nombre d’éléments d’un ensemble se calcule comme une somme de fonctions caractéristiques : |{i : ti ∈ A}| = Σi χA(ti).

Un texte écrit comme suite de tokens, la valeur de χA sous chaque token, et le comptage par la somme.

0.3 Données explicites et seuils déclarés

Toute information de sens (un dictionnaire, une liste de marqueurs, une valeur de registre) est donnée par une table finie, écrite dans la fiche. Tout seuil est un nombre écrit, avec son origine : logique (« au moins un », « égal à »), de référence (tiré d’une source publiée ou d’une propriété de l’échelle utilisée) ou conventionnel (choisi, avec un tableau de sensibilité qui montre l’effet d’un autre choix).

0.4 Statut modal

Chaque correspondance reçoit l’un de trois statuts : nécessaire si elle ne dépend que du mot (degré 1) ; possible si elle dépend de listes fermées ou de ressources publiques fixées d’avance (degrés 2 et 3) ; contingente si elle dépend d’une donnée sur la situation ou le monde (degré 4).

00. Conventions de notation et statut modal des équivalences

00.1 Alphabet, mots, longueur

Σ désigne un alphabet fini, Σ∗ l’ensemble des mots finis sur Σ, ε le mot vide et Σ+ = Σ∗ ∖ {ε}. Un mot s’écrit w = a1a2 ⋯ an avec ai ∈ Σ ; sa longueur est |w| = n. Pour 1 ≤ i ≤ j ≤ n, le facteur de w allant de la position i à la position j est noté w[i..j] = aiai+1 ⋯ aj.

00.2 Facteurs, préfixes, suffixes

Fact(w) est l’ensemble des facteurs non vides et distincts de w ; Factk(w) ceux de longueur k ; Fact≥2(w) ceux de longueur au moins 2. La fonction de complexité factorielle est pw(k) = |Factk(w)|. Prefk(w) et Suffk(w) désignent le préfixe et le suffixe de longueur k. La multiplicité (nombre d’occurrences) d’un facteur u dans w est mw(u) = Σi=1n−|u|+1 χ{u}(w[i..i+|u|−1]) et le nombre d’occurrences d’une lettre a est |w|a = Σi=1n χ{a}(ai). Nous détaillons premièrement 1) l’expression mathématique de la multiplicité (nombre d’occurrences) d’un facteur u dans w, puis deuxièmement 2) l’expression mathématique du nombre d’occurrences d’une lettre a dans un mot respectivement comme suit ci dessous :

1) L’expression mathématique du nombre d’occurrences d’un facteur : mw(u)

1. Les objets

Un mot w est une suite finie de lettres w[1] w[2] ⋯ w[n] ; son nombre de lettres est sa longueur, n = |w|. Pour 1 ≤ i ≤ j ≤ n, le facteur w[i..j] est le bloc de lettres consécutives qui commence à la position i et finit à la position j :

w[i..j] = w[i] w[i+1] ⋯ w[j], de longueur j − i + 1.

Le facteur de longueur |u| qui commence en i est donc w[i..i+|u|−1]. Il doit tenir dans w : sa dernière position vérifie i + |u| − 1 ≤ n, c’est-à-dire i ≤ n − |u| + 1. Les positions de départ possibles sont i = 1, 2, …, n − |u| + 1.

2. La formule

Le nombre d’occurrences du facteur u dans le mot w est

mw(u) = Σi=1n−|u|+1 χ{u}( w[i..i+|u|−1] ), où χ{u} est l’indicatrice du singleton {u} :

χ{u}(x) = 1 si x = u, χ{u}(x) = 0 sinon.

3. Le calcul de χ{u} : égalité lettre à lettre

Dire « x = u » pour deux mots de même longueur k = |u|, c’est dire que leurs lettres sont égales une à une : x[1] = u[1] et x[2] = u[2] et … et x[k] = u[k]. On introduit l’indicatrice d’égalité de deux lettres :

e(a, b) = 1 si a = b, e(a, b) = 0 sinon. Le « et » de plusieurs conditions s’écrit comme un produit d’indicatrices : le produit vaut 1 seulement si tous les facteurs valent 1, et il vaut 0 dès qu’une seule lettre diffère. D’où

χ{u}(x) = ∏r=1k e( x[r], u[r] ), et, en remplaçant x par le facteur w[i..i+k−1], dont la r-ième lettre est w[i+r−1] :

mw(u) = Σi=1n−k+1 ∏r=1k e( w[i+r−1], u[r] )

La formule ne contient plus que des comparaisons de lettres, des produits et une somme : chaque valeur 0 ou 1 du calcul est justifiée par une comparaison écrite. C’est ce que détaillent les tableaux suivants, une colonne par lettre de u.

Pour MISSISSIPPI et u = SSI : les neuf fenêtres de longueur 3, chaque lettre comparée à la lettre de u au même rang (1 si égale, 0 sinon), le produit des trois comparaisons, puis la somme des produits.

Exemple 1 : un facteur qui se recouvre lui-même

Soit w = ABABA et u = ABA. Les lettres sont numérotées à partir de 1 :

w = w[1] = A w[2] = B w[3] = A w[4] = B w[5] = A

u = u[1] = A u[2] = B u[3] = A

Longueurs et nombre de positions de départ :

n = |w| = 5, |u| = 3, n − |u| + 1 = 5 − 3 + 1 = 3.

Il y a donc 3 facteurs de longueur 3 à examiner, un pour chaque position i de 1 à 3. Pour chacun, on compare ses 3 lettres à celles de u, une par une, puis on multiplie :

χ{ABA}(w[i..i+2]) = e(w[i], u[1]) · e(w[i+1], u[2]) · e(w[i+2], u[3]).

ifacteur w[i..i+2]e(w[i], u[1])e(w[i+1], u[2])e(w[i+2], u[3])χ{ABA}(w[i..i+2]) = produitSi = Si−1 + χ
1ABAe(A, A) = 1e(B, B) = 1e(A, A) = 11 × 1 × 1 = 11
2BABe(B, A) = 0e(A, B) = 0e(B, A) = 00 × 0 × 0 = 01
3ABAe(A, A) = 1e(B, B) = 1e(A, A) = 11 × 1 × 1 = 12

La dernière colonne est la somme partielle : on ajoute à chaque ligne la valeur de l’indicatrice. La valeur de la dernière ligne est le résultat :

mw(ABA) = 1 + 0 + 1 = 2.

Les deux occurrences, en i = 1 et en i = 3, partagent la lettre w[3] = A : l’une finit là où l’autre commence. La formule les compte toutes les deux, car elle examine chaque position de départ indépendamment des autres.

Exemple 2 : occurrences chevauchantes

Soit w = AAAAA et u = AA. Les lettres sont numérotées à partir de 1 :

w = w[1] = A w[2] = A w[3] = A w[4] = A w[5] = A

u = u[1] = A u[2] = A

Longueurs et nombre de positions de départ :

n = |w| = 5, |u| = 2, n − |u| + 1 = 5 − 2 + 1 = 4.

Il y a donc 4 facteurs de longueur 2 à examiner, un pour chaque position i de 1 à 4. Pour chacun, on compare ses 2 lettres à celles de u, une par une, puis on multiplie :

χ{AA}(w[i..i+1]) = e(w[i], u[1]) · e(w[i+1], u[2]).

ifacteur w[i..i+1]e(w[i], u[1])e(w[i+1], u[2])χ{AA}(w[i..i+1]) = produitSi = Si−1 + χ
1AAe(A, A) = 1e(A, A) = 11 × 1 = 11
2AAe(A, A) = 1e(A, A) = 11 × 1 = 12
3AAe(A, A) = 1e(A, A) = 11 × 1 = 13
4AAe(A, A) = 1e(A, A) = 11 × 1 = 14

La dernière colonne est la somme partielle : on ajoute à chaque ligne la valeur de l’indicatrice. La valeur de la dernière ligne est le résultat :

mw(AA) = 1 + 1 + 1 + 1 = 4.

Les quatre occurrences se chevauchent : celle qui commence en i partage une lettre avec celle qui commence en i + 1 :

AAAAA, AAAAA, AAAAA, AAAAA.

Si l’on exigeait des occurrences disjointes, on n’en trouverait que 2 (AA·AA·A) ; mw(u) compte les occurrences chevauchantes.

ABABA avec u = ABA et AAAAA avec u = AA : chaque occurrence repérée par une accolade sous sa position de départ ; les accolades se recouvrent.

Exemple 3 : un mot plus long

Soit w = MISSISSIPPI et u = SSI. Les lettres sont numérotées à partir de 1 :

w = M I S S I S S I P P I (n = 11)

u = u[1] = S u[2] = S u[3] = I

Longueurs et nombre de positions de départ :

n = |w| = 11, |u| = 3, n − |u| + 1 = 11 − 3 + 1 = 9.

Il y a donc 9 facteurs de longueur 3 à examiner, un pour chaque position i de 1 à 9. Pour chacun, on compare ses 3 lettres à celles de u, une par une, puis on multiplie :

χ{SSI}(w[i..i+2]) = e(w[i], u[1]) · e(w[i+1], u[2]) · e(w[i+2], u[3]).

ifacteur w[i..i+2]e(w[i], u[1])e(w[i+1], u[2])e(w[i+2], u[3])χ{SSI}(w[i..i+2]) = produitSi = Si−1 + χ
1MISe(M, S) = 0e(I, S) = 0e(S, I) = 00 × 0 × 0 = 00
2ISSe(I, S) = 0e(S, S) = 1e(S, I) = 00 × 1 × 0 = 00
3SSIe(S, S) = 1e(S, S) = 1e(I, I) = 11 × 1 × 1 = 11
4SISe(S, S) = 1e(I, S) = 0e(S, I) = 01 × 0 × 0 = 01
5ISSe(I, S) = 0e(S, S) = 1e(S, I) = 00 × 1 × 0 = 01
6SSIe(S, S) = 1e(S, S) = 1e(I, I) = 11 × 1 × 1 = 12
7SIPe(S, S) = 1e(I, S) = 0e(P, I) = 01 × 0 × 0 = 02
8IPPe(I, S) = 0e(P, S) = 0e(P, I) = 00 × 0 × 0 = 02
9PPIe(P, S) = 0e(P, S) = 0e(I, I) = 10 × 0 × 1 = 02

La dernière colonne est la somme partielle : on ajoute à chaque ligne la valeur de l’indicatrice. La valeur de la dernière ligne est le résultat :

mw(SSI) = 0 + 0 + 1 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 + 0 = 2.

Les deux occurrences commencent en i = 3 (MISSISSIPPI) et en i = 6 (MISSISSIPPI). Aux autres positions, au moins une des trois comparaisons vaut 0, et le produit s’annule.

4. Interprétation et contrôle

La somme d’indicatrices compte les positions où la condition est vraie :

mw(u) = #{ i ∈ {1, …, n − |u| + 1} : w[i..i+|u|−1] = u }.

C’est le principe général : le nombre d’éléments d’un ensemble fini est la somme, sur un ensemble qui le contient, de son indicatrice. Ici l’ensemble qui contient tout est celui des positions de départ, et la condition est l’égalité lettre à lettre.

Un contrôle découle de la formule. À chaque position i correspond exactement un facteur de longueur k ; si l’on additionne mw(u) sur tous les mots u de longueur k qui apparaissent dans w, chaque position est comptée une fois et une seule :

Σ|u| = k mw(u) = n − k + 1.

Pour MISSISSIPPI et k = 3, les facteurs sont MIS, ISS (2 fois), SSI (2 fois), SIS, SIP, IPP, PPI :

1 + 2 + 2 + 1 + 1 + 1 + 1 = 9 = 11 − 3 + 1.

Tableau récapitulatif
N°wun|u|positions n − |u| + 1positions des occurrencesmw(u)
1ABABAABA5331, 32
2AAAAAAA5241, 2, 3, 44
3MISSISSIPPISSI11393, 62

1) L’expression mathématique du nombre d’occurrences d’une lettre : |w|a

1. Les objets

Un mot w est une suite finie de lettres prises dans un alphabet Σ. On note w[i] la lettre de w placée en position i, de sorte que

w = w[1] w[2] ⋯ w[n], n = |w|.

La notation w[i] évite une confusion : a désigne la lettre que l’on compte, w[i] la lettre lue à la position i.

2. La formule

|w|a = Σi=1n χ{a}( w[i] ),

où χ{a} est l’indicatrice du singleton {a} :

χ{a}(x) = 1 si x = a, χ{a}(x) = 0 sinon.

3. Ce que fait chaque terme

Le terme de rang i est le résultat d’une comparaison entre deux lettres : on lit w[i], on le compare à a, et l’on écrit 1 si les deux lettres sont identiques, 0 sinon. C’est l’indicatrice d’égalité :

χ{a}(w[i]) = e(w[i], a), e(x, y) = 1 si x = y, 0 sinon.

La somme se construit position par position. On pose S0 = 0, puis

Si = Si−1 + χ{a}(w[i]), i = 1, 2, …, n,

et le résultat est la dernière somme partielle :

|w|a = Sn

À chaque position, S augmente de 1 si la lettre lue est a, et ne change pas sinon. Les tableaux ci-dessous écrivent, pour chaque position, la comparaison qui produit la valeur 0 ou 1 : aucune valeur n’est posée sans sa justification.

MISSISSIPPI : chaque lettre comparée à S (vert si égale, rouge sinon), la valeur de l’indicatrice sous chaque lettre et la somme partielle Si qui monte d’une marche à chaque S.

Exemple 1 : la lettre A dans BANANA

Soit w = BANANA, de longueur n = 6, et la lettre a = A. Les lettres de w, numérotées à partir de 1, sont :

(B, A, N, A, N, A).

On compare chaque lettre w[i] à A ; la comparaison donne la valeur de l’indicatrice, et la dernière colonne additionne ces valeurs au fur et à mesure :

iw[i]comparaison w[i] = A ?χ{A}(w[i])Si = Si−1 + χ{A}(w[i])
1BB = A ? nonχ{A}(B) = 00
2AA = A ? ouiχ{A}(A) = 11
3NN = A ? nonχ{A}(N) = 01
4AA = A ? ouiχ{A}(A) = 12
5NN = A ? nonχ{A}(N) = 02
6AA = A ? ouiχ{A}(A) = 13

La somme des valeurs de l’indicatrice est :

|w|A = 0 + 1 + 0 + 1 + 0 + 1 = 3.

Les positions comptées sont i = 2, 4, 6 : la lettre A apparaît 3 fois.

Exemple 2 : la lettre S dans MISSISSIPPI

Soit w = MISSISSIPPI, de longueur n = 11, et la lettre a = S. Les lettres de w, numérotées à partir de 1, sont :

(M, I, S, S, I, S, S, I, P, P, I).

On compare chaque lettre w[i] à S ; la comparaison donne la valeur de l’indicatrice, et la dernière colonne additionne ces valeurs au fur et à mesure :

iw[i]comparaison w[i] = S ?χ{S}(w[i])Si = Si−1 + χ{S}(w[i])
1MM = S ? nonχ{S}(M) = 00
2II = S ? nonχ{S}(I) = 00
3SS = S ? ouiχ{S}(S) = 11
4SS = S ? ouiχ{S}(S) = 12
5II = S ? nonχ{S}(I) = 02
6SS = S ? ouiχ{S}(S) = 13
7SS = S ? ouiχ{S}(S) = 14
8II = S ? nonχ{S}(I) = 04
9PP = S ? nonχ{S}(P) = 04
10PP = S ? nonχ{S}(P) = 04
11II = S ? nonχ{S}(I) = 04

La somme des valeurs de l’indicatrice est :

|w|S = 0 + 0 + 1 + 1 + 0 + 1 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 = 4.

Les positions comptées sont i = 3, 4, 6, 7 : la lettre S apparaît 4 fois.

Exemple 3 : la lettre A dans ABRACADABRA

Soit w = ABRACADABRA, de longueur n = 11, et la lettre a = A. Les lettres de w, numérotées à partir de 1, sont :

(A, B, R, A, C, A, D, A, B, R, A).

On compare chaque lettre w[i] à A ; la comparaison donne la valeur de l’indicatrice, et la dernière colonne additionne ces valeurs au fur et à mesure :

iw[i]comparaison w[i] = A ?χ{A}(w[i])Si = Si−1 + χ{A}(w[i])
1AA = A ? ouiχ{A}(A) = 11
2BB = A ? nonχ{A}(B) = 01
3RR = A ? nonχ{A}(R) = 01
4AA = A ? ouiχ{A}(A) = 12
5CC = A ? nonχ{A}(C) = 02
6AA = A ? ouiχ{A}(A) = 13
7DD = A ? nonχ{A}(D) = 03
8AA = A ? ouiχ{A}(A) = 14
9BB = A ? nonχ{A}(B) = 04
10RR = A ? nonχ{A}(R) = 04
11AA = A ? ouiχ{A}(A) = 15

La somme des valeurs de l’indicatrice est :

|w|A = 1 + 0 + 0 + 1 + 0 + 1 + 0 + 1 + 0 + 0 + 1 = 5.

Les positions comptées sont i = 1, 4, 6, 8, 11 : la lettre A apparaît 5 fois.

Exemple 4 : exemple entièrement développé

Soit w = AABBAAA, de longueur n = 7, et la lettre a = A. Les lettres de w, numérotées à partir de 1, sont :

(A, A, B, B, A, A, A).

On compare chaque lettre w[i] à A ; la comparaison donne la valeur de l’indicatrice, et la dernière colonne additionne ces valeurs au fur et à mesure :

iw[i]comparaison w[i] = A ?χ{A}(w[i])Si = Si−1 + χ{A}(w[i])
1AA = A ? ouiχ{A}(A) = 11
2AA = A ? ouiχ{A}(A) = 12
3BB = A ? nonχ{A}(B) = 02
4BB = A ? nonχ{A}(B) = 02
5AA = A ? ouiχ{A}(A) = 13
6AA = A ? ouiχ{A}(A) = 14
7AA = A ? ouiχ{A}(A) = 15

La somme des valeurs de l’indicatrice est :

|w|A = 1 + 1 + 0 + 0 + 1 + 1 + 1 = 5.

Les positions comptées sont i = 1, 2, 5, 6, 7 : la lettre A apparaît 5 fois.

Pour ce dernier mot, la somme écrite terme à terme est

|w|A = χ{A}(A) + χ{A}(A) + χ{A}(B) + χ{A}(B) + χ{A}(A) + χ{A}(A) + χ{A}(A)
= 1 + 1 + 0 + 0 + 1 + 1 + 1 = 5,

chaque 0 provenant d’un B (B ≠ A) et chaque 1 d’un A (A = A).

4. Interprétation et contrôle

La somme d’indicatrices compte les positions où la lettre est a :

|w|a = #{ i ∈ {1, …, n} : w[i] = a }.

C’est le cas particulier, pour un facteur de longueur 1, du nombre d’occurrences d’un facteur : |w|a = mw(a).

Un contrôle découle de la formule. À chaque position, la lettre lue est égale à une lettre de l’alphabet et à une seule ; en additionnant |w|a sur toutes les lettres a de Σ, chaque position est comptée exactement une fois :

Σa ∈ Σ |w|a = n

La liste des nombres |w|a, lettre par lettre, s’appelle le vecteur de Parikh du mot. Il retient combien de fois chaque lettre apparaît, et oublie l’ordre :

N°wnvecteur de Parikhsomme
1BANANA6|w|A = 3, |w|B = 1, |w|N = 23 + 1 + 2 = 6
2MISSISSIPPI11|w|I = 4, |w|M = 1, |w|P = 2, |w|S = 44 + 1 + 2 + 4 = 11
3ABRACADABRA11|w|A = 5, |w|B = 2, |w|C = 1, |w|D = 1, |w|R = 25 + 2 + 1 + 1 + 2 = 11
4AABBAAA7|w|A = 5, |w|B = 25 + 2 = 7

Les vecteurs de Parikh des quatre mots : une barre par lettre, de hauteur |w|a ; la somme des barres est la longueur n du mot.

Tableau récapitulatif
N°wanpositions de a|w|a
1BANANAA62, 4, 63
2MISSISSIPPIS113, 4, 6, 74
3ABRACADABRAA111, 4, 6, 8, 115
4AABBAAAA71, 2, 5, 6, 75

00.3 Fonction caractéristique

Toute condition est convertie en nombre par une fonction caractéristique : pour un ensemble F ⊆ E, χF(x) = 1 si x ∈ F et χF(x) = 0 sinon. Pour une proposition P, on note χP = 1 si P est vraie et 0 sinon. Chaque mécanisme reçoit, en plus de sa définition, une expression par fonction caractéristique : c’est elle qui le rend calculable numériquement, comme somme finie de 0 et de 1.

00.4 Statut modal (nécessaire, possible, contingent)

Chaque équivalence entre un terme rhétorique et un mécanisme de la combinatoire des mots reçoit l’un des trois statuts suivants :

  • nécessaire : le mécanisme est défini par la seule structure du mot (préfixes, suffixes, facteurs, répétitions), sans aucune donnée extérieure ;
  • possible : le mécanisme exige en plus une donnée combinatoire auxiliaire fixée à l’avance (un lexique X, une segmentation, un morphisme μ, une grammaire), mais reste ensuite entièrement formel ;
  • contingent : le mécanisme dépend d’une fonction sémantique, pragmatique ou phonétique extérieure au mot (intensité, attribut, sens), que la combinatoire ne fait que recevoir.

Toutes les quantités définies ci-dessous portent sur des ensembles finis explicites ; elles sont donc toutes calculables en un nombre fini d’opérations.

Liste des définitions de mécanismes en combinatoire des mots utilisées dans le glossaire à la lettre A

Voici les mécanismes proposés pour chaque terme rhétorique, tels que formulés dans les traitements successifs :

  • Accumulatio : Mot à accumulation de facteurs (somme ou conjonction de facteurs répétés).
  • Actio : Mot à facteur d’action (facteur marqué par une fonction d’exécution ou de performance).
  • Ad hominem : Mot à facteur ad personam (facteur orienté vers un attribut personnel plutôt que vers le contenu).
  • Adianoeta : Mot à facteur à double sens (facteur porteur de deux interprétations, une évidente et une subtile).
  • Alliteration : Mot à facteur d’attaque identique (facteurs partageant le même préfixe initial).
  • Amphiboly : Mot à facteur structurellement ambigu (facteur dont la structure syntaxique admet plusieurs analyses).
  • Amplification : Mot à facteur étendu (facteur prolongé par ajout de dépendants ou de répétitions).
  • Anacoenosis : Mot à facteur interrogatif adressé (facteur formulé comme une question dirigée vers un destinataire).
  • Anadiplosis : Mot à facteur de liaison (facteur final d’un segment servant de facteur initial du segment suivant).
  • Analogy : Mot à facteur parallèle (facteur présentant une structure formelle comparable à un autre).
  • Anaphora : Mot à facteur initial répété (séquence de facteurs partageant le même préfixe).
  • Anastrophe : Mot à facteur inversé (facteur dont l’ordre des lettres ou des constituants est renversé).
  • Anecdote : Mot à facteur narratif bref (facteur formant une unité narrative autonome de faible longueur).
  • Antanaclasis : Mot à facteur polysémique répété (même facteur utilisé avec des sens distincts).
  • Anticlimax : Mot à facteur descendant (séquence de facteurs d’intensité décroissante).
  • Antimetabole : Mot à facteur chiasmatique (paire de facteurs dont l’ordre est renversé).
  • Antinomy : Mot à facteurs contradictoires (paire de facteurs conduisant à des conclusions opposées).
  • Antiptosis : Mot à facteur de substitution casuelle (facteur dont le cas grammatical est substitué).
  • Antistrophe : Mot à facteur final répété (séquence de facteurs partageant le même suffixe).
  • Antithesis : Mot à facteurs contrastés (paire de facteurs en opposition formelle ou sémantique).
  • Antonomasia : Mot à facteur épithétique (facteur substituant une description à un nom propre).
  • Apophasis : Mot à facteur de dénégation affirmative (facteur niant explicitement ce qu’il affirme implicitement).
  • Aporia : Mot à facteur de doute (facteur marqué par une fonction d’incertitude).
  • Aposiopesis : Mot à facteur tronqué (facteur interrompu avant sa complétion attendue).
  • Apostrophe : Mot à facteur d’adresse exclamative (facteur orienté vers un destinataire imaginaire).
  • Arete : Mot à facteur d’excellence (facteur marqué par une fonction de valeur positive).
  • Argument : Mot à facteur de raison (facteur servant de prémisse à une conclusion).
  • Argumentum ad baculum : Mot à facteur de force (facteur invoquant une contrainte ou une menace).
  • Ars dictaminis : Mot à structure épistolaire (factorisation en parties canoniques d’une lettre).
  • Assonance : Mot à facteur vocalique répété (facteurs partageant le même noyau vocalique).
  • Asyndeton : Mot à facteur sans conjonction (séquence de facteurs non reliés par un connecteur).
  • Audience : Mot à facteur destinataire (facteur marqué par une fonction d’adresse).
  • Aureation : Mot à facteur polysyllabique (facteur dont la longueur syllabique dépasse un seuil).
  • Auxesis : Mot à facteur d’intensité croissante (séquence de facteurs d’intensité strictement croissante).
  • Axioms : Mot à facteur primitif (facteur non décomposable en puissance propre).

Classement de la solidité de la correspondance

Rang 1 – Correspondances structurellement solides (ancrage formel fort dans la combinatoire des mots)

  • Alliteration : préfixe commun → notion classique de préfixe / bord.
  • Anaphora : répétition de préfixe → factorisation avec préfixe partagé.
  • Antistrophe : répétition de suffixe → factorisation avec suffixe partagé.
  • Anadiplosis : liaison par facteur terminal/initial → chevauchement de facteurs.
  • Antimetabole : inversion d’ordre → conjugaison / renversement.
  • Asyndeton : absence de connecteur → factorisation sans élément de liaison.
  • Axioms : facteur primitif → notion standard de mot primitif.
  • Ars dictaminis : structure canonique en parties → factorisation en blocs ordonnés.

Rang 2 – Correspondances raisonnablement fondées (lien formel plausible, mais partiellement sémantique)

  • Assonance : noyau vocalique partagé → abstraction sur l’alphabet des voyelles.
  • Amphiboly : ambiguïté structurelle → non-unicité de la factorisation.
  • Anastrophe : inversion → renversement ou conjugaison.
  • Antithesis : opposition → paire de facteurs en relation d’opposition.
  • Auxesis : ordre croissant → séquence ordonnée de facteurs.
  • Anticlimax : ordre décroissant → séquence ordonnée inverse.
  • Aureation : longueur syllabique → fonction de longueur sur les facteurs.
  • Amplification : extension → ajout de facteurs dépendants.

Rang 3 – Correspondances partiellement formelles (lien possible, mais fortement dépendant d’une fonction externe)

  • Adianoeta : double interprétation → facteur avec deux lectures.
  • Antanaclasis : répétition polysémique → même facteur, lectures multiples.
  • Audience : orientation destinataire → fonction d’adresse sur les facteurs.
  • Apostrophe : adresse exclamative → fonction d’adresse.
  • Anacoenosis : question adressée → facteur interrogatif.
  • Argument : prémisse → facteur servant de base à une dérivation.
  • Analogy : parallélisme → morphisme ou isomorphisme de facteurs.

Rang 4 – Correspondances superficielles ou métaphoriques (lien essentiellement analogique ou sémantique)

  • Accumulatio : accumulation → somme de facteurs.
  • Actio : action → fonction d’exécution.
  • Ad hominem : attaque personnelle → fonction d’orientation.
  • Anecdote : récit bref → facteur narratif.
  • Antiptosis : substitution de cas → fonction grammaticale.
  • Antonomasia : épithète → fonction de substitution.
  • Apophasis : dénégation → fonction de négation.
  • Aporia : doute → fonction d’incertitude.
  • Aposiopesis : interruption → facteur tronqué.
  • Arete : excellence → fonction de valeur.
  • Argumentum ad baculum : force → fonction de contrainte.
  • Antinomy : contradiction → facteurs contradictoires.

Critères de classement utilisés

  1. Degré d’ancrage dans des notions standard de la combinatoire des mots (préfixe, suffixe, facteur, primitivité, conjugaison, bord, etc.).
  2. Possibilité de définir le mécanisme par une propriété purement formelle (sans fonction sémantique externe).
  3. Computabilité directe à partir de la structure du mot.
  4. Distance par rapport à une simple métaphore rhétorique.

Les rangs 1 et 2 reposent sur des propriétés combinatoires classiques ; les rangs 3 et 4 nécessitent une fonction externe (sémantique, pragmatique ou grammaticale) pour être opérationnels.

Ci-dessus est l’illustration standard de la notation standard de la fonction caractéristique ou indicatrice d’appartenance notée généralement χF(x), et définie sur un ensemble E qui explicite l’appartenance ou non à un sous-ensemble F de l’ensemble E de tout élément x de l’ensemble E.

III) L’isomorphisme original entre les figures de rhétorique classiques et les opérateurs de la combinatoire des mots profunda mente*

(*« De l’esprit profond » désigne une haute activité intellectuelle)

1. Accumulatio – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

Accumulatio (aussi appelée accumulation, frequentatio ou congeries) est une figure qui consiste à rassembler et à répéter de manière compacte et emphatique des points, des arguments ou des termes déjà énoncés précédemment, généralement dans un ordre croissant ou culminant, afin de renforcer, résumer ou intensifier le propos. Elle entasse des éléments dispersés pour en faire un faisceau persuasif.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Accumulation factorielle ou somme pondérée de facteurs (Accumulatio-operator).

Justification du lien

Accumulatio rassemble des points dispersés en un seul faisceau emphatique. En combinatoire des mots, cela correspond à l’agrégation de tous les facteurs d’un mot (qui sont eux-mêmes des « points » ou sous-énoncés) en une somme unique. L’effet de climax est rendu par une fonction de poids croissante avec la longueur ou la complexité du facteur. L’opérateur transforme une suite linéaire en une accumulation quantitative, exactement comme la figure transforme une série d’arguments en une masse persuasive.

Définition mathématique

Soit w un mot fini sur un alphabet fini Σ. Soit Fact(w) l’ensemble des facteurs (sous-mots contigus) de w. On associe à chaque facteur u une fonction de poids φ(u) (par exemple sa longueur, le nombre d’occurrences d’une lettre, ou une fonction de complexité). L’opérateur d’accumulation A appliqué à w est la somme (ou le tas) des poids de tous ses facteurs distincts, éventuellement pondérée par leur position ou leur multiplicité :

A(w) = Σu ∈ Fact(w) φ(u) · m(u) où m(u) est la multiplicité de u dans w (nombre d’occurrences), et φ est une fonction croissante (pour refléter l’effet de climax).

Expression formelle computable

Pour un mot w = a1a2 … an, l’ensemble des facteurs de longueur k est {ai … ai+k−1 | 1 ≤ i ≤ n − k + 1}. Ak(w) = Σi=1n−k+1 φ(ai … ai+k−1) et l’accumulation totale : A(w) = Σk=1n Ak(w). Cette somme est entièrement calculable numériquement : pour un mot donné, on énumère tous les facteurs et on additionne leurs poids.

1) Application de l’expression mathématique de l’accumulatio à trois exemples de mesure de l’empilement des facteurs
1. Les objets

Le texte est codé par un mot w = w[1] w[2] ⋯ w[n] : chaque lettre est un élément de l’énumération (une qualité, un terme). Un facteur de longueur k qui commence en position i est le bloc w[i..i+k−1] = w[i] ⋯ w[i+k−1] ; il doit tenir dans le mot, donc 1 ≤ i ≤ n − k + 1. Pour chaque k, il y a n − k + 1 tels facteurs, que l’on appelle fenêtres.

2. La fonction de poids et son écriture en indicatrices

On choisit la fonction de poids la plus simple : chaque facteur pèse sa longueur, φ(u) = |u|.

Les facteurs longs pèsent plus : c’est l’effet de l’accumulatio, qui grandit à mesure que la suite s’allonge. La longueur d’une fenêtre se calcule elle-même comme une somme d’indicatrices : la fenêtre (i, k) couvre les positions p de l’intervalle [i, i+k−1], et |w[i..i+k−1]| = Σp=1n χ[i, i+k−1](p), χ[i, i+k−1](p) = 1 si i ≤ p ≤ i + k − 1, 0 sinon. Chaque 1 de cette somme est une position comptée, chaque 0 une position hors de la fenêtre.

3. Les deux écritures de la mesure

Par longueurs :

Ak(w) = Σi=1n−k+1 |w[i..i+k−1]| = Σi=1n−k+1 Σp=1n χ[i, i+k−1](p), A(w) = Σk=1n Ak(w).

Par facteurs distincts, avec leurs multiplicités :

A(w) = Σu ∈ Fact(w) φ(u) · m(u), m(u) = Σi=1n−|u|+1 χ{u}(w[i..i+|u|−1]) = Σi ∏r=1|u| e(w[i+r−1], u[r]),

où e(x, y) = 1 si x = y et 0 sinon. Les exemples 1 et 2 utilisent la première écriture, l’exemple 3 la seconde ; la section 5 montre pourquoi elles donnent le même nombre.

Pour ABCD : les dix fenêtres (i, k), chacune dessinée sur les positions qu’elle couvre ; la longueur de chaque fenêtre est le nombre de cases couvertes, et la somme par colonne c(p) redonne A(w) = 20.

Exemple 1 : accumulation faible

Soit w = ABC, de longueur n = 3. Pour chaque longueur k = 1, …, 3, il y a n − k + 1 positions de départ i, donc 3, 2, 1 facteurs : 6 fenêtres en tout.

Dans le tableau, chaque ligne est une fenêtre (i, k). Les colonnes p = 1 … 3 donnent la valeur de l’indicatrice χ[i, i+k−1](p) : 1 si la position p est couverte par la fenêtre, 0 sinon. La dernière colonne additionne ces valeurs : c’est la longueur du facteur, donc son poids φ.

kifacteur w[i..i+k−1]p = 1p = 2p = 3|w[i..i+k−1]| = Σp χ[i, i+k−1](p)
11A1001 + 0 + 0 = 1
12B0100 + 1 + 0 = 1
13C0010 + 0 + 1 = 1
21AB1101 + 1 + 0 = 2
22BC0110 + 1 + 1 = 2
31ABC1111 + 1 + 1 = 3

En regroupant les lignes par longueur k :

A1(w) = 1 + 1 + 1 = 3 × 1 = 3.

A2(w) = 2 + 2 = 2 × 2 = 4.

A3(w) = 3 = 1 × 3 = 3.

et l’accumulation totale vaut

A(w) = A1 + A2 + A3 = 3 + 4 + 3 = 10.

Contrôle par colonnes : en additionnant le tableau colonne par colonne, on obtient le nombre de fenêtres qui couvrent chaque position p, c(p) = Σk, i χ[i, i+k−1](p) :

(c(1) = 3, c(2) = 4, c(3) = 3), 3 + 4 + 3 = 10 = A(w).

Exemple 2 : accumulation plus importante

Soit w = ABCD, de longueur n = 4. Pour chaque longueur k = 1, …, 4, il y a n − k + 1 positions de départ i, donc 4, 3, 2, 1 facteurs : 10 fenêtres en tout.

Dans le tableau, chaque ligne est une fenêtre (i, k). Les colonnes p = 1 … 4 donnent la valeur de l’indicatrice χ[i, i+k−1](p) : 1 si la position p est couverte par la fenêtre, 0 sinon. La dernière colonne additionne ces valeurs : c’est la longueur du facteur, donc son poids φ.

kifacteur w[i..i+k−1]p = 1p = 2p = 3p = 4|w[i..i+k−1]| = Σp χ[i, i+k−1](p)
11A10001 + 0 + 0 + 0 = 1
12B01000 + 1 + 0 + 0 = 1
13C00100 + 0 + 1 + 0 = 1
14D00010 + 0 + 0 + 1 = 1
21AB11001 + 1 + 0 + 0 = 2
22BC01100 + 1 + 1 + 0 = 2
23CD00110 + 0 + 1 + 1 = 2
31ABC11101 + 1 + 1 + 0 = 3
32BCD01110 + 1 + 1 + 1 = 3
41ABCD11111 + 1 + 1 + 1 = 4

En regroupant les lignes par longueur k :

A1(w) = 1 + 1 + 1 + 1 = 4 × 1 = 4.

A2(w) = 2 + 2 + 2 = 3 × 2 = 6.

A3(w) = 3 + 3 = 2 × 3 = 6.

A4(w) = 4 = 1 × 4 = 4.

et l’accumulation totale vaut

A(w) = A1 + A2 + A3 + A4 = 4 + 6 + 6 + 4 = 20.

Contrôle par colonnes : en additionnant le tableau colonne par colonne, on obtient le nombre de fenêtres qui couvrent chaque position p, c(p) = Σk, i χ[i, i+k−1](p) :

(c(1) = 4, c(2) = 6, c(3) = 6, c(4) = 4), 4 + 6 + 6 + 4 = 20 = A(w).

L’accumulation passe de 10 à 20 quand on ajoute un élément.

Exemple 3 : multiplicités explicites, w = AAAA

On utilise la seconde écriture. Les facteurs distincts de AAAA sont A, AA, AAA et AAAA. Pour chacun, la multiplicité m(u) est une somme sur les positions de départ ; à chaque position, l’indicatrice χ{u} est le produit des comparaisons des lettres de la fenêtre avec celles de u.

Facteur u = A (|u| = 1)
ifenêtrecomparaisons lettre à lettreχ{A}(fenêtre)
1Ae(w[1], u[1]) = e(A, A) = 11 = 1
2Ae(w[2], u[1]) = e(A, A) = 11 = 1
3Ae(w[3], u[1]) = e(A, A) = 11 = 1
4Ae(w[4], u[1]) = e(A, A) = 11 = 1

m(A) = 1 + 1 + 1 + 1 = 4, φ(A) · m(A) = 1 × 4 = 4.

Facteur u = AA (|u| = 2)
ifenêtrecomparaisons lettre à lettreχ{AA}(fenêtre)
1AAe(w[1], u[1]) = e(A, A) = 1 · e(w[2], u[2]) = e(A, A) = 11 × 1 = 1
2AAe(w[2], u[1]) = e(A, A) = 1 · e(w[3], u[2]) = e(A, A) = 11 × 1 = 1
3AAe(w[3], u[1]) = e(A, A) = 1 · e(w[4], u[2]) = e(A, A) = 11 × 1 = 1

m(AA) = 1 + 1 + 1 = 3, φ(AA) · m(AA) = 2 × 3 = 6.

Facteur u = AAA (|u| = 3)
ifenêtrecomparaisons lettre à lettreχ{AAA}(fenêtre)
1AAAe(w[1], u[1]) = e(A, A) = 1 · e(w[2], u[2]) = e(A, A) = 1 · e(w[3], u[3]) = e(A, A) = 11 × 1 × 1 = 1
2AAAe(w[2], u[1]) = e(A, A) = 1 · e(w[3], u[2]) = e(A, A) = 1 · e(w[4], u[3]) = e(A, A) = 11 × 1 × 1 = 1

m(AAA) = 1 + 1 = 2, φ(AAA) · m(AAA) = 3 × 2 = 6.

Facteur u = AAAA (|u| = 4)
ifenêtrecomparaisons lettre à lettreχ{AAAA}(fenêtre)
1AAAAe(w[1], u[1]) = e(A, A) = 1 · e(w[2], u[2]) = e(A, A) = 1 · e(w[3], u[3]) = e(A, A) = 1 · e(w[4], u[4]) = e(A, A) = 11 × 1 × 1 × 1 = 1

m(AAAA) = 1 = 1, φ(AAAA) · m(AAAA) = 4 × 1 = 4.

Accumulation totale :

A(AAAA) = 1 × 4 + 2 × 3 + 3 × 2 + 4 × 1 = 4 + 6 + 6 + 4 = 20.

4. Pourquoi les deux écritures donnent le même nombre

Chaque fenêtre (i, k) est égale à un et un seul facteur distinct u. Autrement dit, pour une fenêtre fixée, la somme des indicatrices sur tous les facteurs distincts de même longueur vaut exactement 1 :

Σu ∈ Fact(w), |u| = k χ{u}(w[i..i+k−1]) = 1.

Le tableau ci-dessous l’écrit pour AAAA puis pour ABCD : une ligne par fenêtre, une colonne par facteur distinct, et la valeur de l’indicatrice dans chaque case. Chaque ligne contient un seul 1 ; la somme d’une colonne est la multiplicité m(u).

fenêtre (i, k)fenêtreχ{A}χ{AA}χ{AAA}χ{AAAA}somme de la ligne
(1, 1)A10001
(2, 1)A10001
(3, 1)A10001
(4, 1)A10001
(1, 2)AA01001
(2, 2)AA01001
(3, 2)AA01001
(1, 3)AAA00101
(2, 3)AAA00101
(1, 4)AAAA00011
m(u) = somme de la colonne4321

Pour ABCD, les dix fenêtres sont toutes différentes : chaque facteur distinct a la multiplicité 1, et la seconde écriture donne

A(ABCD) = 1·(1+1+1+1) + 2·(1+1+1) + 3·(1+1) + 4·1 = 4 + 6 + 6 + 4 = 20.

En échangeant l’ordre des sommes (d’abord les facteurs distincts, puis leurs positions), la seconde écriture redevient la première :

Σu φ(u) · m(u) = Σu Σi φ(u) · χ{u}(w[i..i+|u|−1]) = Σk Σi |w[i..i+k−1]| · Σ|u| = k χ{u}(w[i..i+k−1]) = Σk Ak(w),

puisque la dernière somme d’indicatrices vaut 1.

Pour AAAA : la matrice des indicatrices χ{u}(fenêtre), une ligne par fenêtre et une colonne par facteur distinct ; un seul 1 par ligne, et la somme de chaque colonne est la multiplicité m(u).

5. Ce que mesure exactement φ(u) = |u|

Les exemples 2 et 3 donnent la même valeur, A(ABCD) = A(AAAA) = 20, alors que l’un énumère quatre éléments différents et l’autre répète le même. Ce n’est pas une coïncidence : avec φ(u) = |u|, la mesure ne regarde que les positions couvertes, jamais les lettres. Chaque position p est couverte par p(n − p + 1) fenêtres (p choix du début, n − p + 1 choix de la fin), donc A(w) = Σp=1n p (n − p + 1) = Σk=1n k (n − k + 1) = n (n + 1)(n + 2) / 6.

N°nAk(w) = k (n − k + 1), k = 1 … nA(w) = n(n + 1)(n + 2) / 6
1111
222, 24
333, 4, 310
444, 6, 6, 420
555, 8, 9, 8, 535
666, 10, 12, 12, 10, 656

Ces valeurs sont les nombres tétraédriques. La mesure compte donc l’empilement des éléments, et elle croît comme le cube de leur nombre ; pour qu’elle distingue aussi la variété des éléments (ABCD) de la répétition (AAAA), il faudrait un poids qui dépende des lettres, par exemple φ(u) = |u| · χ{1}(m(u)), qui ne garde que les facteurs non répétés.

6. Interprétation rhétorique

Considérons l’énumération « courageux, noble, généreux, héroïque », codée par w = (c, n, g, h) avec n = 4 : les facteurs de longueur 1 sont les qualités isolées, ceux de longueur 2 les couples de qualités voisines, ceux de longueur 3 les triplets, et le facteur de longueur 4 l’énumération entière. Comme pour ABCD :

A(c n g h) = A1 + A2 + A3 + A4 = 4 + 6 + 6 + 4 = 20.

Pour une énumération de deux termes, w = (c, n) :

A(c n) = A1 + A2 = (1 + 1) + 2 = 2 + 2 = 4.

La mesure passe de 4 à 20 quand l’énumération passe de deux à quatre éléments : doubler le nombre de termes multiplie l’accumulation par 5, conformément à la formule n(n + 1)(n + 2)/6.

A(w) en fonction du nombre n d’éléments : 1, 4, 10, 20, 35, 56 ; les exemples ABC (10), ABCD = AAAA = c n g h (20) et c n (4) sont marqués.

Tableau récapitulatif
N°wnA1, …, AnA(w)
1ABC33, 4, 310
2ABCD44, 6, 6, 420
3AAAA44, 6, 6, 420
4c n g h44, 6, 6, 420
5c n22, 24

2. Actio – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

Actio (aussi appelée pronuntiatio ; grec hypokrisis) est le cinquième et dernier canon de la rhétorique classique selon Cicéron. Elle désigne la manière dont le discours est effectivement prononcé et incarné : modulation de la voix (volume, hauteur, rythme, pauses), gestes, expressions faciales, posture et présence corporelle. Cicéron la considère comme la partie qui donne vie au discours et qui peut, à elle seule, déterminer son succès. Sans actio, même le meilleur discours reste sans effet.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Opérateur de réalisation (ou transduction de livraison) – Actio-operator.

Justification du lien

Actio transforme le texte abstrait (le mot w) en une performance incarnée. En combinatoire des mots, cela correspond à une transduction qui enrichit chaque lettre d’informations de « performance » (rythme, intensité). La variation des paramètres quantifie l’expressivité.

Définition mathématique

Soit w un mot fini sur un alphabet Σ. Une réalisation (actio) de w est une transduction (ou un morphisme non uniforme) qui associe à chaque lettre de w une « version livrée » (un mot ou une séquence annotée) qui encode des paramètres de performance (intensité, durée, modulation). Formellement, on définit un ensemble de réalisations R(w) comme l’image de w sous une famille de morphismes paramétrés μθ où θ est un vecteur de paramètres de livraison (volume, rythme, geste, etc.).

R(w) = {μθ(w) | θ ∈ Θ}

où Θ est un espace de paramètres discrets ou continus, et μθ est un morphisme de Σ∗ vers un alphabet enrichi Σactio∗.

Expression formelle computable

Pour un mot w = a1a2 … an, et un paramètre de rythme r = (r1, …, rn) (durées relatives) et d’intensité i = (i1, …, in) :

μr,i(w) = (a1, r1, i1)(a2, r2, i2) … (an, rn, in)

La mesure d’efficacité de l’actio peut être définie comme une fonction de variation :

Var(μr,i(w)) = Σj=1n−1 (|rj+1 − rj| + |ij+1 − ij|)

Une haute variation correspond à une livraison expressive ; une variation nulle correspond à une livraison plate.

1) Application de l’expression mathématique de l’Actio : QUATRE exemples de variation du rythme et de l’intensité
1. Le modèle

Le texte w = a1 a2 ⋯ an reste le même ; à chaque lettre aj on associe deux paramètres de performance : un rythme rj (durée, vitesse) et une intensité ij (volume, énergie). La réalisation est le mot de triplets

μr,i(w) = (a1, r1, i1)(a2, r2, i2) ⋯ (an, rn, in).

La variation expressive additionne les écarts entre lettres voisines :

Var(μr,i(w)) = Σj=1n−1 ( |rj+1 − rj| + |ij+1 − ij| ).

Une valeur élevée correspond à une livraison contrastée et théâtrale ; une valeur nulle à une livraison uniforme.

2. La valeur absolue écrite avec des indicatrices

La valeur absolue d’un écart x dépend de son signe : |x| = x si x > 0, |x| = −x si x < 0, |x| = 0 si x = 0. Les trois cas se résument par deux indicatrices de signe :

|x| = x · ( χ(0,+∞)(x) − χ(−∞,0)(x) ),

où χ(0,+∞)(x) = 1 si x > 0 et 0 sinon, et χ(−∞,0)(x) = 1 si x < 0 et 0 sinon. La différence χ(0,+∞)(x) − χ(−∞,0)(x) vaut +1, −1 ou 0 : c’est le signe de x. Trois contrôles :

x = 3 : 3 × (1 − 0) = 3 ; x = −4 : (−4) × (0 − 1) = 4 ; x = 0 : 0 × (0 − 0) = 0.

Chaque terme de Var est donc calculé en trois temps : l’écart, ses deux indicatrices de signe, puis le produit. Les tableaux écrivent ces trois temps pour chaque passage j ; la colonne Sj est la somme partielle.

Les profils de rythme rj et d’intensité ij pour les quatre exemples : plat (Var = 0), montée régulière (6), alternance (77) et descente régulière (6) ; chaque segment est étiqueté par sa valeur absolue.

Exemple 1 : déclamation presque monotone

Soit w = VIVE (n = 4 lettres), avec

r = (2, 2, 2, 2), i = (5, 5, 5, 5).

La réalisation est

μr,i(w) = (V, 2, 5) (I, 2, 5) (V, 2, 5) (E, 2, 5).

Il y a n − 1 = 3 passages d’une lettre à la suivante. Pour chacun, le tableau donne l’écart de rythme Δrj = rj+1 − rj, les deux indicatrices de signe, la valeur absolue qui en résulte, puis la même chose pour l’intensité :

jpassageΔrjχ(0,+∞)(Δrj)χ(−∞,0)(Δrj)|Δrj|Δijχ(0,+∞)(Δij)χ(−∞,0)(Δij)|Δij|terme jSj
1V → I2 − 2 = 0000 × (0 − 0) = 05 − 5 = 0000 × (0 − 0) = 00 + 0 = 00
2I → V2 − 2 = 0000 × (0 − 0) = 05 − 5 = 0000 × (0 − 0) = 00 + 0 = 00
3V → E2 − 2 = 0000 × (0 − 0) = 05 − 5 = 0000 × (0 − 0) = 00 + 0 = 00

La somme des termes donne la variation :

Var = 0 + 0 + 0 = 0.

Séparée en ses deux composantes :

Vr = Σj |Δrj| = 0, Vi = Σj |Δij| = 0, Var = Vr + Vi = 0 + 0 = 0.

Variation moyenne par passage :

Var / (n − 1) = 0 / 3 = 0.

Tous les écarts sont nuls : les deux indicatrices de signe valent 0 à chaque passage, et chaque valeur absolue vaut 0. Le débit et le volume restent constants ; l’actio est uniforme.

Exemple 2 : actio modérément expressive

Soit w = VIVE (n = 4 lettres), avec

r = (1, 2, 3, 4), i = (4, 5, 6, 7).

La réalisation est

μr,i(w) = (V, 1, 4) (I, 2, 5) (V, 3, 6) (E, 4, 7).

Il y a n − 1 = 3 passages d’une lettre à la suivante. Pour chacun, le tableau donne l’écart de rythme Δrj = rj+1 − rj, les deux indicatrices de signe, la valeur absolue qui en résulte, puis la même chose pour l’intensité :

jpassageΔrjχ(0,+∞)(Δrj)χ(−∞,0)(Δrj)|Δrj|Δijχ(0,+∞)(Δij)χ(−∞,0)(Δij)|Δij|terme jSj
1V → I2 − 1 = 1101 × (1 − 0) = 15 − 4 = 1101 × (1 − 0) = 11 + 1 = 22
2I → V3 − 2 = 1101 × (1 − 0) = 16 − 5 = 1101 × (1 − 0) = 11 + 1 = 24
3V → E4 − 3 = 1101 × (1 − 0) = 17 − 6 = 1101 × (1 − 0) = 11 + 1 = 26

La somme des termes donne la variation :

Var = 2 + 2 + 2 = 6.

Séparée en ses deux composantes :

Vr = Σj |Δrj| = 3, Vi = Σj |Δij| = 3, Var = Vr + Vi = 3 + 3 = 6.

Variation moyenne par passage :

Var / (n − 1) = 6 / 3 = 2.

Tous les écarts sont positifs : l’indicatrice χ(0,+∞) vaut 1 à chaque passage. Quand tous les écarts ont le même signe, la somme des valeurs absolues se télescope : Vr = r4 − r1 = 4 − 1 = 3 et Vi = i4 − i1 = 7 − 4 = 3.

Chaque syllabe devient un peu plus lente et plus forte : l’orateur construit une montée.

Exemple 3 : actio fortement contrastée

Soit w = VICTOIRE (n = 8 lettres), avec

r = (1, 5, 1, 5, 1, 5, 1, 5), i = (2, 9, 2, 9, 2, 9, 2, 9).

La réalisation est

μr,i(w) = (V, 1, 2) (I, 5, 9) (C, 1, 2) (T, 5, 9) (O, 1, 2) (I, 5, 9) (R, 1, 2) (E, 5, 9).

Il y a n − 1 = 7 passages d’une lettre à la suivante. Pour chacun, le tableau donne l’écart de rythme Δrj = rj+1 − rj, les deux indicatrices de signe, la valeur absolue qui en résulte, puis la même chose pour l’intensité :

jpassageΔrjχ(0,+∞)(Δrj)χ(−∞,0)(Δrj)|Δrj|Δijχ(0,+∞)(Δij)χ(−∞,0)(Δij)|Δij|terme jSj
1V → I5 − 1 = 4104 × (1 − 0) = 49 − 2 = 7107 × (1 − 0) = 74 + 7 = 1111
2I → C1 − 5 = −401−4 × (0 − 1) = 42 − 9 = −701−7 × (0 − 1) = 74 + 7 = 1122
3C → T5 − 1 = 4104 × (1 − 0) = 49 − 2 = 7107 × (1 − 0) = 74 + 7 = 1133
4T → O1 − 5 = −401−4 × (0 − 1) = 42 − 9 = −701−7 × (0 − 1) = 74 + 7 = 1144
5O → I5 − 1 = 4104 × (1 − 0) = 49 − 2 = 7107 × (1 − 0) = 74 + 7 = 1155
6I → R1 − 5 = −401−4 × (0 − 1) = 42 − 9 = −701−7 × (0 − 1) = 74 + 7 = 1166
7R → E5 − 1 = 4104 × (1 − 0) = 49 − 2 = 7107 × (1 − 0) = 74 + 7 = 1177

La somme des termes donne la variation :

Var = 11 + 11 + 11 + 11 + 11 + 11 + 11 = 77.

Séparée en ses deux composantes :

Vr = Σj |Δrj| = 28, Vi = Σj |Δij| = 49, Var = Vr + Vi = 28 + 49 = 77.

Variation moyenne par passage :

Var / (n − 1) = 77 / 7 = 11.

Les signes alternent : χ(0,+∞) vaut 1 aux passages impairs, χ(−∞,0) aux passages pairs, et chaque passage contribue |±4| + |±7| = 11. Le locuteur alterne entre faible et fort, rapide et lent.

Exemple 4 : descente régulière

Soit w = VIVE (n = 4 lettres), avec

r = (4, 3, 2, 1), i = (7, 6, 5, 4).

La réalisation est

μr,i(w) = (V, 4, 7) (I, 3, 6) (V, 2, 5) (E, 1, 4).

Il y a n − 1 = 3 passages d’une lettre à la suivante. Pour chacun, le tableau donne l’écart de rythme Δrj = rj+1 − rj, les deux indicatrices de signe, la valeur absolue qui en résulte, puis la même chose pour l’intensité :

jpassageΔrjχ(0,+∞)(Δrj)χ(−∞,0)(Δrj)|Δrj|Δijχ(0,+∞)(Δij)χ(−∞,0)(Δij)|Δij|terme jSj
1V → I3 − 4 = −101−1 × (0 − 1) = 16 − 7 = −101−1 × (0 − 1) = 11 + 1 = 22
2I → V2 − 3 = −101−1 × (0 − 1) = 15 − 6 = −101−1 × (0 − 1) = 11 + 1 = 24
3V → E1 − 2 = −101−1 × (0 − 1) = 14 − 5 = −101−1 × (0 − 1) = 11 + 1 = 26

La somme des termes donne la variation :

Var = 2 + 2 + 2 = 6.

Séparée en ses deux composantes :

Vr = Σj |Δrj| = 3, Vi = Σj |Δij| = 3, Var = Vr + Vi = 3 + 3 = 6.

Variation moyenne par passage :

Var / (n − 1) = 6 / 3 = 2.

Le profil est le miroir de l’exemple 2 : χ(−∞,0) vaut 1 à chaque passage, et Var est la même, 6. La mesure retient l’ampleur des changements, non leur sens. Le sens se lit dans la somme des écarts signés : Σ Δrj = 1 − 4 = −3 ici, contre +3 dans l’exemple 2.

3. Comparaison

Les valeurs brutes sont

Var1 = 0, Var2 = 6, Var3 = 77, Var4 = 6.

Comme VICTOIRE a 8 lettres et VIVE 4, la somme compte 7 passages dans un cas et 3 dans l’autre. La variation moyenne par passage, Var / (n − 1), compare à longueur égale :

0 / 3 = 0, 6 / 3 = 2, 77 / 7 = 11, 6 / 3 = 2.

Même rapportée au nombre de passages, la réalisation alternée reste plus de cinq fois plus contrastée que la montée régulière.

VICTOIRE : à chaque passage j, l’écart signé de rythme et d’intensité, les deux indicatrices de signe, et la contribution |Δr| + |Δi| = 11 empilée ; la courbe donne la somme partielle jusqu’à 77.

Tableau récapitulatif
N°wnriVrViVarVar / (n − 1)
1VIVE42, 2, 2, 25, 5, 5, 50000
2VIVE41, 2, 3, 44, 5, 6, 73362
3VICTOIRE81, 5, 1, 5, 1, 5, 1, 52, 9, 2, 9, 2, 9, 2, 928497711
4VIVE44, 3, 2, 17, 6, 5, 43362

Ainsi, dans ce modèle de l’actio, la figure est quantifiée par les variations successives du rythme et de l’intensité : plus les écarts |rj+1 − rj| et |ij+1 − ij| sont grands et nombreux, plus l’effet de performance est fort.

3. Ad hominem – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

Ad hominem (argumentum ad hominem, « argument dirigé contre la personne ») est une tactique rhétorique ou un sophisme qui consiste à réfuter un argument en attaquant le caractère, les motifs, les circonstances ou tout autre attribut de la personne qui le soutient, plutôt que d’examiner le contenu de l’argument lui-même.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Opérateur de substitution contextuelle de générateur (Ad-hominem morphism).

Justification du lien : L’ad hominem détourne l’argument en attaquant le locuteur plutôt que le propos. En combinatoire des mots, cela correspond à un morphisme qui substitue les lettres non pas selon leur rôle dans la suite, mais selon un attribut externe associé à leur générateur.

Définition mathématique

Soit w un mot sur un alphabet Σ. On associe à chaque lettre a ∈ Σ un « générateur » ga (un mot ou un symbole qui représente le « caractère » de la lettre). Un opérateur ad hominem est un morphisme non uniforme qui, au lieu de remplacer chaque lettre par son image standard, remplace la lettre par une image qui dépend d’un attribut extrinsèque associé au générateur.

Formellement : μad(a) = ψ(ga) où ψ est une fonction qui attaque ou modifie le générateur indépendamment du contexte syntaxique de a dans w. L’image du mot entier devient : μad(w) = μad(a1)μad(a2) … μad(an)

Expression formelle computable

Pour un mot w = a1a2 … an, et un vecteur d’attributs c = (c1, …, cn) associés aux générateurs des lettres :

μad(w) = ψ(c1)ψ(c2) … ψ(cn)

La distance entre le mot original et le mot transformé peut être mesurée par la différence de complexité factorielle :

δ(w, μad(w)) = |w| − |Fact(w) ∩ Fact(μad(w))|

Ad hominem : écart factoriel

AdHom(w)=δ(w,μad(w))=∣w∣−∣Fact(w)∩Fact(μad(w))∣\mathrm{AdHom}(w) = \delta(w, \mu_{\mathrm{ad}}(w)) = |w| – |\mathrm{Fact}(w) \cap \mathrm{Fact}(\mu_{\mathrm{ad}}(w))|

1) Application de l’expression mathématique de L’Ad hominem : QUATRE exemples de l’écart entre un mot et sa reformulation par les attributs
1. Le modèle

L’ad hominem ne transforme pas le contenu du mot d’après sa structure interne, mais d’après des attributs extérieurs cj attachés à ses générateurs. Chaque lettre w[j] du mot w = w[1] ⋯ w[n] reçoit un attribut cj (jeune, riche…), et une application ψ code chaque attribut par une lettre. La reformulation ad hominem remplace chaque lettre par le code de son attribut :

μad(w) = ψ(c1) ψ(c2) ⋯ ψ(cn).

L’écart entre l’argument et sa reformulation est mesuré par δ(w, μad(w)) = |w| − |Fact(w) ∩ Fact(μad(w))|, où Fact(v) est l’ensemble des facteurs (blocs de lettres consécutives, non vides) du mot v. Plus δ est grand, plus l’attaque s’écarte du contenu initial.

2. Le cardinal de l’intersection écrit avec des indicatrices

Le nombre d’éléments communs à deux ensembles finis est la somme, sur le premier, de l’indicatrice du second :

|Fact(w) ∩ Fact(v)| = Σu ∈ Fact(w) χFact(v)(u).

Il reste à calculer χFact(v)(u), c’est-à-dire à décider si u est un facteur de v. On compte ses occurrences m(u) dans v en comparant u à chaque fenêtre v[i..i+|u|−1], lettre à lettre, avec l’indicatrice d’égalité e(x, y) = 1 si x = y et 0 sinon :

m(u) = Σi=1|v|−|u|+1 ∏r=1|u| e( v[i+r−1], u[r] ), χFact(v)(u) = χ[1,+∞)( m(u) ). u est facteur de v dès qu’il y apparaît au moins une fois. Les tableaux suivants écrivent chaque comparaison, chaque produit, chaque m(u) et chaque indicatrice ; le cardinal de l’intersection est la somme de la colonne des indicatrices.

Exemple 3 : les huit facteurs distincts de AABA en lignes, les fenêtres de AAXA en colonnes ; chaque case est le produit des comparaisons lettre à lettre, la somme de la ligne est m(u), et seuls A et AA ont m(u) ≥ 1.

Exemple 1 : ad hominem faible

Soit w = AB, de longueur |w| = 2, et les attributs des générateurs

c = (jeune, jeune),

avec ψ(jeune) = J. Lettre par lettre :

jw[j]cjψ(cj) = μad(w)[j]
1AjeuneJ
2BjeuneJ

μad(w) = JJ.

Les facteurs distincts de w, rangés par longueur, sont les 3 mots suivants :

Fact(AB) = {A, B, AB}.

Pour chacun d’eux, on cherche s’il est aussi facteur de JJ. On compare u à chaque fenêtre de JJ de même longueur, lettre à lettre ; le produit des comparaisons vaut 1 seulement si la fenêtre est égale à u. Leur somme est le nombre d’occurrences m(u) de u dans JJ, et l’appartenance est χFact(JJ)(u) = χ[1,+∞)(m(u)).

u ∈ Fact(w)fenêtres de JJ de longueur |u| et comparaisonsm(u) dans JJχFact(JJ)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
AJ : e(J, A) = 0 = 0
J : e(J, A) = 0 = 0
000
BJ : e(J, B) = 0 = 0
J : e(J, B) = 0 = 0
000
ABJJ : e(J, A) · e(J, B) = 0 · 0 = 0000

Le cardinal de l’intersection est la somme de la colonne des indicatrices :

|Fact(AB) ∩ Fact(JJ)| = Σu ∈ Fact(w) χFact(JJ)(u) = 0 + 0 + 0 = 0.

Les facteurs communs sont aucun : l’intersection est vide. D’où

δ(w, μad(w)) = |w| − |Fact(w) ∩ Fact(μad(w))| = 2 − 0 = 2.

Aucune lettre de w ne survit dans JJ : l’intersection est vide.

Exemple 2 : plusieurs lettres attaquées par le même attribut

Soit w = ABCD, de longueur |w| = 4, et les attributs des générateurs

c = (riche, riche, riche, riche),

avec ψ(riche) = R. Lettre par lettre :

jw[j]cjψ(cj) = μad(w)[j]
1AricheR
2BricheR
3CricheR
4DricheR

μad(w) = RRRR.

Les facteurs distincts de w, rangés par longueur, sont les 10 mots suivants :

Fact(ABCD) = {A, B, C, D, AB, BC, CD, ABC, BCD, ABCD}.

Pour chacun d’eux, on cherche s’il est aussi facteur de RRRR. On compare u à chaque fenêtre de RRRR de même longueur, lettre à lettre ; le produit des comparaisons vaut 1 seulement si la fenêtre est égale à u. Leur somme est le nombre d’occurrences m(u) de u dans RRRR, et l’appartenance est χFact(RRRR)(u) = χ[1,+∞)(m(u)).

u ∈ Fact(w)fenêtres de RRRR de longueur |u| et comparaisonsm(u) dans RRRRχFact(RRRR)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
AR : e(R, A) = 0 = 0
R : e(R, A) = 0 = 0
R : e(R, A) = 0 = 0
R : e(R, A) = 0 = 0
000
BR : e(R, B) = 0 = 0
R : e(R, B) = 0 = 0
R : e(R, B) = 0 = 0
R : e(R, B) = 0 = 0
000
CR : e(R, C) = 0 = 0
R : e(R, C) = 0 = 0
R : e(R, C) = 0 = 0
R : e(R, C) = 0 = 0
000
DR : e(R, D) = 0 = 0
R : e(R, D) = 0 = 0
R : e(R, D) = 0 = 0
R : e(R, D) = 0 = 0
000
ABRR : e(R, A) · e(R, B) = 0 · 0 = 0
RR : e(R, A) · e(R, B) = 0 · 0 = 0
RR : e(R, A) · e(R, B) = 0 · 0 = 0
000
BCRR : e(R, B) · e(R, C) = 0 · 0 = 0
RR : e(R, B) · e(R, C) = 0 · 0 = 0
RR : e(R, B) · e(R, C) = 0 · 0 = 0
000
CDRR : e(R, C) · e(R, D) = 0 · 0 = 0
RR : e(R, C) · e(R, D) = 0 · 0 = 0
RR : e(R, C) · e(R, D) = 0 · 0 = 0
000
ABCRRR : e(R, A) · e(R, B) · e(R, C) = 0 · 0 · 0 = 0
RRR : e(R, A) · e(R, B) · e(R, C) = 0 · 0 · 0 = 0
000
BCDRRR : e(R, B) · e(R, C) · e(R, D) = 0 · 0 · 0 = 0
RRR : e(R, B) · e(R, C) · e(R, D) = 0 · 0 · 0 = 0
000
ABCDRRRR : e(R, A) · e(R, B) · e(R, C) · e(R, D) = 0 · 0 · 0 · 0 = 0000

Le cardinal de l’intersection est la somme de la colonne des indicatrices :

|Fact(ABCD) ∩ Fact(RRRR)| = Σu ∈ Fact(w) χFact(RRRR)(u) = 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 0.

Les facteurs communs sont aucun : l’intersection est vide. D’où

δ(w, μad(w)) = |w| − |Fact(w) ∩ Fact(μad(w))| = 4 − 0 = 4.

L’argument original disparaît entièrement au profit d’une caractérisation du locuteur : aucun des dix facteurs de ABCD n’est facteur de RRRR.

Exemple 3 : ad hominem partiel

Soit w = AABA, de longueur |w| = 4, et les attributs des générateurs

c = (α, α, β, α),

avec ψ(α) = A, ψ(β) = X. Lettre par lettre :

jw[j]cjψ(cj) = μad(w)[j]
1AαA
2AαA
3BβX
4AαA

μad(w) = AAXA.

Les facteurs distincts de w, rangés par longueur, sont les 8 mots suivants :

Fact(AABA) = {A, B, AA, AB, BA, AAB, ABA, AABA}.

Pour chacun d’eux, on cherche s’il est aussi facteur de AAXA. On compare u à chaque fenêtre de AAXA de même longueur, lettre à lettre ; le produit des comparaisons vaut 1 seulement si la fenêtre est égale à u. Leur somme est le nombre d’occurrences m(u) de u dans AAXA, et l’appartenance est χFact(AAXA)(u) = χ[1,+∞)(m(u)).

u ∈ Fact(w)fenêtres de AAXA de longueur |u| et comparaisonsm(u) dans AAXAχFact(AAXA)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
AA : e(A, A) = 1 = 1
A : e(A, A) = 1 = 1
X : e(X, A) = 0 = 0
A : e(A, A) = 1 = 1
311
BA : e(A, B) = 0 = 0
A : e(A, B) = 0 = 0
X : e(X, B) = 0 = 0
A : e(A, B) = 0 = 0
001
AAAA : e(A, A) · e(A, A) = 1 · 1 = 1
AX : e(A, A) · e(X, A) = 1 · 0 = 0
XA : e(X, A) · e(A, A) = 0 · 1 = 0
112
ABAA : e(A, A) · e(A, B) = 1 · 0 = 0
AX : e(A, A) · e(X, B) = 1 · 0 = 0
XA : e(X, A) · e(A, B) = 0 · 0 = 0
002
BAAA : e(A, B) · e(A, A) = 0 · 1 = 0
AX : e(A, B) · e(X, A) = 0 · 0 = 0
XA : e(X, B) · e(A, A) = 0 · 1 = 0
002
AABAAX : e(A, A) · e(A, A) · e(X, B) = 1 · 1 · 0 = 0
AXA : e(A, A) · e(X, A) · e(A, B) = 1 · 0 · 0 = 0
002
ABAAAX : e(A, A) · e(A, B) · e(X, A) = 1 · 0 · 0 = 0
AXA : e(A, A) · e(X, B) · e(A, A) = 1 · 0 · 1 = 0
002
AABAAAXA : e(A, A) · e(A, A) · e(X, B) · e(A, A) = 1 · 1 · 0 · 1 = 0002

Le cardinal de l’intersection est la somme de la colonne des indicatrices :

|Fact(AABA) ∩ Fact(AAXA)| = Σu ∈ Fact(w) χFact(AAXA)(u) = 1 + 0 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 2.

Les facteurs communs sont {A, AA}. D’où

δ(w, μad(w)) = |w| − |Fact(w) ∩ Fact(μad(w))| = 4 − 2 = 2.

Seuls A et AA survivent : ils ne contiennent pas la lettre attaquée (B, remplacée par X). Tout facteur qui passe par la position 3 est perdu.

Exemple 4 : aucune attaque (contrôle)

Soit w = AABA, de longueur |w| = 4, et les attributs des générateurs

c = (α, α, β, α),

avec ψ(α) = A, ψ(β) = B. Lettre par lettre :

jw[j]cjψ(cj) = μad(w)[j]
1AαA
2AαA
3BβB
4AαA

μad(w) = AABA.

Les facteurs distincts de w, rangés par longueur, sont les 8 mots suivants :

Fact(AABA) = {A, B, AA, AB, BA, AAB, ABA, AABA}.

Pour chacun d’eux, on cherche s’il est aussi facteur de AABA. On compare u à chaque fenêtre de AABA de même longueur, lettre à lettre ; le produit des comparaisons vaut 1 seulement si la fenêtre est égale à u. Leur somme est le nombre d’occurrences m(u) de u dans AABA, et l’appartenance est χFact(AABA)(u) = χ[1,+∞)(m(u)).

u ∈ Fact(w)fenêtres de AABA de longueur |u| et comparaisonsm(u) dans AABAχFact(AABA)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
AA : e(A, A) = 1 = 1
A : e(A, A) = 1 = 1
B : e(B, A) = 0 = 0
A : e(A, A) = 1 = 1
311
BA : e(A, B) = 0 = 0
A : e(A, B) = 0 = 0
B : e(B, B) = 1 = 1
A : e(A, B) = 0 = 0
112
AAAA : e(A, A) · e(A, A) = 1 · 1 = 1
AB : e(A, A) · e(B, A) = 1 · 0 = 0
BA : e(B, A) · e(A, A) = 0 · 1 = 0
113
ABAA : e(A, A) · e(A, B) = 1 · 0 = 0
AB : e(A, A) · e(B, B) = 1 · 1 = 1
BA : e(B, A) · e(A, B) = 0 · 0 = 0
114
BAAA : e(A, B) · e(A, A) = 0 · 1 = 0
AB : e(A, B) · e(B, A) = 0 · 0 = 0
BA : e(B, B) · e(A, A) = 1 · 1 = 1
115
AABAAB : e(A, A) · e(A, A) · e(B, B) = 1 · 1 · 1 = 1
ABA : e(A, A) · e(B, A) · e(A, B) = 1 · 0 · 0 = 0
116
ABAAAB : e(A, A) · e(A, B) · e(B, A) = 1 · 0 · 0 = 0
ABA : e(A, A) · e(B, B) · e(A, A) = 1 · 1 · 1 = 1
117
AABAAABA : e(A, A) · e(A, A) · e(B, B) · e(A, A) = 1 · 1 · 1 · 1 = 1118

Le cardinal de l’intersection est la somme de la colonne des indicatrices :

|Fact(AABA) ∩ Fact(AABA)| = Σu ∈ Fact(w) χFact(AABA)(u) = 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 = 8.

Les facteurs communs sont {A, B, AA, AB, BA, AAB, ABA, AABA}. D’où

δ(w, μad(w)) = |w| − |Fact(w) ∩ Fact(μad(w))| = 4 − 8 = −4.

Ici ψ redonne exactement chaque lettre : μad(w) = w, il n’y a pas d’ad hominem. Pourtant δ = 4 − 8 = −4 est négatif.

3. Ce que montre l’exemple de contrôle

Dans δ, les deux termes ne comptent pas la même chose : |w| compte des lettres (au plus n), alors que |Fact(w) ∩ Fact(μad(w))| compte des facteurs, dont il peut y avoir jusqu’à n(n + 1)/2. Quand l’attaque est faible, l’intersection dépasse |w| et δ devient négatif ; δ = 0 ne signifie donc pas « aucune attaque ». Deux normalisations donnent une mesure comprise entre 0 (aucune attaque) et 1 (attaque totale) :

δ* = 1 − |Fact(w) ∩ Fact(μad(w))| / |Fact(w)|, h = (1/n) · Σj=1n (1 − e(w[j], μad(w)[j])).

δ* est la part des facteurs de w perdus ; h est la part des positions dont la lettre a été remplacée, chaque terme 1 − e valant 1 pour une lettre changée et 0 pour une lettre conservée.

N°wμad(w)|w||Fact(w)||Fact(w) ∩ Fact(μad(w))|δδ*h
1ABJJ23021 − 0/3 = 1(1 + 1)/2 = 1
2ABCDRRRR410041 − 0/10 = 1(1 + 1 + 1 + 1)/4 = 1
3AABAAAXA48221 − 2/8 = 0.75(0 + 0 + 1 + 0)/4 = 0.25
4AABAAABA488−41 − 8/8 = 0(0 + 0 + 0 + 0)/4 = 0

Les deux mesures normalisées s’accordent sur les cas extrêmes et diffèrent sur l’exemple 3 : une seule lettre changée sur quatre (h = 0.25) détruit trois quarts des facteurs (δ* = 0.75), parce que la lettre attaquée est au milieu du mot et coupe tous les facteurs qui la traversent.

Pour les quatre exemples : δ (qui devient négatif pour le contrôle), δ* (part des facteurs perdus) et h (part des lettres remplacées).

Synthèse numérique
N°wμad(w)|Fact(w) ∩ Fact(μad(w))|δ
1ABJJ02
2ABCDRRRR04
3AABAAAXA22
4AABAAABA (contrôle)8−4

L’interprétation combinatoire est que l’ad hominem remplace l’information portée par les symboles du mot original par une information extérieure portée par les attributs cj. La perte de structure factorielle commune entre l’argument et sa reformulation se lit, facteur par facteur, dans la colonne des indicatrices χFact(μad(w))(u) ; rapportée au nombre de facteurs de w, elle donne δ*.

4. Adianoeta – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

Adianoeta (du grec adianoetos, « inintelligible ») est une figure de style dans laquelle une expression porte deux significations simultanées : un sens évident, littéral ou ostensible, et un second sens plus subtil, ingénieux ou ironique, souvent en tension avec le premier.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Mot à double interprétation (ou double occurrence factorielle) – Adianoeta-word.

Justification du lien

L’adianoeta superpose deux lectures sur la même suite de mots. En combinatoire des mots, cela correspond à un mot qui admet plusieurs factorisations ou plusieurs morphismes qui le réalisent de manière équivalente en surface, mais dont les décompositions internes divergent. Le calcul du nombre de factorisations non triviales quantifie le degré d’ambiguïté structurelle, exactement comme la figure quantifie la coexistence de deux sens.

Définition mathématique

Soit w un mot sur un alphabet Σ. On dit que w est un mot adianoétique s’il admet au moins deux factorisations distinctes (ou deux interprétations morphiques) qui coexistent sur le même support littéral.

Formellement, il existe deux morphismes distincts μ1 et μ2 tels que :

μ1(w) = μ2(w)

mais les « lectures » associées diffèrent.

Expression formelle computable

Pour un mot w de longueur n, on définit l’ensemble des interprétations possibles par le nombre de morphismes distincts qui le réalisent :

Amb(w) = |{μ | μ est un morphisme non trivial tel que μ(w) = w}|

Ou, de manière plus opérationnelle, le nombre de factorisations distinctes en facteurs primitifs :

Fact2(w) = |{(u, v) | w = uv = vu′, |u| ≠ |v|}|

Une valeur Amb(w) ≥ 2 ou Fact2(w) ≥ 1 indique une double interprétation possible.

Adianoeta : lectures concurrentes

1) Application de l’expression mathématique de l’Adianoeta : SIX EXEMPLES DE lectures concurrentes d’un même mot
1. Le modèle

L’adianoeta produit plusieurs lectures compatibles avec la même forme observable. On la modélise par un mot w = w[1] ⋯ w[n] et deux comptages :

Fact2(w) = | { (u, v) : w = uv = vu′, |u| ≠ |v| } |, Amb(w) = | { μ : μ(w) = w } |.

Fact2 compte des découpages de w en deux blocs, Amb des morphismes qui redonnent w. Chacun des deux ensembles est fini ; son cardinal est une somme d’indicatrices sur une liste de candidats, et chaque indicatrice est elle-même un produit de comparaisons de lettres.

2. Les découpages : n − 1 candidats

Un découpage w = uv est fixé par la longueur p = |u| du premier bloc, avec 1 ≤ p ≤ n − 1 (les deux blocs non vides) : u = w[1..p] et v = w[p+1..n]. Un mot de longueur n a donc exactement n − 1 découpages ; c’est le nombre de coupures possibles, C(w) = n − 1, qui vaut 3 pour AAAA et ABAB, et 5 pour BANANA.

3. Les deux conditions de Fact2, écrites en indicatrices

La condition w = vu′ dit que v est aussi un préfixe de w : ses n − p lettres sont les n − p premières lettres de w. Lettre à lettre, w[p+r] = w[r] pour r = 1, …, n − p. Le « et » de ces égalités est un produit :

Pér(p) = ∏r=1n−p e( w[p+r], w[r] ), e(x, y) = 1 si x = y, 0 sinon.

Pér(p) = 1 signifie que w est inchangé par un décalage de p positions : p est une période de w. Le bloc u′ est alors la fin de w, u′ = w[n−p+1..n]. La seconde condition, |u| ≠ |v|, s’écrit 1 − e(p, n − p) = 1 − e(2p, n) : elle exclut la coupure du milieu. D’où

Fact2(w) = Σp=1n−1 Pér(p) · (1 − e(2p, n))

et, sans la condition de longueur, le nombre de périodes P(w) = Σp Pér(p). Les tableaux écrivent, pour chaque coupure, toutes les comparaisons.

Pour chaque mot et chaque coupure p : le mot et sa copie décalée de p positions, lettre sous lettre ; vert si les deux lettres sont égales, rouge sinon ; Pér(p) = 1 seulement si toute la zone commune est verte.

Exemple 1 : w = AAAA (n = 4)
p = |u|coupure u · v|u|, |v|v préfixe de w : ∏r e(w[p+r], w[r])Pér(p)|u| ≠ |v| : 1 − e(2p, n)terme de Fact2
1A · AAA1, 3e(w[2], w[1]) = e(A, A) · e(w[3], w[2]) = e(A, A) · e(w[4], w[3]) = e(A, A) = 1 · 1 · 111 − e(2, 4) = 11 × 1 = 1
2AA · AA2, 2e(w[3], w[1]) = e(A, A) · e(w[4], w[2]) = e(A, A) = 1 · 111 − e(4, 4) = 01 × 0 = 0
3AAA · A3, 1e(w[4], w[1]) = e(A, A) = 111 − e(6, 4) = 11 × 1 = 1

P(AAAA) = 1 + 1 + 1 = 3, Fact2(AAAA) = 1 + 0 + 1 = 2.

Exemple 2 : w = ABAB (n = 4)
p = |u|coupure u · v|u|, |v|v préfixe de w : ∏r e(w[p+r], w[r])Pér(p)|u| ≠ |v| : 1 − e(2p, n)terme de Fact2
1A · BAB1, 3e(w[2], w[1]) = e(B, A) · e(w[3], w[2]) = e(A, B) · e(w[4], w[3]) = e(B, A) = 0 · 0 · 001 − e(2, 4) = 10 × 1 = 0
2AB · AB2, 2e(w[3], w[1]) = e(A, A) · e(w[4], w[2]) = e(B, B) = 1 · 111 − e(4, 4) = 01 × 0 = 0
3ABA · B3, 1e(w[4], w[1]) = e(B, A) = 001 − e(6, 4) = 10 × 1 = 0

P(ABAB) = 0 + 1 + 0 = 1, Fact2(ABAB) = 0 + 0 + 0 = 0.

Exemple 3 : w = BANANA (n = 6)
p = |u|coupure u · v|u|, |v|v préfixe de w : ∏r e(w[p+r], w[r])Pér(p)|u| ≠ |v| : 1 − e(2p, n)terme de Fact2
1B · ANANA1, 5e(w[2], w[1]) = e(A, B) · e(w[3], w[2]) = e(N, A) · e(w[4], w[3]) = e(A, N) · e(w[5], w[4]) = e(N, A) · e(w[6], w[5]) = e(A, N) = 0 · 0 · 0 · 0 · 001 − e(2, 6) = 10 × 1 = 0
2BA · NANA2, 4e(w[3], w[1]) = e(N, B) · e(w[4], w[2]) = e(A, A) · e(w[5], w[3]) = e(N, N) · e(w[6], w[4]) = e(A, A) = 0 · 1 · 1 · 101 − e(4, 6) = 10 × 1 = 0
3BAN · ANA3, 3e(w[4], w[1]) = e(A, B) · e(w[5], w[2]) = e(N, A) · e(w[6], w[3]) = e(A, N) = 0 · 0 · 001 − e(6, 6) = 00 × 0 = 0
4BANA · NA4, 2e(w[5], w[1]) = e(N, B) · e(w[6], w[2]) = e(A, A) = 0 · 101 − e(8, 6) = 10 × 1 = 0
5BANAN · A5, 1e(w[6], w[1]) = e(A, B) = 001 − e(10, 6) = 10 × 1 = 0

P(BANANA) = 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 0, Fact2(BANANA) = 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 0.

Pour AAAA, toutes les coupures sont des périodes, mais la coupure du milieu AA · AA est exclue par |u| ≠ |v| : Fact2 = 2. Pour ABAB, la seule période est p = 2, c’est-à-dire la coupure AB · AB, et elle est exclue : Fact2 = 0. BANANA n’a aucune période : chaque coupure échoue dès la première comparaison, e(w[p+1], B) = 0, puisque B n’apparaît qu’en tête.

4. Les morphismes qui redonnent w

Un morphisme μ est fixé par l’image μ(a) de chaque lettre a de w, et μ(w) = μ(w[1]) μ(w[2]) ⋯ μ(w[n]). Si toutes les images sont non vides, la longueur |μ(w)| = Σa |w|a · |μ(a)| ne peut valoir n que si chaque image a une lettre, et μ(w) = w force alors μ(a) = a : Amb(w) = 1 pour tout mot. Pour que la mesure distingue les mots, on admet les images vides ε (morphismes effaçants), à valeurs dans les lettres de w.

Le calcul se fait en trois temps. (1) On choisit les longueurs ℓa = |μ(a)| ; elles doivent vérifier l’équation des longueurs, testée par l’indicatrice χ{n}( Σa |w|a · ℓa ).

(2) Si l’équation est satisfaite, μ(w) = w force la lecture : on parcourt w et chaque lettre w[j] reçoit les ℓw[j] lettres suivantes. (3) Une même lettre doit toujours recevoir la même image : chaque nouvelle occurrence est comparée à la première, et le produit de ces égalités vaut 1 seulement si la lecture est cohérente. Ainsi Amb(w) = Σℓ χ{n}( Σa |w|a ℓa ) · ∏j e( image de w[j], image de la première occurrence de w[j] )

BANANA : les sept choix de longueurs qui vérifient B + 3A + 2N = 6, la lecture forcée de BANANA dessinée en blocs, et le contrôle de cohérence ; trois lectures sont cohérentes.

Exemple 1 : w = AAAA

Tous les choix de longueurs possibles sont écrits.

longueurs ℓa = |μ(a)|Σa |w|a ℓaχ{n}(Σ)lecture forcée de w, lettre par lettrecohérence : ∏ e(image, première image)morphisme obtenuterme de Amb
ℓA = 04·0 = 00———0
ℓA = 14·1 = 41A→A | A→A | A→A | A→A1 · 1 · 1 · 1 = 1μ(A) = A1

Amb(AAAA) = 1.

Exemple 2 : w = ABAB

Tous les choix de longueurs possibles sont écrits.

longueurs ℓa = |μ(a)|Σa |w|a ℓaχ{n}(Σ)lecture forcée de w, lettre par lettrecohérence : ∏ e(image, première image)morphisme obtenuterme de Amb
ℓA = 0, ℓB = 02·0 + 2·0 = 00———0
ℓA = 0, ℓB = 12·0 + 2·1 = 20———0
ℓA = 0, ℓB = 22·0 + 2·2 = 41A→ε | B→AB | A→ε | B→AB1 · 1 · 1 · 1 = 1μ(A) = ε, μ(B) = AB1
ℓA = 1, ℓB = 02·1 + 2·0 = 20———0
ℓA = 1, ℓB = 12·1 + 2·1 = 41A→A | B→B | A→A | B→B1 · 1 · 1 · 1 = 1μ(A) = A, μ(B) = B1
ℓA = 1, ℓB = 22·1 + 2·2 = 60———0
ℓA = 2, ℓB = 02·2 + 2·0 = 41A→AB | B→ε | A→AB | B→ε1 · 1 · 1 · 1 = 1μ(A) = AB, μ(B) = ε1
ℓA = 2, ℓB = 12·2 + 2·1 = 60———0
ℓA = 2, ℓB = 22·2 + 2·2 = 80———0

Amb(ABAB) = 3.

Exemple 3 : w = BANANA

Seuls les choix de longueurs qui vérifient l’équation sont écrits (les autres ont χ = 0).

longueurs ℓa = |μ(a)|Σa |w|a ℓaχ{n}(Σ)lecture forcée de w, lettre par lettrecohérence : ∏ e(image, première image)morphisme obtenuterme de Amb
ℓB = 0, ℓA = 0, ℓN = 31·0 + 3·0 + 2·3 = 61B→ε | A→ε | N→BAN | A→ε | N→ANA | A→ε1 · 1 · 1 · 1 · 0 · 1 = 0μ(B) = ε, μ(A) = ε, μ(N) = BAN0
ℓB = 0, ℓA = 2, ℓN = 01·0 + 3·2 + 2·0 = 61B→ε | A→BA | N→ε | A→NA | N→ε | A→NA1 · 1 · 1 · 0 · 1 · 0 = 0μ(B) = ε, μ(A) = BA, μ(N) = ε0
ℓB = 1, ℓA = 1, ℓN = 11·1 + 3·1 + 2·1 = 61B→B | A→A | N→N | A→A | N→N | A→A1 · 1 · 1 · 1 · 1 · 1 = 1μ(B) = B, μ(A) = A, μ(N) = N1
ℓB = 2, ℓA = 0, ℓN = 21·2 + 3·0 + 2·2 = 61B→BA | A→ε | N→NA | A→ε | N→NA | A→ε1 · 1 · 1 · 1 · 1 · 1 = 1μ(B) = BA, μ(A) = ε, μ(N) = NA1
ℓB = 3, ℓA = 1, ℓN = 01·3 + 3·1 + 2·0 = 61B→BAN | A→A | N→ε | A→N | N→ε | A→A1 · 1 · 1 · 0 · 1 · 1 = 0μ(B) = BAN, μ(A) = A, μ(N) = ε0
ℓB = 4, ℓA = 0, ℓN = 11·4 + 3·0 + 2·1 = 61B→BANA | A→ε | N→N | A→ε | N→A | A→ε1 · 1 · 1 · 1 · 0 · 1 = 0μ(B) = BANA, μ(A) = ε, μ(N) = N0
ℓB = 6, ℓA = 0, ℓN = 01·6 + 3·0 + 2·0 = 61B→BANANA | A→ε | N→ε | A→ε | N→ε | A→ε1 · 1 · 1 · 1 · 1 · 1 = 1μ(B) = BANANA, μ(A) = ε, μ(N) = ε1

Amb(BANANA) = 3.

Pour AAAA, la seule longueur possible est ℓA = 1, et μ(A) = A : Amb = 1. Pour ABAB, outre l’identité, deux morphismes effacent une lettre et donnent AB à l’autre : μ(A) = AB, μ(B) = ε, et μ(A) = ε, μ(B) = AB ; tous deux redonnent ABAB grâce à la répétition (AB)2. Pour BANANA, outre l’identité, μ(B) = BANANA (les autres lettres effacées) et μ(B) = BA, μ(N) = NA, μ(A) = ε, qui relit BANANA comme BA · NA · NA.

5. Mesure numérique comparative
N°wcoupures C(w) = n − 1périodes P(w)Fact2(w)Amb(w)
1AAAA3321
2ABAB3103
3BANANA5003

Les trois mesures ne racontent pas la même chose. Le nombre de coupures ne dépend que de la longueur et classe BANANA au-dessus de ABAB, alors que ABAB est le seul des deux à se relire comme un bloc répété. Les périodes et Fact2 ne retiennent que les coupures qui recouvrent le mot par lui-même ; Amb retient les relectures par morphisme, et place ABAB et BANANA au-dessus de AAAA, dont la seule lettre ne laisse aucun jeu.

Pour AAAA, ABAB et BANANA : nombre de coupures, nombre de périodes, Fact2 et Amb.

6. Interprétation rhétorique

L’adianoeta consiste à produire simultanément plusieurs lectures compatibles avec la même forme observable. Dans ce modèle, une lecture concurrente n’est comptée que si elle est vérifiée sur les lettres : une période fait coïncider le mot avec son propre décalage, un morphisme qui fixe w relit les mêmes lettres avec un autre découpage en unités. Plus Fact2(w) et Amb(w) sont élevés, plus le mot possède de couches interprétatives coexistantes ; chaque unité de ces nombres est une ligne des tableaux où toutes les indicatrices valent 1.

5. Alliteration – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

L’allitération (du latin alliteratio, « commencement par la même lettre ») est la répétition d’un même son consonantique en position initiale de plusieurs mots voisins ou de syllabes accentuées.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Mot à préfixe initial répété (ou allitératif morphism).

Justification du lien

L’allitération repose sur la répétition d’une initiale. En combinatoire des mots, cela correspond à la présence répétée d’un même préfixe de longueur 1 dans une suite de facteurs. Le calcul du maximum de répétitions d’une même lettre en position initiale quantifie directement l’intensité de l’effet allitératif.

Définition mathématique

Soit w un mot sur un alphabet Σ. On dit que w présente une allitération de degré k s’il existe une lettre a ∈ Σ telle qu’au moins k facteurs consécutifs (ou quasi-consécutifs) de w commencent par a.

Formellement, il existe une suite d’indices i1 < i2 < … < ik tels que les préfixes des facteurs correspondants coïncident :

pref1(w[ij …]) = a pour tout j = 1, …, k

Expression formelle computable

Pour un mot w = a1a2 … an, on définit le score d’allitération pour une lettre a comme :

Allit(w, a) = max{k | ∃ i1 < … < ik, aij = a}

Le degré maximal d’allitération du mot est :

Allit(w) = maxa ∈ Σ Allit(w, a)

Une valeur Allit(w) ≥ 2 indique la présence d’allitération.

Allitération : mesures par fonctions indicatrices

Allitération : mesures par fonctions indicatrices
1. Le mot et l’indicatrice d’une lettre

Soit w = a1 a2 ⋯ an un mot sur un alphabet Σ. Pour une lettre a ∈ Σ, l’indicatrice χ{a} vaut 1 sur la lettre a et 0 sur toute autre lettre :

χ{a}(x) = 1 si x = a, χ{a}(x) = 0 sinon.

Appliquée à chaque position, elle transforme le mot en une suite de 0 et de 1 qui marque les positions occupées par a. Les trois mesures qui suivent sont trois façons de lire cette suite.

2. Nombre d’occurrences

La première mesure additionne la suite :

Allit(w, a) = Σi=1n χ{a}(ai), Allit(w) = maxa ∈ Σ Allit(w, a).

Allit(w, a) est le nombre d’occurrences de a ; c’est aussi le plus grand nombre k d’indices i1 < ⋯ < ik tels que aij = a, puisque toutes les occurrences peuvent être choisies. Allit(w) est la fréquence de la lettre la plus fréquente, sans condition de proximité.

3. Plus long bloc consécutif

La deuxième mesure suit les blocs de a consécutifs. La longueur La(i) du bloc de a qui finit en position i se calcule de proche en proche :

La(0) = 0, La(i) = χ{a}(ai) · ( La(i − 1) + 1 ), RunAllit(w, a) = max1 ≤ i ≤ n La(i).

L’indicatrice agit comme un interrupteur : si ai = a, le bloc s’allonge de 1 ; sinon le produit par 0 remet le compteur à zéro. RunAllit(w) = maxa RunAllit(w, a) est la longueur du plus long bloc d’une même lettre.

SSSSABS : à gauche, les sommes des indicatrices sur tous les intervalles [p, q], dont le maximum est le total 5 ; à droite, le compteur de bloc L(i), dont le maximum est 4.

4. Fenêtre glissante

La troisième mesure traduit l’idée d’occurrences quasi consécutives : on compte les a dans chaque fenêtre de ℓ positions consécutives et l’on garde la plus forte concentration :

Wℓ(w, a) = max1 ≤ p ≤ n − ℓ + 1 Σi=pp+ℓ−1 χ{a}(ai), Wℓ(w) = maxa Wℓ(w, a).

La longueur ℓ de la fenêtre doit être fixée : une somme de termes 0 ou 1 ne diminue pas quand l’intervalle s’agrandit, de sorte qu’un intervalle de longueur libre atteindrait toujours le mot entier et redonnerait Allit(w, a). Les cas extrêmes sont W1(w, a) = 1 dès que a apparaît, et Wn(w, a) = Allit(w, a). On prend ici ℓ = 4.

5. Le mot des initiales et l’indice d’allitération

L’allitération est la répétition du son initial de mots voisins. Pour un texte, on applique donc les mesures au mot des initiales : ai est la première lettre du i-ième mot, sans majuscule ni accent (à → a). L’indice retenu combine la fenêtre et un seuil θ :

Allitℓ,θ(w) = χ[θ,+∞)( maxa ∈ Σ maxp Σi=pp+ℓ−1 χ{a}(ai) ), ℓ = 4, θ = 3 :

il y a allitération lorsqu’au moins trois mots parmi quatre consécutifs commencent par la même lettre. Les mots grammaticaux (articles, pronoms, prépositions) peuvent être retirés au préalable avec la liste fermée de la fiche des belles-lettres.

Exemple 1 : w = BANANA
Occurrences
lettre a1 : B2 : A3 : N4 : A5 : N6 : AAllit(w, a) = Σi χ{a}(ai)
B1000001 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 1
A0101010 + 1 + 0 + 1 + 0 + 1 = 3
N0010100 + 0 + 1 + 0 + 1 + 0 = 2

Allit(BANANA) = max(1, 3, 2) = 3 (lettre dominante : A).

Blocs consécutifs

Chaque case donne le calcul χ{a}(ai) · (La(i − 1) + 1) = La(i).

lettre a1 : B2 : A3 : N4 : A5 : N6 : ARunAllit(w, a) = maxi La(i)
B1·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01
A0·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 01·(0+1) = 11
N0·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 01

RunAllit(BANANA) = max(1, 1, 1) = 1.

Fenêtres de longueur 4

Chaque case additionne les quatre indicatrices de la fenêtre.

lettre ap = 1 : BANAp = 2 : ANANp = 3 : NANAW4(w, a)
B1 + 0 + 0 + 0 = 10 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 01
A0 + 1 + 0 + 1 = 21 + 0 + 1 + 0 = 20 + 1 + 0 + 1 = 22
N0 + 0 + 1 + 0 = 10 + 1 + 0 + 1 = 21 + 0 + 1 + 0 = 22

W4(BANANA) = max(1, 2, 2) = 2, Allit4,3(BANANA) = χ[3,+∞)(2) = 0.

Exemple 2 : w = MISSISSIPPI
Occurrences
lettre a1 : M2 : I3 : S4 : S5 : I6 : S7 : S8 : I9 : P10 : P11 : IAllit(w, a) = Σi χ{a}(ai)
M100000000001 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 1
I010010010010 + 1 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 + 1 = 4
S001101100000 + 0 + 1 + 1 + 0 + 1 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 = 4
P000000001100 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 1 + 1 + 0 = 2

Allit(MISSISSIPPI) = max(1, 4, 4, 2) = 4 (lettres dominantes : I, S).

Blocs consécutifs

Chaque case donne le calcul χ{a}(ai) · (La(i − 1) + 1) = La(i).

lettre a1 : M2 : I3 : S4 : S5 : I6 : S7 : S8 : I9 : P10 : P11 : IRunAllit(w, a) = maxi La(i)
M1·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01
I0·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 11
S0·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 11·(1+1) = 20·(2+1) = 01·(0+1) = 11·(1+1) = 20·(2+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 02
P0·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 11·(1+1) = 20·(2+1) = 02

RunAllit(MISSISSIPPI) = max(1, 1, 2, 2) = 2.

Fenêtres de longueur 4

Chaque case additionne les quatre indicatrices de la fenêtre.

lettre ap = 1 : MISSp = 2 : ISSIp = 3 : SSISp = 4 : SISSp = 5 : ISSIp = 6 : SSIPp = 7 : SIPPp = 8 : IPPIW4(w, a)
M1 + 0 + 0 + 0 = 10 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 01
I0 + 1 + 0 + 0 = 11 + 0 + 0 + 1 = 20 + 0 + 1 + 0 = 10 + 1 + 0 + 0 = 11 + 0 + 0 + 1 = 20 + 0 + 1 + 0 = 10 + 1 + 0 + 0 = 11 + 0 + 0 + 1 = 22
S0 + 0 + 1 + 1 = 20 + 1 + 1 + 0 = 21 + 1 + 0 + 1 = 31 + 0 + 1 + 1 = 30 + 1 + 1 + 0 = 21 + 1 + 0 + 0 = 21 + 0 + 0 + 0 = 10 + 0 + 0 + 0 = 03
P0 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 1 = 10 + 0 + 1 + 1 = 20 + 1 + 1 + 0 = 22

W4(MISSISSIPPI) = max(1, 2, 3, 2) = 3, Allit4,3(MISSISSIPPI) = χ[3,+∞)(3) = 1.

Deux lettres, I et S, atteignent le maximum des occurrences : la valeur Allit(w) = 4 est unique, la lettre dominante ne l’est pas.

Exemple 3 : w = SSSSABS
Occurrences
lettre a1 : S2 : S3 : S4 : S5 : A6 : B7 : SAllit(w, a) = Σi χ{a}(ai)
S11110011 + 1 + 1 + 1 + 0 + 0 + 1 = 5
A00001000 + 0 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 = 1
B00000100 + 0 + 0 + 0 + 0 + 1 + 0 = 1

Allit(SSSSABS) = max(5, 1, 1) = 5 (lettre dominante : S).

Blocs consécutifs

Chaque case donne le calcul χ{a}(ai) · (La(i − 1) + 1) = La(i).

lettre a1 : S2 : S3 : S4 : S5 : A6 : B7 : SRunAllit(w, a) = maxi La(i)
S1·(0+1) = 11·(1+1) = 21·(2+1) = 31·(3+1) = 40·(4+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 14
A0·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 01
B0·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 01

RunAllit(SSSSABS) = max(4, 1, 1) = 4.

Fenêtres de longueur 4

Chaque case additionne les quatre indicatrices de la fenêtre.

lettre ap = 1 : SSSSp = 2 : SSSAp = 3 : SSABp = 4 : SABSW4(w, a)
S1 + 1 + 1 + 1 = 41 + 1 + 1 + 0 = 31 + 1 + 0 + 0 = 21 + 0 + 0 + 1 = 24
A0 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 1 = 10 + 0 + 1 + 0 = 10 + 1 + 0 + 0 = 11
B0 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 1 = 10 + 0 + 1 + 0 = 11

W4(SSSSABS) = max(4, 1, 1) = 4, Allit4,3(SSSSABS) = χ[3,+∞)(4) = 1.

Pour SSSSABS, Allit(w, S) = 1 + 1 + 1 + 1 + 0 + 0 + 1 = 5 compte les cinq S, tandis que RunAllit(w, S) = 4 ne retient que le bloc initial SSSS.

Exemple 4 : initiales de « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes » (Racine)

Le mot des initiales des dix mots est w = pqscsqssvt.

Occurrences
lettre a1 : p2 : q3 : s4 : c5 : s6 : q7 : s8 : s9 : v10 : tAllit(w, a) = Σi χ{a}(ai)
p10000000001 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 1
q01000100000 + 1 + 0 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 = 2
s00101011000 + 0 + 1 + 0 + 1 + 0 + 1 + 1 + 0 + 0 = 4
c00010000000 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 1
v00000000100 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 1 + 0 = 1
t00000000010 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 1 = 1

Allit(pqscsqssvt) = max(1, 2, 4, 1, 1, 1) = 4 (lettre dominante : s).

Blocs consécutifs

Chaque case donne le calcul χ{a}(ai) · (La(i − 1) + 1) = La(i).

lettre a1 : p2 : q3 : s4 : c5 : s6 : q7 : s8 : s9 : v10 : tRunAllit(w, a) = maxi La(i)
p1·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01
q0·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01
s0·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 01·(0+1) = 11·(1+1) = 20·(2+1) = 00·(0+1) = 02
c0·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01
v0·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 01
t0·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 11

RunAllit(pqscsqssvt) = max(1, 1, 2, 1, 1, 1) = 2.

Fenêtres de longueur 4

Chaque case additionne les quatre indicatrices de la fenêtre.

lettre ap = 1 : pqscp = 2 : qscsp = 3 : scsqp = 4 : csqsp = 5 : sqssp = 6 : qssvp = 7 : ssvtW4(w, a)
p1 + 0 + 0 + 0 = 10 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 01
q0 + 1 + 0 + 0 = 11 + 0 + 0 + 0 = 10 + 0 + 0 + 1 = 10 + 0 + 1 + 0 = 10 + 1 + 0 + 0 = 11 + 0 + 0 + 0 = 10 + 0 + 0 + 0 = 01
s0 + 0 + 1 + 0 = 10 + 1 + 0 + 1 = 21 + 0 + 1 + 0 = 20 + 1 + 0 + 1 = 21 + 0 + 1 + 1 = 30 + 1 + 1 + 0 = 21 + 1 + 0 + 0 = 23
c0 + 0 + 0 + 1 = 10 + 0 + 1 + 0 = 10 + 1 + 0 + 0 = 11 + 0 + 0 + 0 = 10 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 01
v0 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 1 = 10 + 0 + 1 + 0 = 11
t0 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 1 = 11

W4(pqscsqssvt) = max(1, 1, 3, 1, 1, 1) = 3, Allit4,3(pqscsqssvt) = χ[3,+∞)(3) = 1.

La fenêtre « serpents qui sifflent sur » (s, q, s, s) contient trois s : l’indice vaut 1.

Exemple 5 : initiales de « Le train arrive à la gare demain »

Le mot des initiales des sept mots est w = ltaalgd.

Occurrences
lettre a1 : l2 : t3 : a4 : a5 : l6 : g7 : dAllit(w, a) = Σi χ{a}(ai)
l10001001 + 0 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 = 2
t01000000 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 1
a00110000 + 0 + 1 + 1 + 0 + 0 + 0 = 2
g00000100 + 0 + 0 + 0 + 0 + 1 + 0 = 1
d00000010 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 1 = 1

Allit(ltaalgd) = max(2, 1, 2, 1, 1) = 2 (lettres dominantes : l, a).

Blocs consécutifs

Chaque case donne le calcul χ{a}(ai) · (La(i − 1) + 1) = La(i).

lettre a1 : l2 : t3 : a4 : a5 : l6 : g7 : dRunAllit(w, a) = maxi La(i)
l1·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 01
t0·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01
a0·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 11·(1+1) = 20·(2+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 02
g0·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 10·(1+1) = 01
d0·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 00·(0+1) = 01·(0+1) = 11

RunAllit(ltaalgd) = max(1, 1, 2, 1, 1) = 2.

Fenêtres de longueur 4

Chaque case additionne les quatre indicatrices de la fenêtre.

lettre ap = 1 : ltaap = 2 : taalp = 3 : aalgp = 4 : algdW4(w, a)
l1 + 0 + 0 + 0 = 10 + 0 + 0 + 1 = 10 + 0 + 1 + 0 = 10 + 1 + 0 + 0 = 11
t0 + 1 + 0 + 0 = 11 + 0 + 0 + 0 = 10 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 01
a0 + 0 + 1 + 1 = 20 + 1 + 1 + 0 = 21 + 1 + 0 + 0 = 21 + 0 + 0 + 0 = 12
g0 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 1 = 10 + 0 + 1 + 0 = 11
d0 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 0 = 00 + 0 + 0 + 1 = 11

W4(ltaalgd) = max(1, 1, 2, 1, 1) = 2, Allit4,3(ltaalgd) = χ[3,+∞)(2) = 0.

Les répétitions de l (le, la) et de a (arrive, à) donnent 2 au plus dans une fenêtre de quatre mots : l’indice vaut 0.

Tableau récapitulatif
N°exemplewAllit(w)RunAllit(w)W4(w)Allit4,3(w)
1BANANABANANA3120
2MISSISSIPPIMISSISSIPPI4231
3SSSSABSSSSSABS5441
4Racinepqscsqssvt4231
5Le train arrive…ltaalgd2220

Pour les cinq mots : nombre d’occurrences, plus long bloc et fenêtre de longueur 4, avec les seuils 2 et 3.

6. Interprétation

Les trois mesures lisent la même suite d’indicatrices χ{a}(ai) à trois échelles : le mot entier (nombre d’occurrences), les positions contiguës (plus long bloc), et une fenêtre de longueur fixée (concentration locale). Seule la troisième traduit la proximité qui définit l’allitération sans exiger la stricte contiguïté : appliquée au mot des initiales avec ℓ = 4 et θ = 3, elle reconnaît le vers de Racine et écarte la phrase ordinaire, où les mêmes initiales reviennent sans se concentrer.

6. Amphiboly – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

L’amphiboly est une figure ou un sophisme qui résulte d’une structure grammaticale ambiguë d’une phrase, de sorte qu’elle peut être interprétée de plusieurs façons (modificateur mal placé, référence pronominale indéterminée, etc.).

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Mot à factorisation multiple (ou amphibole factorization).

Justification du lien

L’amphiboly repose sur une ambiguïté de structure grammaticale. En combinatoire des mots, cela correspond exactement à l’existence de plusieurs factorisations concurrentes d’un même mot. Le calcul du nombre de paires de factorisations distinctes quantifie le degré d’ambiguïté syntaxique possible.

Définition mathématique

Soit w un mot sur un alphabet Σ. On dit que w est amphibole s’il admet au moins deux factorisations distinctes non triviales qui sont syntaxiquement concurrentes.

Formellement, il existe deux suites de facteurs (u1, …, uk) et (v1, …, vm) telles que :

w = u1u2 … uk = v1v2 … vm

avec (u1, …, uk) ≠ (v1, …, vm) et k, m ≥ 2.

Expression formelle computable

Le nombre de factorisations amphiboles d’un mot w peut être défini comme :

Amph(w) = |{(u, v) | w = uv = u′v′, (u, v) ≠ (u′, v′), |u|, |v| ≥ 1}|

Une valeur Amph(w) ≥ 1 indique la présence d’au moins une double lecture structurelle.

Amphibolie : coupures et segmentations

Amphibolie : coupures, paires de coupures et segmentations
1. Les coupures d’un mot

Soit w = w[1] ⋯ w[n] un mot. Une coupure binaire w = uv avec |u| ≥ 1 et |v| ≥ 1 est fixée par la position p = |u|, avec 1 ≤ p ≤ n − 1 : u = w[1..p] et v = w[p+1..n]. L’ensemble des coupures est

Fact(w) = { (u, v) : w = uv, |u| ≥ 1, |v| ≥ 1 }, |Fact(w)| = Σp=1n χ[1, n−1](p) = n − 1.

Chaque position p de 1 à n − 1 contribue 1, la position n contribue 0. Le nombre de coupures ne dépend que de la longueur du mot.

2. Trois formules et leurs valeurs

Trois expressions sont proposées pour Amph(w). On les calcule séparément.

(a) Le nombre de coupures

Ampha(w) = |Fact(w)| = n − 1.

(b) La double somme sur les paires de coupures

Amphb(w) = Σ(u,v) ∈ Fact(w) Σ(u′,v′) ∈ Fact(w) χ≠((u, v), (u′, v′)), χ≠(x, y) = 1 − e(x, y).

Deux coupures sont égales exactement quand leurs positions p et p′ sont égales ; l’indicatrice vaut donc 1 − e(p, p′). Le tableau des n − 1 coupures contre les n − 1 coupures contient (n − 1)2 cases, dont n − 1 sur la diagonale valent 0 :

Amphb(w) = (n − 1)2 − (n − 1) = (n − 1)(n − 2).

(c) L’indicatrice d’au moins deux coupures

Amphc(w) = χ[2,+∞)(n − 1) = χ[2,+∞)( Σi=1n−1 1 ) ∈ {0, 1}.

Exemple 1 : w = ABC (n = 3)

Les coupures :

pcoupure u | v|u|, |v|terme
1A | BC1, 21
2AB | C2, 11

Ampha(ABC) = 1 + 1 = 2.

Le tableau des paires de coupures, case par case :

p \ p′12somme de la ligne
11 − e(1, 1) = 01 − e(1, 2) = 11
21 − e(2, 1) = 11 − e(2, 2) = 01

Amphb(ABC) = 2 × 1 = 2, Amphc(ABC) = χ[2,+∞)(2) = 1.

Exemple 2 : w = BANANA (n = 6)

Les coupures :

pcoupure u | v|u|, |v|terme
1B | ANANA1, 51
2BA | NANA2, 41
3BAN | ANA3, 31
4BANA | NA4, 21
5BANAN | A5, 11

Ampha(BANANA) = 1 + 1 + 1 + 1 + 1 = 5.

Le tableau des paires de coupures, case par case :

p \ p′12345somme de la ligne
1011114
2101114
3110114
4111014
5111104

Amphb(BANANA) = 5 × 4 = 20, Amphc(BANANA) = χ[2,+∞)(5) = 1.

Exemple 3 : w = THEREDBOOK (n = 10)

Les coupures :

pcoupure u | v|u|, |v|terme
1T | HEREDBOOK1, 91
2TH | EREDBOOK2, 81
3THE | REDBOOK3, 71
4THER | EDBOOK4, 61
5THERE | DBOOK5, 51
6THERED | BOOK6, 41
7THEREDB | OOK7, 31
8THEREDBO | OK8, 21
9THEREDBOO | K9, 11

Ampha(THEREDBOOK) = 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 = 9.

Le tableau des paires de coupures, case par case :

p \ p′123456789somme de la ligne
10111111118
21011111118
31101111118
41110111118
51111011118
61111101118
71111110118
81111111018
91111111108

Amphb(THEREDBOOK) = 9 × 8 = 72, Amphc(THEREDBOOK) = χ[2,+∞)(9) = 1.

BANANA : la matrice des 5 × 5 paires de coupures, 1 − e(p, p′) dans chaque case ; 20 cases valent 1, les 5 cases de la diagonale valent 0.

N°wnvaleur donnée dans les exemples(a) n − 1(b) (n − 1)(n − 2)(c) χ[2,+∞)(n − 1)
1ABC32221
2BANANA655201
3THEREDBOOK1099721

Les valeurs données dans les exemples sont celles de (a). La double somme (b) ne coïncide avec (a) que pour n = 3, et l’indicatrice (c) ne prend que les valeurs 0 et 1. Surtout, les trois formules ne dépendent que de la longueur n : un mot de dix lettres sans aucune ambiguïté reçoit la même valeur que THEREDBOOK. Elles comptent des coupures, non des lectures concurrentes.

3. Une mesure de l’ambiguïté : les segmentations en mots d’un lexique

Une lecture concurrente est un autre découpage de la même chaîne en mots qui existent. Il faut donc un lexique D, liste finie de mots, et son indicatrice

χD(x) = Σj e(x, dj) = 1 si x est un mot de D, 0 sinon.

Version binaire : on ne garde que les coupures dont les deux parties sont des mots du lexique,

BinD(w) = Σp=1n−1 χD(w[1..p]) · χD(w[p+1..n]).

Version complète : le nombre N(j) de façons de découper le préfixe w[1..j] en mots de D se calcule de proche en proche, en regardant quel mot termine le découpage :

N(0) = 1, N(j) = Σi=0j−1 N(i) · χD( w[i+1..j] ), SegD(w) = N(n).

Chaque terme N(i) · χD(w[i+1..j]) vaut N(i) si le bloc w[i+1..j] est un mot, 0 sinon. L’amphibolie est présente quand il y a au moins deux segmentations :

AmphD(w) = χ[2,+∞)( SegD(w) )

GODISNOWHERE : la matrice des blocs w[i+1..j] (1 si le bloc est un mot du lexique), les valeurs N(j) du calcul, et les trois segmentations GOD IS NOWHERE, GOD IS NOW HERE, GOD IS NO WHERE.

Exemple 1 : w = ABC

D = {A, B, C, AB, BC}.

Coupures binaires :

pu | vχD(u)χD(v)produit
1A | BC111
2AB | C111

BinD(ABC) = 1 + 1 = 2.

Calcul de N(j) :

jpréfixe w[1..j]termes N(i) · χD(w[i+1..j])N(j)
1Ai = 0 : N(0) · χD(A) = 1 · 1 = 11
2ABi = 0 : N(0) · χD(AB) = 1 · 1 = 1
i = 1 : N(1) · χD(B) = 1 · 1 = 1
2
3ABCi = 0 : N(0) · χD(ABC) = 1 · 0 = 0
i = 1 : N(1) · χD(BC) = 1 · 1 = 1
i = 2 : N(2) · χD(C) = 2 · 1 = 2
3

SegD(ABC) = N(3) = 3, AmphD(ABC) = χ[2,+∞)(3) = 1.

Segmentations : A · B · C ; A · BC ; AB · C.

Exemple 2 : w = BANANA

D = {BAN, ANA, BANA, NA, BANANA}.

Coupures binaires :

pu | vχD(u)χD(v)produit
1B | ANANA000
2BA | NANA000
3BAN | ANA111
4BANA | NA111
5BANAN | A000

BinD(BANANA) = 0 + 0 + 1 + 1 + 0 = 2.

Calcul de N(j) :

jpréfixe w[1..j]termes N(i) · χD(w[i+1..j])N(j)
1Bi = 0 : N(0) · χD(B) = 1 · 0 = 00
2BAi = 0 : N(0) · χD(BA) = 1 · 0 = 0
i = 1 : N(1) · χD(A) = 0 · 0 = 0
0
3BANi = 0 : N(0) · χD(BAN) = 1 · 1 = 1
i = 1 : N(1) · χD(AN) = 0 · 0 = 0
i = 2 : N(2) · χD(N) = 0 · 0 = 0
1
4BANAi = 0 : N(0) · χD(BANA) = 1 · 1 = 1
i = 1 : N(1) · χD(ANA) = 0 · 1 = 0
i = 2 : N(2) · χD(NA) = 0 · 1 = 0
i = 3 : N(3) · χD(A) = 1 · 0 = 0
1
5BANANi = 0 : N(0) · χD(BANAN) = 1 · 0 = 0
i = 1 : N(1) · χD(ANAN) = 0 · 0 = 0
i = 2 : N(2) · χD(NAN) = 0 · 0 = 0
i = 3 : N(3) · χD(AN) = 1 · 0 = 0
i = 4 : N(4) · χD(N) = 1 · 0 = 0
0
6BANANAi = 0 : N(0) · χD(BANANA) = 1 · 1 = 1
i = 1 : N(1) · χD(ANANA) = 0 · 0 = 0
i = 2 : N(2) · χD(NANA) = 0 · 0 = 0
i = 3 : N(3) · χD(ANA) = 1 · 1 = 1
i = 4 : N(4) · χD(NA) = 1 · 1 = 1
i = 5 : N(5) · χD(A) = 0 · 0 = 0
3

SegD(BANANA) = N(6) = 3, AmphD(BANANA) = χ[2,+∞)(3) = 1.

Segmentations : BAN · ANA ; BANA · NA ; BANANA.

Exemple 3 : w = THEREDBOOK

D = {THE, THERE, RED, BOOK}.

Coupures binaires :

pu | vχD(u)χD(v)produit
1T | HEREDBOOK000
2TH | EREDBOOK000
3THE | REDBOOK100
4THER | EDBOOK000
5THERE | DBOOK100
6THERED | BOOK010
7THEREDB | OOK000
8THEREDBO | OK000
9THEREDBOO | K000

BinD(THEREDBOOK) = 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 0.

Calcul de N(j) ; pour chaque j sont écrits les blocs w[i+1..j] qui sont des mots, les autres valant 0 :

jpréfixe w[1..j]termes N(i) · χD(w[i+1..j])N(j)
1T(les 1 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
2TH(les 2 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
3THEi = 0 : N(0) · χD(THE) = 1 · 1 = 1
(les 2 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)
1
4THER(les 4 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
5THEREi = 0 : N(0) · χD(THERE) = 1 · 1 = 1
(les 4 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)
1
6THEREDi = 3 : N(3) · χD(RED) = 1 · 1 = 1
(les 5 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)
1
7THEREDB(les 7 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
8THEREDBO(les 8 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
9THEREDBOO(les 9 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
10THEREDBOOKi = 6 : N(6) · χD(BOOK) = 1 · 1 = 1
(les 9 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)
1

SegD(THEREDBOOK) = N(10) = 1, AmphD(THEREDBOOK) = χ[2,+∞)(1) = 0.

Segmentations : THE · RED · BOOK.

Exemple 4 : w = GODISNOWHERE

D = {GOD, IS, NO, NOW, HERE, WHERE, NOWHERE}.

Coupures binaires :

pu | vχD(u)χD(v)produit
1G | ODISNOWHERE000
2GO | DISNOWHERE000
3GOD | ISNOWHERE100
4GODI | SNOWHERE000
5GODIS | NOWHERE010
6GODISN | OWHERE000
7GODISNO | WHERE010
8GODISNOW | HERE010
9GODISNOWH | ERE000
10GODISNOWHE | RE000
11GODISNOWHER | E000

BinD(GODISNOWHERE) = 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 0.

Calcul de N(j) ; pour chaque j sont écrits les blocs w[i+1..j] qui sont des mots, les autres valant 0 :

jpréfixe w[1..j]termes N(i) · χD(w[i+1..j])N(j)
1G(les 1 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
2GO(les 2 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
3GODi = 0 : N(0) · χD(GOD) = 1 · 1 = 1
(les 2 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)
1
4GODI(les 4 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
5GODISi = 3 : N(3) · χD(IS) = 1 · 1 = 1
(les 4 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)
1
6GODISN(les 6 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
7GODISNOi = 5 : N(5) · χD(NO) = 1 · 1 = 1
(les 6 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)
1
8GODISNOWi = 5 : N(5) · χD(NOW) = 1 · 1 = 1
(les 7 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)
1
9GODISNOWH(les 9 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
10GODISNOWHE(les 10 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
11GODISNOWHER(les 11 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)0
12GODISNOWHEREi = 5 : N(5) · χD(NOWHERE) = 1 · 1 = 1
i = 7 : N(7) · χD(WHERE) = 1 · 1 = 1
i = 8 : N(8) · χD(HERE) = 1 · 1 = 1
(les 9 autres blocs ne sont pas des mots : terme 0)
3

SegD(GODISNOWHERE) = N(12) = 3, AmphD(GODISNOWHERE) = χ[2,+∞)(3) = 1.

Segmentations : GOD · IS · NO · WHERE ; GOD · IS · NOW · HERE ; GOD · IS · NOWHERE.

Exemple 5 : w = UNENORME

D = {UN, UNE, ENORME, NORME}.

Coupures binaires :

pu | vχD(u)χD(v)produit
1U | NENORME000
2UN | ENORME111
3UNE | NORME111
4UNEN | ORME000
5UNENO | RME000
6UNENOR | ME000
7UNENORM | E000

BinD(UNENORME) = 0 + 1 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 = 2.

Calcul de N(j) :

jpréfixe w[1..j]termes N(i) · χD(w[i+1..j])N(j)
1Ui = 0 : N(0) · χD(U) = 1 · 0 = 00
2UNi = 0 : N(0) · χD(UN) = 1 · 1 = 1
i = 1 : N(1) · χD(N) = 0 · 0 = 0
1
3UNEi = 0 : N(0) · χD(UNE) = 1 · 1 = 1
i = 1 : N(1) · χD(NE) = 0 · 0 = 0
i = 2 : N(2) · χD(E) = 1 · 0 = 0
1
4UNENi = 0 : N(0) · χD(UNEN) = 1 · 0 = 0
i = 1 : N(1) · χD(NEN) = 0 · 0 = 0
i = 2 : N(2) · χD(EN) = 1 · 0 = 0
i = 3 : N(3) · χD(N) = 1 · 0 = 0
0
5UNENOi = 0 : N(0) · χD(UNENO) = 1 · 0 = 0
i = 1 : N(1) · χD(NENO) = 0 · 0 = 0
i = 2 : N(2) · χD(ENO) = 1 · 0 = 0
i = 3 : N(3) · χD(NO) = 1 · 0 = 0
i = 4 : N(4) · χD(O) = 0 · 0 = 0
0
6UNENORi = 0 : N(0) · χD(UNENOR) = 1 · 0 = 0
i = 1 : N(1) · χD(NENOR) = 0 · 0 = 0
i = 2 : N(2) · χD(ENOR) = 1 · 0 = 0
i = 3 : N(3) · χD(NOR) = 1 · 0 = 0
i = 4 : N(4) · χD(OR) = 0 · 0 = 0
i = 5 : N(5) · χD(R) = 0 · 0 = 0
0
7UNENORMi = 0 : N(0) · χD(UNENORM) = 1 · 0 = 0
i = 1 : N(1) · χD(NENORM) = 0 · 0 = 0
i = 2 : N(2) · χD(ENORM) = 1 · 0 = 0
i = 3 : N(3) · χD(NORM) = 1 · 0 = 0
i = 4 : N(4) · χD(ORM) = 0 · 0 = 0
i = 5 : N(5) · χD(RM) = 0 · 0 = 0
i = 6 : N(6) · χD(M) = 0 · 0 = 0
0
8UNENORMEi = 0 : N(0) · χD(UNENORME) = 1 · 0 = 0
i = 1 : N(1) · χD(NENORME) = 0 · 0 = 0
i = 2 : N(2) · χD(ENORME) = 1 · 1 = 1
i = 3 : N(3) · χD(NORME) = 1 · 1 = 1
i = 4 : N(4) · χD(ORME) = 0 · 0 = 0
i = 5 : N(5) · χD(RME) = 0 · 0 = 0
i = 6 : N(6) · χD(ME) = 0 · 0 = 0
i = 7 : N(7) · χD(E) = 0 · 0 = 0
2

SegD(UNENORME) = N(8) = 2, AmphD(UNENORME) = χ[2,+∞)(2) = 1.

Segmentations : UN · ENORME ; UNE · NORME.

THEREDBOOK n’a qu’une lecture avec ce lexique, THE · RED · BOOK : la chaîne a neuf coupures, mais aucune autre ne produit des mots. GODISNOWHERE en a trois (« God is nowhere », « God is now here »), et UNENORME deux (« un énorme », « une norme ») : ce sont de vraies amphibolies.

Tableau récapitulatif

N°wncoupures n − 1BinD(w)SegD(w)AmphD(w)
1ABC32231
2BANANA65231
3THEREDBOOK109010
4GODISNOWHERE1211031
5UNENORME87221

Pour les cinq mots : nombre de coupures (ne dépend que de la longueur) et nombre de segmentations en mots du lexique (mesure de l’ambiguïté).

4. Interprétation

L’amphibolie est l’ambiguïté de construction : une même suite de signes admet plusieurs analyses. Une coupure quelconque n’est pas une analyse ; une analyse est un découpage en unités qui existent. La mesure SegD(w) compte ces découpages par une somme de produits d’indicatrices χD, et l’indicatrice AmphD(w) = χ[2,+∞)(SegD(w)) signale l’amphibolie dès que deux lectures coexistent. Avec D égal à l’ensemble de tous les mots non vides, χD vaut toujours 1 et BinD(w) redevient n − 1 : le nombre de coupures est le cas où tout bloc est accepté comme mot.

7. Amplification – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

L’amplification est l’ensemble des procédés qui permettent d’étendre, d’intensifier ou de magnifier un propos afin d’en accroître l’effet rhétorique.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Opérateur d’extension morphique (ou amplification morphism).

Justification du lien

L’amplification consiste à étendre un propos pour en renforcer l’effet. En combinatoire des mots, cela correspond à l’application d’un morphisme qui allonge les images des lettres, produisant un mot plus long qui conserve la structure sous-jacente tout en l’enrichissant. Le facteur d’extension quantifie directement l’intensité de l’amplification.

Définition mathématique

Soit w un mot sur un alphabet Σ. Une amplification de w est un morphisme non uniforme qui associe à chaque lettre de w un mot non vide, de longueur strictement supérieure à 1 pour au moins une lettre :

μ(w) = μ(a1)μ(a2) … μ(an)

avec |μ(ai)| ≥ 2 pour au moins un i.

Expression formelle computable

L’amplification peut être mesurée par le facteur d’extension :

Amp(w) = max{|μ(w)| / |w| | μ est un morphisme non effaçant avec |μ(a)| ≥ 1 ∀ a}

Ou, de manière plus restrictive, le nombre de lettres ajoutées :

Add(w) = |μ(w)| − |w|

Une valeur Amp(w) > 1 (ou, pour un morphisme μ donné, Ext(μ, w) = |μ(w)| / |w| > 1) indique une amplification effective.

Amplification : extension par un morphisme

Amplification : extension d’un mot par un morphisme
1. Le modèle

Le discours de départ est un mot w = a1 a2 ⋯ an sur un alphabet Σ ; ses lettres sont les unités du propos (des mots, des idées). L’amplification remplace chaque unité par un développement : c’est un morphisme non effaçant μ, qui associe à chaque lettre a un mot non vide μ(a), et qui s’étend au mot entier par concaténation :

μ(w) = μ(a1) μ(a2) ⋯ μ(an), |μ(a)| ≥ 1 pour toute lettre a.

Il y a amplification lorsqu’au moins une unité est développée : |μ(ai)| ≥ 2 pour au moins une position i.

2. Pourquoi la mesure doit porter sur un morphisme donné

La première formulation ci-dessus pose Amp(w) = max { |μ(w)| / |w| : μ non effaçant }. Ce maximum n’existe pas : pour le morphisme μk qui associe à chaque lettre a le mot ak (la lettre répétée k fois), |μk(w)| = k·n et le rapport vaut k, aussi grand que l’on veut. L’ensemble des rapports n’est pas borné. On mesure donc l’amplification produite par un morphisme μ fixé, celui que le texte réalise effectivement.

Le rapport |μk(w)| / |w| = k pour μk(a) = ak : la suite croît sans limite, il n’y a pas de maximum ; pour un μ donné, Ext(μ, w) est un nombre fini.

3. Le calcul de |μ(w)| avec des indicatrices

La longueur d’une concaténation est la somme des longueurs. Chaque position i apporte |μ(ai)| lettres :

|μ(w)| = Σi=1n |μ(ai)| = Σi=1n Σa ∈ Σ χ{a}(ai) · |μ(a)| = Σa ∈ Σ |w|a · |μ(a)|.

Dans la double somme, l’indicatrice χ{a}(ai) sélectionne, à la position i, la seule lettre a égale à ai ; en regroupant par lettres on obtient la dernière forme, où |w|a est le nombre d’occurrences de a dans w. La longueur amplifiée ne dépend que de ces nombres d’occurrences et des longueurs des images.

4. Les mesures

Add(μ, w) = |μ(w)| − |w| = Σi ( |μ(ai)| − 1 ) (lettres ajoutées), Ext(μ, w) = |μ(w)| / |w| = (1/n) · Σi |μ(ai)| (facteur d’extension).

Ext est la longueur moyenne des images, comptée sur les positions de w : elle est comprise entre la plus petite et la plus grande des longueurs |μ(ai)|. Chaque terme |μ(ai)| − 1 est positif ou nul, puisque μ n’efface rien.

L’indicatrice d’amplification

Amplif(μ, w) = χ(1,+∞)( Ext(μ, w) ) = χ[1,+∞)( Add(μ, w) )

Les deux écritures sont égales : Ext > 1 équivaut à |μ(w)| > |w|, c’est-à-dire Add > 0, et comme Add est un nombre entier, Add > 0 équivaut à Add ≥ 1. Une somme de termes positifs ou nuls est non nulle exactement quand l’un des termes l’est ; l’indicatrice traduit donc la définition « au moins une lettre développée » :

Amplif(μ, w) = 1 − ∏i=1n χ{1}( |μ(ai)| ),

le produit valant 1 seulement si toutes les images ont une seule lettre (règle du « ou » : non-amplification partout, puis complément).

Le noyau : amplifier n’est pas remplacer

Amplifier, c’est développer une unité en la conservant ; remplacer A par XY allonge aussi le discours, mais fait disparaître A. On le teste en comptant les occurrences de ai dans son image, |μ(ai)|ai = Σr e(μ(ai)[r], ai), et l’on pose

Ker(μ, w) = ∏i=1n χ[1,+∞)( |μ(ai)|ai ).

Si Ker = 1, chaque unité réapparaît dans son développement, et w se lit encore dans μ(w) comme sous-mot (en prenant une occurrence de ai dans chaque bloc μ(ai)). L’amplification au sens rhétorique est alors Amplif(μ, w) · Ker(μ, w).

L’uniformité

Un morphisme est uniforme si toutes les images ont la même longueur. On le teste par U(μ, w) = ∏i e(|μ(ai)|, |μ(a1)|). Un morphisme uniforme de longueur k ≥ 2 amplifie (Ext = k) ; la condition « non uniforme » n’est donc pas nécessaire à l’amplification : elle distingue un développement inégal, qui insiste sur certaines unités, d’un allongement régulier.

Exemple 3 : chaque lettre de ABCDE au-dessus de son image dans μ(w) = AAAABBBCCCDDEE ; la largeur de chaque bloc est |μ(ai)|, les lettres ajoutées sont en couleur, et la somme des longueurs donne 14.

Exemple 1 : amplification légère

Soit w = ABC (n = 3 lettres) et le morphisme μ(A) = AA, μ(B) = B, μ(C) = C. Le tableau donne, pour chaque position i, l’image de la lettre, sa longueur, et les indicatrices qui en découlent.

iaiμ(ai)|μ(ai)||μ(ai)| − 1χ[2,+∞)(|μ(ai)|)χ{1}(|μ(ai)|)|μ(ai)|ai = Σr e(μ(ai)[r], ai)noyau χ[1,+∞)(…)
1AAA211021
2BB100111
3CC100111

Les sommes et les produits des colonnes donnent toutes les mesures :

|μ(w)| = Σi |μ(ai)| = 2 + 1 + 1 = 4,
Add(μ, w) = Σi (|μ(ai)| − 1) = 1 + 0 + 0 = 1 = 4 − 3,
Ext(μ, w) = |μ(w)| / |w| = 4 / 3 = 1.333,
Amplif(μ, w) = χ[1,+∞)(1) = 1, contrôle : 1 − ∏i χ{1}(|μ(ai)|) = 1 − 0 · 1 · 1 = 1,
noyau : Ker(μ, w) = ∏i χ[1,+∞)(|μ(ai)|ai) = 1 · 1 · 1 = 1,
uniformité : U(μ, w) = ∏i e(|μ(ai)|, |μ(a1)|) = 0, min |μ(ai)| = 1 ≤ Ext ≤ max |μ(ai)| = 2.

Exemple 2 : développement rhétorique classique

Soit w = ABCD (n = 4 lettres) et le morphisme μ(A) = AAA, μ(B) = BB, μ(C) = CC, μ(D) = D. Le tableau donne, pour chaque position i, l’image de la lettre, sa longueur, et les indicatrices qui en découlent.

iaiμ(ai)|μ(ai)||μ(ai)| − 1χ[2,+∞)(|μ(ai)|)χ{1}(|μ(ai)|)|μ(ai)|ai = Σr e(μ(ai)[r], ai)noyau χ[1,+∞)(…)
1AAAA321031
2BBB211021
3CCC211021
4DD100111

Les sommes et les produits des colonnes donnent toutes les mesures :

|μ(w)| = Σi |μ(ai)| = 3 + 2 + 2 + 1 = 8,
Add(μ, w) = Σi (|μ(ai)| − 1) = 2 + 1 + 1 + 0 = 4 = 8 − 4,
Ext(μ, w) = |μ(w)| / |w| = 8 / 4 = 2,
Amplif(μ, w) = χ[1,+∞)(4) = 1, contrôle : 1 − ∏i χ{1}(|μ(ai)|) = 1 − 0 · 0 · 0 · 1 = 1,
noyau : Ker(μ, w) = ∏i χ[1,+∞)(|μ(ai)|ai) = 1 · 1 · 1 · 1 = 1,
uniformité : U(μ, w) = ∏i e(|μ(ai)|, |μ(a1)|) = 0, min |μ(ai)| = 1 ≤ Ext ≤ max |μ(ai)| = 3.

Exemple 3 : amplification forte

Soit w = ABCDE (n = 5 lettres) et le morphisme μ(A) = AAAA, μ(B) = BBB, μ(C) = CCC, μ(D) = DD, μ(E) = EE. Le tableau donne, pour chaque position i, l’image de la lettre, sa longueur, et les indicatrices qui en découlent.

iaiμ(ai)|μ(ai)||μ(ai)| − 1χ[2,+∞)(|μ(ai)|)χ{1}(|μ(ai)|)|μ(ai)|ai = Σr e(μ(ai)[r], ai)noyau χ[1,+∞)(…)
1AAAAA431041
2BBBB321031
3CCCC321031
4DDD211021
5EEE211021

Les sommes et les produits des colonnes donnent toutes les mesures :

|μ(w)| = Σi |μ(ai)| = 4 + 3 + 3 + 2 + 2 = 14,
Add(μ, w) = Σi (|μ(ai)| − 1) = 3 + 2 + 2 + 1 + 1 = 9 = 14 − 5,
Ext(μ, w) = |μ(w)| / |w| = 14 / 5 = 2.8,
Amplif(μ, w) = χ[1,+∞)(9) = 1, contrôle : 1 − ∏i χ{1}(|μ(ai)|) = 1 − 0 · 0 · 0 · 0 · 0 = 1,
noyau : Ker(μ, w) = ∏i χ[1,+∞)(|μ(ai)|ai) = 1 · 1 · 1 · 1 · 1 = 1,
uniformité : U(μ, w) = ∏i e(|μ(ai)|, |μ(a1)|) = 0, min |μ(ai)| = 2 ≤ Ext ≤ max |μ(ai)| = 4.

Exemple 4 : morphisme uniforme

Soit w = ABC (n = 3 lettres) et le morphisme μ(A) = AA, μ(B) = BB, μ(C) = CC. Le tableau donne, pour chaque position i, l’image de la lettre, sa longueur, et les indicatrices qui en découlent.

iaiμ(ai)|μ(ai)||μ(ai)| − 1χ[2,+∞)(|μ(ai)|)χ{1}(|μ(ai)|)|μ(ai)|ai = Σr e(μ(ai)[r], ai)noyau χ[1,+∞)(…)
1AAA211021
2BBB211021
3CCC211021

Les sommes et les produits des colonnes donnent toutes les mesures :

|μ(w)| = Σi |μ(ai)| = 2 + 2 + 2 = 6,
Add(μ, w) = Σi (|μ(ai)| − 1) = 1 + 1 + 1 = 3 = 6 − 3,
Ext(μ, w) = |μ(w)| / |w| = 6 / 3 = 2,
Amplif(μ, w) = χ[1,+∞)(3) = 1, contrôle : 1 − ∏i χ{1}(|μ(ai)|) = 1 − 0 · 0 · 0 = 1,
noyau : Ker(μ, w) = ∏i χ[1,+∞)(|μ(ai)|ai) = 1 · 1 · 1 = 1,
uniformité : U(μ, w) = ∏i e(|μ(ai)|, |μ(a1)|) = 1, min |μ(ai)| = 2 ≤ Ext ≤ max |μ(ai)| = 2.

Exemple 5 : identité : aucune amplification

Soit w = ABC (n = 3 lettres) et le morphisme μ(A) = A, μ(B) = B, μ(C) = C. Le tableau donne, pour chaque position i, l’image de la lettre, sa longueur, et les indicatrices qui en découlent.

iaiμ(ai)|μ(ai)||μ(ai)| − 1χ[2,+∞)(|μ(ai)|)χ{1}(|μ(ai)|)|μ(ai)|ai = Σr e(μ(ai)[r], ai)noyau χ[1,+∞)(…)
1AA100111
2BB100111
3CC100111

Les sommes et les produits des colonnes donnent toutes les mesures :

|μ(w)| = Σi |μ(ai)| = 1 + 1 + 1 = 3,
Add(μ, w) = Σi (|μ(ai)| − 1) = 0 + 0 + 0 = 0 = 3 − 3,
Ext(μ, w) = |μ(w)| / |w| = 3 / 3 = 1,
Amplif(μ, w) = χ[1,+∞)(0) = 0, contrôle : 1 − ∏i χ{1}(|μ(ai)|) = 1 − 1 · 1 · 1 = 0,
noyau : Ker(μ, w) = ∏i χ[1,+∞)(|μ(ai)|ai) = 1 · 1 · 1 = 1,
uniformité : U(μ, w) = ∏i e(|μ(ai)|, |μ(a1)|) = 1, min |μ(ai)| = 1 ≤ Ext ≤ max |μ(ai)| = 1.

Exemple 6 : substitution allongeante sans noyau

Soit w = ABC (n = 3 lettres) et le morphisme μ(A) = XY, μ(B) = B, μ(C) = C. Le tableau donne, pour chaque position i, l’image de la lettre, sa longueur, et les indicatrices qui en découlent.

iaiμ(ai)|μ(ai)||μ(ai)| − 1χ[2,+∞)(|μ(ai)|)χ{1}(|μ(ai)|)|μ(ai)|ai = Σr e(μ(ai)[r], ai)noyau χ[1,+∞)(…)
1AXY211000
2BB100111
3CC100111

Les sommes et les produits des colonnes donnent toutes les mesures :

|μ(w)| = Σi |μ(ai)| = 2 + 1 + 1 = 4,
Add(μ, w) = Σi (|μ(ai)| − 1) = 1 + 0 + 0 = 1 = 4 − 3,
Ext(μ, w) = |μ(w)| / |w| = 4 / 3 = 1.333,
Amplif(μ, w) = χ[1,+∞)(1) = 1, contrôle : 1 − ∏i χ{1}(|μ(ai)|) = 1 − 0 · 1 · 1 = 1,
noyau : Ker(μ, w) = ∏i χ[1,+∞)(|μ(ai)|ai) = 0 · 1 · 1 = 0,
uniformité : U(μ, w) = ∏i e(|μ(ai)|, |μ(a1)|) = 0, min |μ(ai)| = 1 ≤ Ext ≤ max |μ(ai)| = 2.

Exemple 7 : même μ, autre mot

Soit w = AAB (n = 3 lettres) et le morphisme μ(A) = AAAA, μ(B) = BBB. Le tableau donne, pour chaque position i, l’image de la lettre, sa longueur, et les indicatrices qui en découlent.

iaiμ(ai)|μ(ai)||μ(ai)| − 1χ[2,+∞)(|μ(ai)|)χ{1}(|μ(ai)|)|μ(ai)|ai = Σr e(μ(ai)[r], ai)noyau χ[1,+∞)(…)
1AAAAA431041
2AAAAA431041
3BBBB321031

Les sommes et les produits des colonnes donnent toutes les mesures :

|μ(w)| = Σi |μ(ai)| = 4 + 4 + 3 = 11,
Add(μ, w) = Σi (|μ(ai)| − 1) = 3 + 3 + 2 = 8 = 11 − 3,
Ext(μ, w) = |μ(w)| / |w| = 11 / 3 = 3.667,
Amplif(μ, w) = χ[1,+∞)(8) = 1, contrôle : 1 − ∏i χ{1}(|μ(ai)|) = 1 − 0 · 0 · 0 = 1,
noyau : Ker(μ, w) = ∏i χ[1,+∞)(|μ(ai)|ai) = 1 · 1 · 1 = 1,
uniformité : U(μ, w) = ∏i e(|μ(ai)|, |μ(a1)|) = 0, min |μ(ai)| = 3 ≤ Ext ≤ max |μ(ai)| = 4.

Remarques sur les exemples 4 à 7

Exemple 4 : Toutes les images ont la longueur 2 : U = 1, et pourtant Ext = 2 et Amplif = 1. Un morphisme uniforme amplifie.

Exemple 5 : Aucune image n’est allongée : Add = 0, Ext = 1, Amplif = 0.

Exemple 6 : Le discours est allongé (Add = 1), mais A disparaît : Ker = 0. Ce n’est pas une amplification de A, c’est son remplacement par une périphrase.

Exemple 7 : Le morphisme est celui de l’exemple 3, appliqué à AAB : Ext = (4 + 4 + 3)/3 = 11/3 ≈ 3.67 au lieu de 2.8. Ext dépend du mot autant que du morphisme, à travers les nombres d’occurrences |w|a.

Exemple 8 : amplification d’un énoncé (mots)

Soit w = Rome brûle (n = 2 mots) et le morphisme μ(Rome) = Rome la ville éternelle, μ(brûle) = brûle nuit et jour. Le tableau donne, pour chaque position i, l’image de la lettre, sa longueur, et les indicatrices qui en découlent.

iaiμ(ai)|μ(ai)||μ(ai)| − 1χ[2,+∞)(|μ(ai)|)χ{1}(|μ(ai)|)|μ(ai)|ai = Σr e(μ(ai)[r], ai)noyau χ[1,+∞)(…)
1RomeRome la ville éternelle431011
2brûlebrûle nuit et jour431011

Les sommes et les produits des colonnes donnent toutes les mesures :

|μ(w)| = Σi |μ(ai)| = 4 + 4 = 8,
Add(μ, w) = Σi (|μ(ai)| − 1) = 3 + 3 = 6 = 8 − 2,
Ext(μ, w) = |μ(w)| / |w| = 8 / 2 = 4,
Amplif(μ, w) = χ[1,+∞)(6) = 1, contrôle : 1 − ∏i χ{1}(|μ(ai)|) = 1 − 0 · 0 = 1,
noyau : Ker(μ, w) = ∏i χ[1,+∞)(|μ(ai)|ai) = 1 · 1 = 1,
uniformité : U(μ, w) = ∏i e(|μ(ai)|, |μ(a1)|) = 1, min |μ(ai)| = 4 ≤ Ext ≤ max |μ(ai)| = 4.

Ici les lettres sont des mots du discours : « Rome brûle » devient « Rome la ville éternelle brûle nuit et jour ». Chaque unité est conservée en tête de son développement (Ker = 1), et le propos est quatre fois plus long (Ext = 4) : c’est l’amplificatio de la rhétorique classique, qui développe sans remplacer.

Tableau récapitulatif
N°caswμ(w)|w||μ(w)|AddExtAmplifKerU
1amplification légèreABCAABC3411.333110
2développement rhétorique classiqueABCDAAABBCCD4842110
3amplification forteABCDEAAAABBBCCCDDEE51492.8110
4morphisme uniformeABCAABBCC3632111
5identité : aucune amplificationABCABC3301011
6substitution allongeante sans noyauABCXYBC3411.333100
7même μ, autre motAABAAAAAAAABBB31183.667110
8amplification d’un énoncé (mots)Rome brûleRome la ville éternelle brûle nuit et jour2864111

Pour les huit exemples : Ext(μ, w) avec l’intervalle [min |μ(ai)|, max |μ(ai)|] qui le contient, la ligne Ext = 1, et les indicatrices Amplif et Ker.

5. Formule finale

Ampl(μ, w) = χ[1,+∞)( Σi=1n (|μ(ai)| − 1) ) · ∏i=1n χ[1,+∞)( Σr e(μ(ai)[r], ai) ), avec la force Ext(μ, w) = (1/n) Σi |μ(ai)|.

Le premier facteur détecte qu’au moins une unité est développée, le second que toutes les unités sont conservées dans leur développement ; Ext mesure de combien, en moyenne, chaque unité a été allongée. Toutes les quantités se lisent dans la colonne des longueurs et dans la colonne des noyaux des tableaux.

8. Anacoenosis – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

L’anacoenosis est une figure de rhétorique dans laquelle l’orateur adresse une question à son auditoire pour solliciter leur opinion ou leur jugement sur le point en débat.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Opérateur de consultation morphique (ou anacoenosis morphism).

Définition mathématique

Soit w un mot sur un alphabet Σ. Une anacoenosis est une opération qui associe à w un ensemble de « réponses possibles » sous la forme de morphismes ou de factorisations concurrentes.

Formellement :

M(w) = {μ | ∃ u t.q. |u| ≥ 1, u ∈ Fact(w) ∩ Fact(μ(w))}

Expression formelle computable

Pour un mot w, le degré d’anacoenosis peut être mesuré par le nombre de morphismes non triviaux qui partagent au moins un facteur de longueur ≥ 2 avec w :

Anac(w) = |{μ | Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(μ(w)) ≠ ∅}|

Une valeur Anac(w) ≥ 1 indique la possibilité d’une consultation structurelle.

Anacœnose : consultation et reformulations

Anacœnose : consultation de l’auditoire et reformulations par morphisme
1. La figure et la formule proposée

L’anacœnose (du grec anakoinôsis, « communication, mise en commun ») est la figure par laquelle l’orateur consulte son auditoire ou son adversaire et lui demande de juger avec lui : « Qu’auriez-vous fait à ma place ? ». La formule proposée la modélise par des reformulations : un mot w est confronté à ses images μ(w) par des morphismes μ, et l’on regarde si la structure de w survit à la reformulation, c’est-à-dire si w et μ(w) ont un facteur commun de longueur au moins 2.

Pour que le calcul soit fini, on fixe un ensemble de morphismes candidats M = {μ1, …, μN}, et l’on pose

Ii(w) = χ[1,+∞)( Σu ∈ Fact≥2(w) χFact≥2(μi(w))(u) ), Anac(w) = Σi=1N Ii(w) ∈ {0, 1, …, N}.

2. Le calcul de l’appartenance d’un facteur

Pour décider si un facteur u de w est aussi un facteur de v = μi(w), on compte ses occurrences dans v en comparant u à chaque fenêtre de v de même longueur, lettre à lettre, avec l’indicatrice d’égalité e(x, y) = 1 si x = y, 0 sinon :

m(u) = Σj=1|v|−|u|+1 ∏r=1|u| e( v[j+r−1], u[r] ), χFact≥2(v)(u) = χ[1,+∞)( m(u) ).

Le produit vaut 1 seulement si la fenêtre est égale à u ; la somme compte les fenêtres égales ; l’indicatrice dit si u apparaît au moins une fois. La somme de ces indicatrices sur Fact≥2(w) est le cardinal de l’intersection |Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(μi(w))|, et Ii dit si elle est non vide.

3. Une mesure graduée

Ii ne distingue pas un facteur commun de tous les facteurs communs. La part des facteurs de w conservés par μi le fait :

σi(w) = |Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(μi(w))| / |Fact≥2(w)| ∈ [0, 1], Anacσ(w) = Σi σi(w).

[Figure à insérer ici : anac-appartenance-abab.png — w = abab et les images par μ1, μ2, μ3 : pour chaque facteur u de abab (en ligne) et chaque morphisme (en colonne), le nombre m(u) d’occurrences dans μi(w) et l’indicatrice ; I1 = 1, I2 = 1, I3 = 0.]

Exemple 1 : w = abab

Facteurs de longueur au moins 2 de w, rangés par longueur (chaque facteur distinct une fois) :

Fact≥2(abab) = {ab, ba, aba, bab, abab}, |Fact≥2(abab)| = 5.

Morphisme μ1 : μ1(a) = a, μ1(b) = b

μ1(abab) = a · b · a · b = abab.

u ∈ Fact≥2(w)fenêtres de abab de longueur |u|, comparées à u lettre à lettrem(u)χFact≥2(abab)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
abab : e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 = 1
ba : e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 = 0
ab : e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 = 1
211
baab : e(a,b) · e(b,a) = 0 · 0 = 0
ba : e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
ab : e(a,b) · e(b,a) = 0 · 0 = 0
112
abaaba : e(a,a) · e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
bab : e(b,a) · e(a,b) · e(b,a) = 0 · 0 · 0 = 0
113
bababa : e(a,b) · e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 · 0 = 0
bab : e(b,b) · e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 · 1 = 1
114
abababab : e(a,a) · e(b,b) · e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 · 1 · 1 = 1115

|Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(abab)| = 1 + 1 + 1 + 1 + 1 = 5, I = χ[1,+∞)(5) = 1, σ = 5/5 = 1.

Morphisme μ2 : μ2(a) = b, μ2(b) = a

μ2(abab) = b · a · b · a = baba.

u ∈ Fact≥2(w)fenêtres de baba de longueur |u|, comparées à u lettre à lettrem(u)χFact≥2(baba)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
abba : e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 = 0
ab : e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 = 1
ba : e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 = 0
111
baba : e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
ab : e(a,b) · e(b,a) = 0 · 0 = 0
ba : e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
212
ababab : e(b,a) · e(a,b) · e(b,a) = 0 · 0 · 0 = 0
aba : e(a,a) · e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
113
babbab : e(b,b) · e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 · 1 = 1
aba : e(a,b) · e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 · 0 = 0
114
ababbaba : e(b,a) · e(a,b) · e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 · 0 · 0 = 0004

|Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(baba)| = 1 + 1 + 1 + 1 + 0 = 4, I = χ[1,+∞)(4) = 1, σ = 4/5 = 0.8.

Morphisme μ3 : μ3(a) = c, μ3(b) = d

μ3(abab) = c · d · c · d = cdcd.

u ∈ Fact≥2(w)fenêtres de cdcd de longueur |u|, comparées à u lettre à lettrem(u)χFact≥2(cdcd)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
abcd : e(c,a) · e(d,b) = 0 · 0 = 0
dc : e(d,a) · e(c,b) = 0 · 0 = 0
cd : e(c,a) · e(d,b) = 0 · 0 = 0
000
bacd : e(c,b) · e(d,a) = 0 · 0 = 0
dc : e(d,b) · e(c,a) = 0 · 0 = 0
cd : e(c,b) · e(d,a) = 0 · 0 = 0
000
abacdc : e(c,a) · e(d,b) · e(c,a) = 0 · 0 · 0 = 0
dcd : e(d,a) · e(c,b) · e(d,a) = 0 · 0 · 0 = 0
000
babcdc : e(c,b) · e(d,a) · e(c,b) = 0 · 0 · 0 = 0
dcd : e(d,b) · e(c,a) · e(d,b) = 0 · 0 · 0 = 0
000
ababcdcd : e(c,a) · e(d,b) · e(c,a) · e(d,b) = 0 · 0 · 0 · 0 = 0000

|Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(cdcd)| = 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 0, I = χ[1,+∞)(0) = 0, σ = 0/5 = 0.

Anac(abab) = 1 + 1 + 0 = 2, Anacσ(abab) = 1 + 0.8 + 0 = 1.8.

Exemple 2 : w = aaaa

Facteurs de longueur au moins 2 de w, rangés par longueur (chaque facteur distinct une fois) :

Fact≥2(aaaa) = {aa, aaa, aaaa}, |Fact≥2(aaaa)| = 3.

Morphisme μ1 : μ1(a) = a

μ1(aaaa) = a · a · a · a = aaaa.

u ∈ Fact≥2(w)fenêtres de aaaa de longueur |u|, comparées à u lettre à lettrem(u)χFact≥2(aaaa)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
aaaa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
aa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
aa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
311
aaaaaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
aaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
212
aaaaaaaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 · 1 = 1113

|Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(aaaa)| = 1 + 1 + 1 = 3, I = χ[1,+∞)(3) = 1, σ = 3/3 = 1.

Morphisme μ2 : μ2(a) = aa

μ2(aaaa) = aa · aa · aa · aa = aaaaaaaa.

u ∈ Fact≥2(w)fenêtres de aaaaaaaa de longueur |u|, comparées à u lettre à lettrem(u)χFact≥2(aaaaaaaa)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
aaaa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
aa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
aa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
aa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
aa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
aa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
aa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
711
aaaaaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
aaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
aaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
aaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
aaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
aaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
612
aaaaaaaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 · 1 = 1
aaaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 · 1 = 1
aaaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 · 1 = 1
aaaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 · 1 = 1
aaaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 · 1 = 1
513

|Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(aaaaaaaa)| = 1 + 1 + 1 = 3, I = χ[1,+∞)(3) = 1, σ = 3/3 = 1.

Morphisme μ3 : μ3(a) = b

μ3(aaaa) = b · b · b · b = bbbb.

u ∈ Fact≥2(w)fenêtres de bbbb de longueur |u|, comparées à u lettre à lettrem(u)χFact≥2(bbbb)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
aabb : e(b,a) · e(b,a) = 0 · 0 = 0
bb : e(b,a) · e(b,a) = 0 · 0 = 0
bb : e(b,a) · e(b,a) = 0 · 0 = 0
000
aaabbb : e(b,a) · e(b,a) · e(b,a) = 0 · 0 · 0 = 0
bbb : e(b,a) · e(b,a) · e(b,a) = 0 · 0 · 0 = 0
000
aaaabbbb : e(b,a) · e(b,a) · e(b,a) · e(b,a) = 0 · 0 · 0 · 0 = 0000

|Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(bbbb)| = 0 + 0 + 0 = 0, I = χ[1,+∞)(0) = 0, σ = 0/3 = 0.

Anac(aaaa) = 1 + 1 + 0 = 2, Anacσ(aaaa) = 1 + 1 + 0 = 2.

Exemple 3 : w = abc

Facteurs de longueur au moins 2 de w, rangés par longueur (chaque facteur distinct une fois) :

Fact≥2(abc) = {ab, bc, abc}, |Fact≥2(abc)| = 3.

Morphisme μ1 : μ1(a) = a, μ1(b) = b, μ1(c) = c

μ1(abc) = a · b · c = abc.

u ∈ Fact≥2(w)fenêtres de abc de longueur |u|, comparées à u lettre à lettrem(u)χFact≥2(abc)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
abab : e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 = 1
bc : e(b,a) · e(c,b) = 0 · 0 = 0
111
bcab : e(a,b) · e(b,c) = 0 · 0 = 0
bc : e(b,b) · e(c,c) = 1 · 1 = 1
112
abcabc : e(a,a) · e(b,b) · e(c,c) = 1 · 1 · 1 = 1113

|Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(abc)| = 1 + 1 + 1 = 3, I = χ[1,+∞)(3) = 1, σ = 3/3 = 1.

Morphisme μ2 : μ2(a) = x, μ2(b) = y, μ2(c) = z

μ2(abc) = x · y · z = xyz.

u ∈ Fact≥2(w)fenêtres de xyz de longueur |u|, comparées à u lettre à lettrem(u)χFact≥2(xyz)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
abxy : e(x,a) · e(y,b) = 0 · 0 = 0
yz : e(y,a) · e(z,b) = 0 · 0 = 0
000
bcxy : e(x,b) · e(y,c) = 0 · 0 = 0
yz : e(y,b) · e(z,c) = 0 · 0 = 0
000
abcxyz : e(x,a) · e(y,b) · e(z,c) = 0 · 0 · 0 = 0000

|Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(xyz)| = 0 + 0 + 0 = 0, I = χ[1,+∞)(0) = 0, σ = 0/3 = 0.

Morphisme μ3 : μ3(a) = a, μ3(b) = x, μ3(c) = c

μ3(abc) = a · x · c = axc.

u ∈ Fact≥2(w)fenêtres de axc de longueur |u|, comparées à u lettre à lettrem(u)χFact≥2(axc)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
abax : e(a,a) · e(x,b) = 1 · 0 = 0
xc : e(x,a) · e(c,b) = 0 · 0 = 0
000
bcax : e(a,b) · e(x,c) = 0 · 0 = 0
xc : e(x,b) · e(c,c) = 0 · 1 = 0
000
abcaxc : e(a,a) · e(x,b) · e(c,c) = 1 · 0 · 1 = 0000

|Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(axc)| = 0 + 0 + 0 = 0, I = χ[1,+∞)(0) = 0, σ = 0/3 = 0.

Anac(abc) = 1 + 0 + 0 = 1, Anacσ(abc) = 1 + 0 + 0 = 1.

Les trois valeurs Anac = 2, 2 et 1 sont exactes. Dans l’exemple 1, μ2 échange a et b : baba conserve 4 des 5 facteurs de abab (σ = 0.8), seul abab lui-même disparaît. Dans l’exemple 2, μ2 double chaque a : aaaaaaaa contient tous les facteurs de aaaa (σ = 1), mais aussi des facteurs plus longs.

4. Ce que l’indicatrice finale peut et ne peut pas dire

Le verdict proposé est χ[1,+∞)(Anac(w)) = 1. Or, dans les trois exemples, μ1 est l’identité : μ1(w) = w, et w partage avec lui-même tous ses facteurs. Pour tout mot de longueur au moins 2,

μ1 = id ⟹ I1(w) = 1 ⟹ Anac(w) ≥ 1 ⟹ χ[1,+∞)(Anac(w)) = 1.

Le verdict ne dépend alors plus du mot. Plus généralement, Anac(w) dépend autant du choix de M que de w : on peut lui faire prendre toute valeur entre 0 et N en choisissant les morphismes. Pour que la mesure renseigne sur w, l’identité doit être exclue de M, et le résultat doit être rapporté au nombre de morphismes, Anac(w)/N. L’exemple suivant reprend abab avec M = {μ4, μ2, μ3}, où μ4(b) = ab développe b au lieu de le conserver.

Exemple 4 : w = abab (sans l’identité)

Facteurs de longueur au moins 2 de w, rangés par longueur (chaque facteur distinct une fois) :

Fact≥2(abab) = {ab, ba, aba, bab, abab}, |Fact≥2(abab)| = 5.

Morphisme μ4 : μ4(a) = a, μ4(b) = ab

μ4(abab) = a · ab · a · ab = aabaab.

u ∈ Fact≥2(w)fenêtres de aabaab de longueur |u|, comparées à u lettre à lettrem(u)χFact≥2(aabaab)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
abaa : e(a,a) · e(a,b) = 1 · 0 = 0
ab : e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 = 1
ba : e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 = 0
aa : e(a,a) · e(a,b) = 1 · 0 = 0
ab : e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 = 1
211
baaa : e(a,b) · e(a,a) = 0 · 1 = 0
ab : e(a,b) · e(b,a) = 0 · 0 = 0
ba : e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
aa : e(a,b) · e(a,a) = 0 · 1 = 0
ab : e(a,b) · e(b,a) = 0 · 0 = 0
112
abaaab : e(a,a) · e(a,b) · e(b,a) = 1 · 0 · 0 = 0
aba : e(a,a) · e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
baa : e(b,a) · e(a,b) · e(a,a) = 0 · 0 · 1 = 0
aab : e(a,a) · e(a,b) · e(b,a) = 1 · 0 · 0 = 0
113
babaab : e(a,b) · e(a,a) · e(b,b) = 0 · 1 · 1 = 0
aba : e(a,b) · e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 · 0 = 0
baa : e(b,b) · e(a,a) · e(a,b) = 1 · 1 · 0 = 0
aab : e(a,b) · e(a,a) · e(b,b) = 0 · 1 · 1 = 0
003
ababaaba : e(a,a) · e(a,b) · e(b,a) · e(a,b) = 1 · 0 · 0 · 0 = 0
abaa : e(a,a) · e(b,b) · e(a,a) · e(a,b) = 1 · 1 · 1 · 0 = 0
baab : e(b,a) · e(a,b) · e(a,a) · e(b,b) = 0 · 0 · 1 · 1 = 0
003

|Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(aabaab)| = 1 + 1 + 1 + 0 + 0 = 3, I = χ[1,+∞)(3) = 1, σ = 3/5 = 0.6.

Morphisme μ2 : μ2(a) = b, μ2(b) = a

μ2(abab) = b · a · b · a = baba.

u ∈ Fact≥2(w)fenêtres de baba de longueur |u|, comparées à u lettre à lettrem(u)χFact≥2(baba)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
abba : e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 = 0
ab : e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 = 1
ba : e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 = 0
111
baba : e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
ab : e(a,b) · e(b,a) = 0 · 0 = 0
ba : e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
212
ababab : e(b,a) · e(a,b) · e(b,a) = 0 · 0 · 0 = 0
aba : e(a,a) · e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
113
babbab : e(b,b) · e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 · 1 = 1
aba : e(a,b) · e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 · 0 = 0
114
ababbaba : e(b,a) · e(a,b) · e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 · 0 · 0 = 0004

|Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(baba)| = 1 + 1 + 1 + 1 + 0 = 4, I = χ[1,+∞)(4) = 1, σ = 4/5 = 0.8.

Morphisme μ3 : μ3(a) = c, μ3(b) = d

μ3(abab) = c · d · c · d = cdcd.

u ∈ Fact≥2(w)fenêtres de cdcd de longueur |u|, comparées à u lettre à lettrem(u)χFact≥2(cdcd)(u) = χ[1,+∞)(m(u))somme partielle
abcd : e(c,a) · e(d,b) = 0 · 0 = 0
dc : e(d,a) · e(c,b) = 0 · 0 = 0
cd : e(c,a) · e(d,b) = 0 · 0 = 0
000
bacd : e(c,b) · e(d,a) = 0 · 0 = 0
dc : e(d,b) · e(c,a) = 0 · 0 = 0
cd : e(c,b) · e(d,a) = 0 · 0 = 0
000
abacdc : e(c,a) · e(d,b) · e(c,a) = 0 · 0 · 0 = 0
dcd : e(d,a) · e(c,b) · e(d,a) = 0 · 0 · 0 = 0
000
babcdc : e(c,b) · e(d,a) · e(c,b) = 0 · 0 · 0 = 0
dcd : e(d,b) · e(c,a) · e(d,b) = 0 · 0 · 0 = 0
000
ababcdcd : e(c,a) · e(d,b) · e(c,a) · e(d,b) = 0 · 0 · 0 · 0 = 0000

|Fact≥2(w) ∩ Fact≥2(cdcd)| = 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 0, I = χ[1,+∞)(0) = 0, σ = 0/5 = 0.

Anac(abab) = 1 + 1 + 0 = 2, Anacσ(abab) = 0.6 + 0.8 + 0 = 1.4.

Sans l’identité, la mesure distingue les reformulations : μ4 conserve 3 des 5 facteurs (σ = 0.6), μ2 en conserve 4, μ3 aucun. Anacσ = 1.4 sur 3 morphismes dit qu’en moyenne un peu moins de la moitié de la structure de abab survit aux reformulations.

[Figure à insérer ici : anac-parts-conservees.png — Pour les quatre exemples, la part σi des facteurs de w conservés par chaque morphisme ; la barre de l’identité vaut toujours 1.]

5. Formule rhétorique : la consultation dans le texte

Les formules précédentes mesurent la persistance d’une structure sous reformulation ; elles ne repèrent pas le geste de consulter. Celui-ci se lit dans le texte : une question (point d’interrogation) adressée à l’auditoire (marque de deuxième personne), souvent avec une invitation à juger. Sur une phrase u découpée en tokens t1 ⋯ tm, on pose

q(u) = e(dernier signe de u, « ? »), P2(u) = Σj χDeux(tj), J(u) = Σj χJuge(tj), où Deux = {vous, tu, te, toi, votre, vos, ton, ta, tes} et Juge = {jugez, dites, répondez, demande, place, auriez, feriez} sont des listes fermées. La consultation est AnacR(u) = q(u) · χ[1,+∞)( P2(u) ), intensité J(u).

Une question sans adresse à l’auditoire est une question rhétorique ; une adresse sans question est une apostrophe : ni l’une ni l’autre n’est une consultation.

N°phraseq(u)P2(u) = Σ χDeux(tj), token par tokenχ[1,+∞)(P2)J(u)AnacR(u)
1Je vous le demande, juges : qu’auriez-vous fait à ma place ?e(?, ?) = 10 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 = 2χ(… ≥ 1) = 10 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 + 1 = 31 × 1 = 1
2Qu’aurait-il fait à ma place ?e(?, ?) = 10 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 0χ(… ≥ 1) = 00 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 1 = 11 × 0 = 0
3Vous avez fait votre devoir.e(., ?) = 01 + 0 + 0 + 1 + 0 = 2χ(… ≥ 1) = 10 + 0 + 0 + 0 + 0 = 00 × 1 = 0
4Que feriez-vous, vous qui m’écoutez ?e(?, ?) = 10 + 0 + 1 + 1 + 0 + 0 + 0 = 2χ(… ≥ 1) = 10 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 11 × 1 = 1

La phrase 1 est une anacœnose (question, deuxième personne, invitation à juger) ; la phrase 2 une question rhétorique sans destinataire ; la phrase 3 une apostrophe sans question ; la phrase 4 une anacœnose sans verbe de jugement, que la liste Juge reconnaît par « feriez ».

Tableau récapitulatif
N°wMAnac(w)Anacσ(w)χ[1,+∞)(Anac)
1ababμ1, μ2, μ321.81
2aaaaμ1, μ2, μ3221
3abcμ1, μ2, μ3111
4ababμ4, μ2, μ321.41

La formule par morphismes est calculable une fois M fixé, et chaque appartenance s’y lit comme un produit de comparaisons de lettres. Elle mesure la persistance d’une structure sous reformulation, à condition d’exclure l’identité et de rapporter le résultat au nombre de morphismes. Le geste propre de l’anacœnose, consulter l’auditoire, se mesure directement dans le texte par AnacR, produit de l’indicatrice de question et de l’indicatrice d’adresse.

9. Anadiplosis – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

L’anadiplosis (du grec anadiplosis, « redoublement ») est la répétition du dernier mot (ou de la dernière expression) d’une proposition au début de la proposition suivante.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Mot à bordure enchaînée (ou anadiplosis border).

Définition mathématique

Soit w un mot sur un alphabet Σ. On dit que w présente une anadiplosis de longueur k s’il existe un facteur u de longueur k qui est à la fois un suffixe propre d’un facteur x et un préfixe propre d’un facteur y consécutif. Formellement, il existe une factorisation w = xyz telle que :

u = Suffk(x) = Prefk(y) avec |u| = k ≥ 1

et x et y non vides.

Expression formelle computable

Pour un mot w, le nombre de positions d’anadiplosis peut être défini comme :

Anad(w) = |{i | ∃ k ≥ 1, w[i − k + 1 … i] = w[i + 1 … i + k]}|

Une valeur Anad(w) ≥ 1 indique la présence d’au moins un enchaînement anadiplotique.

Anadiplose : répétition aux frontières

Anadiplose : répétition à la frontière de deux segments
1. La figure et la première formule

L’anadiplose reprend au début d’un segment ce qui terminait le segment précédent : « … la patience, la patience … ». Sur un mot w = w[1] ⋯ w[n], une frontière est une position i (1 ≤ i ≤ n − 1) entre w[i] et w[i+1] ; il y a répétition de longueur k à la frontière i si le bloc de k lettres qui finit en i est égal au bloc de k lettres qui commence en i + 1 :

w[i−k+1..i] = w[i+1..i+k].

La première formulation comptait les frontières où une telle répétition existe, Anad(w) = |{ i : ∃ k ≥ 1, w[i−k+1..i] = w[i+1..i+k] }|, sans borner k ni vérifier que les indices restent dans le mot. Les deux blocs doivent tenir dans w : i − k + 1 ≥ 1 et i + k ≤ n, c’est-à-dire 1 ≤ k ≤ min(i, n − i).

2. L’égalité de deux blocs, écrite en indicatrices

Deux blocs de même longueur k sont égaux exactement quand leurs lettres sont égales une à une ; le « et » des k égalités est un produit :

S(i, k) = χ{ w[i−k+1..i] }( w[i+1..i+k] ) = ∏r=1k e( w[i−k+r], w[i+r] ), e(x, y) = 1 si x = y, 0 sinon.

La r-ième lettre du bloc gauche est w[i−k+r], celle du bloc droit w[i+r]. S(i, k) vaut 1 si les deux blocs coïncident, 0 dès qu’une seule lettre diffère.

3. Les deux mesures

m(i) = Σk=1min(i, n−i) S(i, k), Anad(w) = Σi=1n−1 χ[1,+∞)( m(i) ),

kmax(i) = max1 ≤ k ≤ min(i, n−i) k · S(i, k), AnadLen(w) = Σi=1n−1 kmax(i).

Anad compte les frontières où au moins une répétition existe ; AnadLen additionne, frontière par frontière, la plus grande longueur répétée. Écrire le maximum sur les produits k · S(i, k) règle le cas d’une frontière sans répétition : tous les produits valent 0 et kmax(i) = 0, alors que « max { k : … } » porterait sur un ensemble vide et ne serait pas défini.

[Figure à insérer ici : anad-grille-ababa.png — ABABA : pour chaque frontière i et chaque longueur k admissible, les deux blocs comparés lettre à lettre (vert si égales, rouge sinon) et la valeur S(i, k) ; les frontières 2 et 3 portent chacune une répétition de longueur 2.]

Exemple 1 : w = ABABA

n = 5 ; les frontières sont i = 1, …, 4, et pour chacune k va de 1 à min(i, n − i). Toutes les comparaisons sont écrites :

ifrontièrekbloc gauche w[i−k+1..i]bloc droit w[i+1..i+k]comparaisons lettre à lettreS(i, k)
1A | BABA1ABe(A, B) = 00
2AB | ABA1BAe(B, A) = 00
2AB | ABA2ABABe(A, A) · e(B, B) = 1 · 11
3ABA | BA1ABe(A, B) = 00
3ABA | BA2BABAe(B, B) · e(A, A) = 1 · 11
4ABAB | A1BAe(B, A) = 00

Par frontière :

im(i) = Σk S(i, k)χ[1,+∞)(m(i))kmax(i) = maxk k · S(i, k)
1000
2112
3112
4000

Anad(ABABA) = 0 + 1 + 1 + 0 = 2, AnadLen(ABABA) = 0 + 2 + 2 + 0 = 4.

À la frontière AB | ABA (i = 2), la comparaison de longueur 1 oppose w[2] = B à w[3] = A : elles diffèrent, S(2, 1) = 0. La comparaison de longueur 2 oppose AB à AB : S(2, 2) = 1. La frontière ABA | BA (i = 3) porte de même BA | BA. ABABA a donc deux frontières à répétition, chacune de longueur 2 : Anad = 2 et AnadLen = 4.

Exemple 2 : w = ABCBCX

n = 6 ; les frontières sont i = 1, …, 5, et pour chacune k va de 1 à min(i, n − i). Toutes les comparaisons sont écrites :

ifrontièrekbloc gauche w[i−k+1..i]bloc droit w[i+1..i+k]comparaisons lettre à lettreS(i, k)
1A | BCBCX1ABe(A, B) = 00
2AB | CBCX1BCe(B, C) = 00
2AB | CBCX2ABCBe(A, C) · e(B, B) = 0 · 10
3ABC | BCX1CBe(C, B) = 00
3ABC | BCX2BCBCe(B, B) · e(C, C) = 1 · 11
3ABC | BCX3ABCBCXe(A, B) · e(B, C) · e(C, X) = 0 · 0 · 00
4ABCB | CX1BCe(B, C) = 00
4ABCB | CX2CBCXe(C, C) · e(B, X) = 1 · 00
5ABCBC | X1CXe(C, X) = 00

Par frontière :

im(i) = Σk S(i, k)χ[1,+∞)(m(i))kmax(i) = maxk k · S(i, k)
1000
2000
3112
4000
5000

Anad(ABCBCX) = 0 + 0 + 1 + 0 + 0 = 1, AnadLen(ABCBCX) = 0 + 0 + 2 + 0 + 0 = 2.

Seule la frontière ABC | BCX (i = 3) porte une répétition : S(3, 1) = e(C, B) = 0, S(3, 2) = e(B, B) · e(C, C) = 1, S(3, 3) = 0 ; le bloc répété BC a la longueur 2.

Exemple 3 : w = ABCDECDEFG

n = 10 ; les frontières sont i = 1, …, 9, et pour chacune k va de 1 à min(i, n − i). Toutes les comparaisons sont écrites :

ifrontièrekbloc gauche w[i−k+1..i]bloc droit w[i+1..i+k]comparaisons lettre à lettreS(i, k)
1A | BCDECDEFG1ABe(A, B) = 00
2AB | CDECDEFG1BCe(B, C) = 00
2AB | CDECDEFG2ABCDe(A, C) · e(B, D) = 0 · 00
3ABC | DECDEFG1CDe(C, D) = 00
3ABC | DECDEFG2BCDEe(B, D) · e(C, E) = 0 · 00
3ABC | DECDEFG3ABCDECe(A, D) · e(B, E) · e(C, C) = 0 · 0 · 10
4ABCD | ECDEFG1DEe(D, E) = 00
4ABCD | ECDEFG2CDECe(C, E) · e(D, C) = 0 · 00
4ABCD | ECDEFG3BCDECDe(B, E) · e(C, C) · e(D, D) = 0 · 1 · 10
4ABCD | ECDEFG4ABCDECDEe(A, E) · e(B, C) · e(C, D) · e(D, E) = 0 · 0 · 0 · 00
5ABCDE | CDEFG1ECe(E, C) = 00
5ABCDE | CDEFG2DECDe(D, C) · e(E, D) = 0 · 00
5ABCDE | CDEFG3CDECDEe(C, C) · e(D, D) · e(E, E) = 1 · 1 · 11
5ABCDE | CDEFG4BCDECDEFe(B, C) · e(C, D) · e(D, E) · e(E, F) = 0 · 0 · 0 · 00
5ABCDE | CDEFG5ABCDECDEFGe(A, C) · e(B, D) · e(C, E) · e(D, F) · e(E, G) = 0 · 0 · 0 · 0 · 00
6ABCDEC | DEFG1CDe(C, D) = 00
6ABCDEC | DEFG2ECDEe(E, D) · e(C, E) = 0 · 00
6ABCDEC | DEFG3DECDEFe(D, D) · e(E, E) · e(C, F) = 1 · 1 · 00
6ABCDEC | DEFG4CDECDEFGe(C, D) · e(D, E) · e(E, F) · e(C, G) = 0 · 0 · 0 · 00
7ABCDECD | EFG1DEe(D, E) = 00
7ABCDECD | EFG2CDEFe(C, E) · e(D, F) = 0 · 00
7ABCDECD | EFG3ECDEFGe(E, E) · e(C, F) · e(D, G) = 1 · 0 · 00
8ABCDECDE | FG1EFe(E, F) = 00
8ABCDECDE | FG2DEFGe(D, F) · e(E, G) = 0 · 00
9ABCDECDEF | G1FGe(F, G) = 00

Par frontière :

im(i) = Σk S(i, k)χ[1,+∞)(m(i))kmax(i) = maxk k · S(i, k)
1000
2000
3000
4000
5113
6000
7000
8000
9000

Anad(ABCDECDEFG) = 0 + 0 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 = 1, AnadLen(ABCDECDEFG) = 0 + 0 + 0 + 0 + 3 + 0 + 0 + 0 + 0 = 3.

Seule la frontière ABCDE | CDEFG (i = 5) porte une répétition, de longueur 3 : CDE | CDE. À cette frontière, les longueurs 1 et 2 échouent (E ≠ C, DE ≠ CD) et la longueur 3 réussit : il faut examiner tous les k, et non s’arrêter au premier échec.

4. Ce que compte la formule : des carrés centrés

S(i, k) = 1 signifie que le facteur w[i−k+1..i+k] est un carré x x, avec x = w[i−k+1..i], centré sur la frontière i. Anad(w) est donc le nombre de positions qui sont le centre d’au moins un carré (voir la fiche du classicisme, où Sq(w) compte les carrés). Cette propriété du mot ne suffit pas à reconnaître l’anadiplose, pour deux raisons :

  • la répétition doit se faire à une frontière de segments du discours (proposition, vers), marquée par la ponctuation ; un carré à l’intérieur d’un segment est une autre figure ;
  • le bloc répété doit être une partie de chacun des deux segments, et non chacun d’eux tout entier : « il faut, il faut » est une épizeuxe (le segment est répété tel quel), « la patience, la patience produit… » une anadiplose (la fin d’un segment ouvre le suivant).
5. La formule rhétorique

On travaille sur le mot des tokens t1 ⋯ tn, avec le signe si qui suit chaque token. La frontière i est une frontière de segments si b(i) = 1, avec

b(i) = 1 − ∏x ∈ { , ; : . ! ? } ( 1 − e(si, x) ),

et l’on note ℓg(i) et ℓd(i) les longueurs des segments situés à gauche et à droite de la frontière. Une répétition de longueur k est une anadiplose si elle est strictement plus courte que chacun des deux segments :

AnadR(w) = Σi=1n−1 b(i) · χ[1,+∞)( Σk S(i, k) · χ[1,+∞)(ℓg(i) − k) · χ[1,+∞)(ℓd(i) − k) )

Chaque facteur est une indicatrice : b(i) pour la ponctuation, S(i, k) pour l’égalité des blocs, les deux derniers pour « strictement plus court que le segment ». On définit de même AnadLenR(w) en remplaçant χ[1,+∞)(Σk …) par maxk k · S(i, k) · χ · χ.

« La souffrance produit la patience, la patience produit l’espérance, l’espérance ne trompe pas » : les trois segments, les deux frontières, et les blocs répétés « la patience » et « l’espérance » reliés par-dessus chaque frontière ; « il faut, il faut absolument » : le bloc répété est le segment entier, ce n’est pas une anadiplose.

Exemple 4 : « La souffrance produit la patience, la patience produit l’espérance, l’espérance ne trompe pas. »

Tokens : t1 = la · t2 = souffrance · t3 = produit · t4 = la · t5 = patience · t6 = la · t7 = patience · t8 = produit · t9 = l’ · t10 = espérance · t11 = l’ · t12 = espérance · t13 = ne · t14 = trompe · t15 = pas.

Frontières de segments (b(i) = 1) : i = 5 (ℓg = 5, ℓd = 5), i = 10 (ℓg = 5, ℓd = 5). Pour chacune, toutes les longueurs k admissibles :

ikblocsS(i, k)χ[1,+∞)(ℓg − k)χ[1,+∞)(ℓd − k)terme
51patience | lae(patience, la) = 0χ(5 − 1 ≥ 1) = 1χ(5 − 1 ≥ 1) = 10
52la patience | la patiencee(la, la) · e(patience, patience) = 1χ(5 − 2 ≥ 1) = 1χ(5 − 2 ≥ 1) = 11
53produit la patience | la patience produite(produit, la) · e(la, patience) · e(patience, produit) = 0χ(5 − 3 ≥ 1) = 1χ(5 − 3 ≥ 1) = 10
54souffrance produit la patience | la patience produit l’e(souffrance, la) · e(produit, patience) · e(la, produit) · e(patience, l’) = 0χ(5 − 4 ≥ 1) = 1χ(5 − 4 ≥ 1) = 10
55la souffrance produit la patience | la patience produit l’ espérancee(la, la) · e(souffrance, patience) · e(produit, produit) · e(la, l’) · e(patience, espérance) = 0χ(5 − 5 ≥ 1) = 0χ(5 − 5 ≥ 1) = 00
101espérance | l’e(espérance, l’) = 0χ(5 − 1 ≥ 1) = 1χ(5 − 1 ≥ 1) = 10
102l’ espérance | l’ espérancee(l’, l’) · e(espérance, espérance) = 1χ(5 − 2 ≥ 1) = 1χ(5 − 2 ≥ 1) = 11
103produit l’ espérance | l’ espérance nee(produit, l’) · e(l’, espérance) · e(espérance, ne) = 0χ(5 − 3 ≥ 1) = 1χ(5 − 3 ≥ 1) = 10
104patience produit l’ espérance | l’ espérance ne trompee(patience, l’) · e(produit, espérance) · e(l’, ne) · e(espérance, trompe) = 0χ(5 − 4 ≥ 1) = 1χ(5 − 4 ≥ 1) = 10
105la patience produit l’ espérance | l’ espérance ne trompe pase(la, l’) · e(patience, espérance) · e(produit, ne) · e(l’, trompe) · e(espérance, pas) = 0χ(5 − 5 ≥ 1) = 0χ(5 − 5 ≥ 1) = 00

AnadR = 2, AnadLenR = 4, et, sans les conditions rhétoriques, Anad(t) = 2.

Exemple 5 : « Il faut, il faut absolument que tu viennes. »

Tokens : t1 = il · t2 = faut · t3 = il · t4 = faut · t5 = absolument · t6 = que · t7 = tu · t8 = viennes.

Frontières de segments (b(i) = 1) : i = 2 (ℓg = 2, ℓd = 6). Pour chacune, toutes les longueurs k admissibles :

ikblocsS(i, k)χ[1,+∞)(ℓg − k)χ[1,+∞)(ℓd − k)terme
21faut | ile(faut, il) = 0χ(2 − 1 ≥ 1) = 1χ(6 − 1 ≥ 1) = 10
22il faut | il faute(il, il) · e(faut, faut) = 1χ(2 − 2 ≥ 1) = 0χ(6 − 2 ≥ 1) = 10

AnadR = 0, AnadLenR = 0, et, sans les conditions rhétoriques, Anad(t) = 1.

Dans l’exemple 4, les deux frontières portent un bloc de deux tokens, plus court que chacun des segments voisins : deux anadiploses, de longueur 2 chacune. Dans l’exemple 5, le bloc « il faut » est le premier segment tout entier (ℓg = 2 = k) : le facteur χ[1,+∞)(ℓg − k) vaut 0, et la répétition est reconnue comme carré (Anad = 1) mais non comme anadiplose (AnadR = 0) ; c’est une épizeuxe.

Tableau récapitulatif
N°mot ou texteAnad (carrés centrés)AnadLenAnadR (anadiplose)AnadLenR
1ABABA24——
2ABCBCX12——
3ABCDECDEFG13——
4La souffrance produit la patience, …2424
5Il faut, il faut absolument…1200

Pour les cinq exemples : Anad et AnadLen (carrés centrés sur une frontière quelconque) et AnadR, AnadLenR (répétition à une frontière de segments, plus courte que les segments).

6. Interprétation

Les mots de lettres des exemples 1 à 3 n’ont pas de segments : Anad et AnadLen y mesurent les répétitions qui se touchent de part et d’autre d’une position, c’est-à-dire les carrés et leurs centres. L’anadiplose est cette structure placée à un endroit précis : la frontière entre deux segments du discours, avec un bloc qui achève le premier et ouvre le second sans les épuiser. La formule AnadR ajoute ces deux conditions sous forme de facteurs indicateurs ; chaque unité de AnadR est une frontière où toutes les indicatrices valent 1.

10. Analogy – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

L’analogie (latin similitudo ou analogia) est le recours à un cas parallèle ou à un exemple similaire pour raisonner ou argumenter. Elle établit une correspondance structurelle entre deux situations distinctes afin d’inférer une conclusion ou d’éclairer un propos. Elle se distingue de la métaphore par son caractère explicite et argumentatif.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Mot à morphisme similaire (ou analogy morphism).

Justification du lien

L’analogie repose sur une correspondance entre deux cas distincts. En combinatoire des mots, cela correspond à l’existence d’un morphisme qui établit une similarité entre les ensembles de facteurs de deux mots. Le calcul du nombre maximal de facteurs communs sous morphisme quantifie la force de l’analogie combinatoire.

Définition mathématique

Soit w et w′ deux mots sur des alphabets éventuellement distincts. On dit que w et w′ sont analogues s’il existe un morphisme μ tel que les structures factorielles de w et de μ(w′) présentent une correspondance. Formellement, il existe un morphisme μ tel que :

Fact(w) ∼ Fact(μ(w′)) où ∼ désigne une relation de similarité combinatoire (par exemple, même nombre de facteurs d’une longueur donnée, ou mêmes bordures).

Expression formelle computable

Pour deux mots w et w′, le degré d’analogie peut être mesuré par :

Anal(w, w′) = max{|Factk(w) ∩ Factk(μ(w′))| | μ morphisme, k ≥ 1}

Une valeur Anal(w, w′) > 0 indique une correspondance structurelle non triviale.

Analogie : facteurs communs et identité de motif

10 Analogie : facteurs communs après morphisme et identité de motif
1. La formule proposée

Deux mots w et w′ sont dits analogues lorsqu’une reformulation μ(w′) de w′ par un morphisme μ partage des facteurs avec w. Pour un ensemble fini de morphismes candidats M = {μ1, …, μN} et une longueur k, on compte les facteurs de longueur k communs :

Ck(w, μi(w′)) = Σu ∈ Factk(w) χFactk(μi(w′))(u), puis l’on prend le plus grand de ces nombres, sur les morphismes et sur les longueurs :

Anal(w, w′) = max1 ≤ i ≤ N max1 ≤ k ≤ K Ck(w, μi(w′)), K = min(|w|, |w′|), Ana(w, w′) = χ[1,+∞)(Anal(w, w′)).

2. Le calcul de l’indicatrice d’appartenance

Factk(w) est l’ensemble des facteurs distincts de longueur k de w. Pour savoir si u appartient à Factk(v), avec v = μi(w′), on compare u à chaque fenêtre de v de longueur k, lettre à lettre, avec l’indicatrice d’égalité e(x, y) = 1 si x = y, 0 sinon :

m(u) = Σj=1|v|−k+1 ∏r=1k e( v[j+r−1], u[r] ), χFactk(v)(u) = χ[1,+∞)( m(u) ). Le produit vaut 1 si la fenêtre est égale à u ; m(u) compte ces fenêtres ; l’indicatrice dit si u apparaît au moins une fois. Dans la somme Ck, l’indicatrice est évaluée sur les facteurs u de w, et non sur ceux de μ(w′).

3. Les trois exemples, toutes longueurs comprises

Le maximum porte sur toutes les longueurs k de 1 à K ; les exemples sont donc repris pour chacune d’elles, y compris k = 1 et k = K.

Exemple 1 : w = abab, w′ = baba, μ(a) = a, μ(b) = b (identité)

μ(w′) = μ(baba) = baba, K = min(|w|, |w′|) = min(4, 4) = 4.

Longueur k = 1 : Fact1(w) = {a, b}, comparé aux fenêtres de longueur 1 de μ(w′) = baba.

N°u ∈ Fact1(w)fenêtres de baba comparées à u lettre à lettrem(u)χFact1(μ(w′))(u)
1ab : e(b,a) = 0
a : e(a,a) = 1
b : e(b,a) = 0
a : e(a,a) = 1
21
2bb : e(b,b) = 1
a : e(a,b) = 0
b : e(b,b) = 1
a : e(a,b) = 0
21

C1(w, μ(w′)) = 1 + 1 = 2, σ1 = C1 / |Fact1(w)| = 2/2 = 1.

Longueur k = 2 : Fact2(w) = {ab, ba}, comparé aux fenêtres de longueur 2 de μ(w′) = baba.

N°u ∈ Fact2(w)fenêtres de baba comparées à u lettre à lettrem(u)χFact2(μ(w′))(u)
1abba : e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 = 0
ab : e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 = 1
ba : e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 = 0
11
2baba : e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
ab : e(a,b) · e(b,a) = 0 · 0 = 0
ba : e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
21

C2(w, μ(w′)) = 1 + 1 = 2, σ2 = C2 / |Fact2(w)| = 2/2 = 1.

Longueur k = 3 : Fact3(w) = {aba, bab}, comparé aux fenêtres de longueur 3 de μ(w′) = baba.

N°u ∈ Fact3(w)fenêtres de baba comparées à u lettre à lettrem(u)χFact3(μ(w′))(u)
1ababab : e(b,a) · e(a,b) · e(b,a) = 0 · 0 · 0 = 0
aba : e(a,a) · e(b,b) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
11
2babbab : e(b,b) · e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 · 1 = 1
aba : e(a,b) · e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 · 0 = 0
11

C3(w, μ(w′)) = 1 + 1 = 2, σ3 = C3 / |Fact3(w)| = 2/2 = 1.

Longueur k = 4 : Fact4(w) = {abab}, comparé aux fenêtres de longueur 4 de μ(w′) = baba.

N°u ∈ Fact4(w)fenêtres de baba comparées à u lettre à lettrem(u)χFact4(μ(w′))(u)
1ababbaba : e(b,a) · e(a,b) · e(b,a) · e(a,b) = 0 · 0 · 0 · 0 = 000

C4(w, μ(w′)) = 0 = 0, σ4 = C4 / |Fact4(w)| = 0/1 = 0.

Anal(w, w′) = max( 2, 2, 2, 0 ) = 2, Ana(w, w′) = χ[1,+∞)(2) = 1.

Exemple 2 : w = aaaa, w′ = bbbb, μ(b) = a

μ(w′) = μ(bbbb) = aaaa, K = min(|w|, |w′|) = min(4, 4) = 4.

Longueur k = 1 : Fact1(w) = {a}, comparé aux fenêtres de longueur 1 de μ(w′) = aaaa.

N°u ∈ Fact1(w)fenêtres de aaaa comparées à u lettre à lettrem(u)χFact1(μ(w′))(u)
1aa : e(a,a) = 1
a : e(a,a) = 1
a : e(a,a) = 1
a : e(a,a) = 1
41

C1(w, μ(w′)) = 1 = 1, σ1 = C1 / |Fact1(w)| = 1/1 = 1.

Longueur k = 2 : Fact2(w) = {aa}, comparé aux fenêtres de longueur 2 de μ(w′) = aaaa.

N°u ∈ Fact2(w)fenêtres de aaaa comparées à u lettre à lettrem(u)χFact2(μ(w′))(u)
1aaaa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
aa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
aa : e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 = 1
31

C2(w, μ(w′)) = 1 = 1, σ2 = C2 / |Fact2(w)| = 1/1 = 1.

Longueur k = 3 : Fact3(w) = {aaa}, comparé aux fenêtres de longueur 3 de μ(w′) = aaaa.

N°u ∈ Fact3(w)fenêtres de aaaa comparées à u lettre à lettrem(u)χFact3(μ(w′))(u)
1aaaaaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
aaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 = 1
21

C3(w, μ(w′)) = 1 = 1, σ3 = C3 / |Fact3(w)| = 1/1 = 1.

Longueur k = 4 : Fact4(w) = {aaaa}, comparé aux fenêtres de longueur 4 de μ(w′) = aaaa.

N°u ∈ Fact4(w)fenêtres de aaaa comparées à u lettre à lettrem(u)χFact4(μ(w′))(u)
1aaaaaaaa : e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) · e(a,a) = 1 · 1 · 1 · 1 = 111

C4(w, μ(w′)) = 1 = 1, σ4 = C4 / |Fact4(w)| = 1/1 = 1.

Anal(w, w′) = max( 1, 1, 1, 1 ) = 1, Ana(w, w′) = χ[1,+∞)(1) = 1.

Exemple 3 : w = abc, w′ = xyz, μ(x) = p, μ(y) = q, μ(z) = r

μ(w′) = μ(xyz) = pqr, K = min(|w|, |w′|) = min(3, 3) = 3.

Longueur k = 1 : Fact1(w) = {a, b, c}, comparé aux fenêtres de longueur 1 de μ(w′) = pqr.

N°u ∈ Fact1(w)fenêtres de pqr comparées à u lettre à lettrem(u)χFact1(μ(w′))(u)
1ap : e(p,a) = 0
q : e(q,a) = 0
r : e(r,a) = 0
00
2bp : e(p,b) = 0
q : e(q,b) = 0
r : e(r,b) = 0
00
3cp : e(p,c) = 0
q : e(q,c) = 0
r : e(r,c) = 0
00

C1(w, μ(w′)) = 0 + 0 + 0 = 0, σ1 = C1 / |Fact1(w)| = 0/3 = 0.

Longueur k = 2 : Fact2(w) = {ab, bc}, comparé aux fenêtres de longueur 2 de μ(w′) = pqr.

N°u ∈ Fact2(w)fenêtres de pqr comparées à u lettre à lettrem(u)χFact2(μ(w′))(u)
1abpq : e(p,a) · e(q,b) = 0 · 0 = 0
qr : e(q,a) · e(r,b) = 0 · 0 = 0
00
2bcpq : e(p,b) · e(q,c) = 0 · 0 = 0
qr : e(q,b) · e(r,c) = 0 · 0 = 0
00

C2(w, μ(w′)) = 0 + 0 = 0, σ2 = C2 / |Fact2(w)| = 0/2 = 0.

Longueur k = 3 : Fact3(w) = {abc}, comparé aux fenêtres de longueur 3 de μ(w′) = pqr.

N°u ∈ Fact3(w)fenêtres de pqr comparées à u lettre à lettrem(u)χFact3(μ(w′))(u)
1abcpqr : e(p,a) · e(q,b) · e(r,c) = 0 · 0 · 0 = 000

C3(w, μ(w′)) = 0 = 0, σ3 = C3 / |Fact3(w)| = 0/1 = 0.

Anal(w, w′) = max( 0, 0, 0 ) = 0, Ana(w, w′) = χ[1,+∞)(0) = 0.

Les valeurs Anal = 2, 1 et 0 sont exactes. Trois points de lecture : dans l’exemple 1, la longueur k = 4 donne C4 = 0, car abab n’est pas facteur de baba ; dans l’exemple 2, μ(w′) = aaaa = w, et pourtant Anal = 1 seulement, parce que aaaa n’a qu’un facteur distinct de chaque longueur ; dans l’exemple 3, la somme porte sur les facteurs de w, ab et bc, et vaut χ(ab) + χ(bc) = 0 + 0.

Pour chaque exemple, le nombre Ck de facteurs communs selon la longueur k (barres) et le nombre |Factk(w)| de facteurs de w (trait) ; Anal est la plus haute barre.

4. Ce que mesure Anal, et ce qu’elle ne mesure pas
4.1 Une valeur non comparable d’un couple à l’autre

Ck est borné par le nombre |Factk(w)| de facteurs de w. Anal(aaaa, bbbb) = 1 alors que μ(w′) = w exactement, et Anal(abab, baba) = 2 alors que abab n’est pas égal à baba : la valeur dépend de la richesse de w autant que de la ressemblance. La part conservée σk(w, μ(w′)) = Ck(w, μ(w′)) / |Factk(w)| ∈ [0, 1] vaut 1 pour toutes les longueurs dans l’exemple 2, et 1, 1, 1, 0 dans l’exemple 1 : elle place correctement l’égalité complète au-dessus de la ressemblance partielle.

4.2 Une valeur qui dépend du choix des morphismes

Dans l’exemple 3, le morphisme choisi envoie x, y, z sur des lettres p, q, r absentes de w : le résultat 0 était acquis d’avance. Avec le renommage naturel, abc et xyz ont le même motif (trois lettres distinctes) :

Exemple 4 : w = abc, w′ = xyz, μ(x) = a, μ(y) = b, μ(z) = c

μ(w′) = μ(xyz) = abc, K = min(|w|, |w′|) = min(3, 3) = 3.

Longueur k = 1 : Fact1(w) = {a, b, c}, comparé aux fenêtres de longueur 1 de μ(w′) = abc.

N°u ∈ Fact1(w)fenêtres de abc comparées à u lettre à lettrem(u)χFact1(μ(w′))(u)
1aa : e(a,a) = 1
b : e(b,a) = 0
c : e(c,a) = 0
11
2ba : e(a,b) = 0
b : e(b,b) = 1
c : e(c,b) = 0
11
3ca : e(a,c) = 0
b : e(b,c) = 0
c : e(c,c) = 1
11

C1(w, μ(w′)) = 1 + 1 + 1 = 3, σ1 = C1 / |Fact1(w)| = 3/3 = 1.

Longueur k = 2 : Fact2(w) = {ab, bc}, comparé aux fenêtres de longueur 2 de μ(w′) = abc.

N°u ∈ Fact2(w)fenêtres de abc comparées à u lettre à lettrem(u)χFact2(μ(w′))(u)
1abab : e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 = 1
bc : e(b,a) · e(c,b) = 0 · 0 = 0
11
2bcab : e(a,b) · e(b,c) = 0 · 0 = 0
bc : e(b,b) · e(c,c) = 1 · 1 = 1
11

C2(w, μ(w′)) = 1 + 1 = 2, σ2 = C2 / |Fact2(w)| = 2/2 = 1.

Longueur k = 3 : Fact3(w) = {abc}, comparé aux fenêtres de longueur 3 de μ(w′) = abc.

N°u ∈ Fact3(w)fenêtres de abc comparées à u lettre à lettrem(u)χFact3(μ(w′))(u)
1abcabc : e(a,a) · e(b,b) · e(c,c) = 1 · 1 · 1 = 111

C3(w, μ(w′)) = 1 = 1, σ3 = C3 / |Fact3(w)| = 1/1 = 1.

Anal(w, w′) = max( 3, 2, 1 ) = 3, Ana(w, w′) = χ[1,+∞)(3) = 1.

Le même couple donne Anal = 0 ou Anal = 3 selon M ; la conclusion « aucune correspondance structurelle » n’est donc pas une propriété des mots, mais du morphisme retenu.

4.3 Sans restriction sur M, le maximum ne dépend plus de w′

Si M contient tous les morphismes, il suffit d’envoyer une lettre c de w′ sur w tout entier : μ(c) = w. Alors w est facteur de μ(w′), donc tout facteur de w l’est aussi, et

Ck(w, μ(w′)) = |Factk(w)| pour tout k ∴ Anal(w, w′) = max1 ≤ k ≤ K |Factk(w)|, qui ne dépend de w′ que par sa longueur.

La formule non bornée a donc une valeur, mais cette valeur ne dit rien de w′. L’exemple suivant le montre avec w′ = c, un mot d’une lettre sans rapport avec abab ; ici K = min(4, 1) = 1.

Exemple 5 : w = abab, w′ = c, μ(c) = abab

μ(w′) = μ(c) = abab, K = min(|w|, |w′|) = min(4, 1) = 1.

Longueur k = 1 : Fact1(w) = {a, b}, comparé aux fenêtres de longueur 1 de μ(w′) = abab.

N°u ∈ Fact1(w)fenêtres de abab comparées à u lettre à lettrem(u)χFact1(μ(w′))(u)
1aa : e(a,a) = 1
b : e(b,a) = 0
a : e(a,a) = 1
b : e(b,a) = 0
21
2ba : e(a,b) = 0
b : e(b,b) = 1
a : e(a,b) = 0
b : e(b,b) = 1
21

C1(w, μ(w′)) = 1 + 1 = 2, σ1 = C1 / |Fact1(w)| = 2/2 = 1.

Anal(w, w′) = max( 2 ) = 2, Ana(w, w′) = χ[1,+∞)(2) = 1.

Anal(abab, c) = 2 = Anal(abab, baba). Les morphismes qui allongent les mots doivent donc être exclus : une analogie compare deux mots lettre à lettre, par un renommage μ qui envoie chaque lettre sur une lettre.

4.4 Les facteurs communs ne voient pas la structure

Avec l’identité, abab et aabb partagent tous leurs facteurs de longueur 1 et l’un de longueur 2 ; pourtant leurs structures (alternance contre blocs) diffèrent.

Exemple 6 : w = abab, w′ = aabb, μ(a) = a, μ(b) = b (identité)

μ(w′) = μ(aabb) = aabb, K = min(|w|, |w′|) = min(4, 4) = 4.

Longueur k = 1 : Fact1(w) = {a, b}, comparé aux fenêtres de longueur 1 de μ(w′) = aabb.

N°u ∈ Fact1(w)fenêtres de aabb comparées à u lettre à lettrem(u)χFact1(μ(w′))(u)
1aa : e(a,a) = 1
a : e(a,a) = 1
b : e(b,a) = 0
b : e(b,a) = 0
21
2ba : e(a,b) = 0
a : e(a,b) = 0
b : e(b,b) = 1
b : e(b,b) = 1
21

C1(w, μ(w′)) = 1 + 1 = 2, σ1 = C1 / |Fact1(w)| = 2/2 = 1.

Longueur k = 2 : Fact2(w) = {ab, ba}, comparé aux fenêtres de longueur 2 de μ(w′) = aabb.

N°u ∈ Fact2(w)fenêtres de aabb comparées à u lettre à lettrem(u)χFact2(μ(w′))(u)
1abaa : e(a,a) · e(a,b) = 1 · 0 = 0
ab : e(a,a) · e(b,b) = 1 · 1 = 1
bb : e(b,a) · e(b,b) = 0 · 1 = 0
11
2baaa : e(a,b) · e(a,a) = 0 · 1 = 0
ab : e(a,b) · e(b,a) = 0 · 0 = 0
bb : e(b,b) · e(b,a) = 1 · 0 = 0
00

C2(w, μ(w′)) = 1 + 0 = 1, σ2 = C2 / |Fact2(w)| = 1/2 = 0,5.

Longueur k = 3 : Fact3(w) = {aba, bab}, comparé aux fenêtres de longueur 3 de μ(w′) = aabb.

N°u ∈ Fact3(w)fenêtres de aabb comparées à u lettre à lettrem(u)χFact3(μ(w′))(u)
1abaaab : e(a,a) · e(a,b) · e(b,a) = 1 · 0 · 0 = 0
abb : e(a,a) · e(b,b) · e(b,a) = 1 · 1 · 0 = 0
00
2babaab : e(a,b) · e(a,a) · e(b,b) = 0 · 1 · 1 = 0
abb : e(a,b) · e(b,a) · e(b,b) = 0 · 0 · 1 = 0
00

C3(w, μ(w′)) = 0 + 0 = 0, σ3 = C3 / |Fact3(w)| = 0/2 = 0.

Longueur k = 4 : Fact4(w) = {abab}, comparé aux fenêtres de longueur 4 de μ(w′) = aabb.

N°u ∈ Fact4(w)fenêtres de aabb comparées à u lettre à lettrem(u)χFact4(μ(w′))(u)
1ababaabb : e(a,a) · e(a,b) · e(b,a) · e(b,b) = 1 · 0 · 0 · 1 = 000

C4(w, μ(w′)) = 0 = 0, σ4 = C4 / |Fact4(w)| = 0/1 = 0.

Anal(w, w′) = max( 2, 1, 0, 0 ) = 2, Ana(w, w′) = χ[1,+∞)(2) = 1.

5. Formule structurelle : l’identité de motif

Deux mots sont analogues lorsqu’ils ont le même motif : les positions qui portent la même lettre dans w portent la même lettre dans w′, et réciproquement. C’est exactement l’existence d’un renommage bijectif μ des lettres tel que μ(w′) = w. Le motif d’un mot de longueur n se lit dans sa matrice d’égalité, pour 1 ≤ i < j ≤ n :

Eij(w) = e(w[i], w[j]), Eij(w′) = e(w′[i], w′[j]). L’accord sur une paire (i, j) est l’indicatrice d’égalité des deux entrées, e(Eij(w), Eij(w′)). On pose Ana*(w, w′) = e(|w|, |w′|) · ∏1 ≤ i < j ≤ n e( Eij(w), Eij(w′) ), ρ(w, w′) = (2 / (n(n − 1))) · Σ1 ≤ i < j ≤ n e( Eij(w), Eij(w′) ).

Ana* vaut 1 exactement quand un renommage bijectif transforme w′ en w ; ρ ∈ [0, 1] est la part des paires de positions sur lesquelles les deux motifs s’accordent. Aucun ensemble de morphismes n’est à choisir : le renommage, s’il existe, est lu dans les mots. Si l’on accepte qu’un renommage confonde deux lettres (μ non injectif), on remplace le facteur e(Eij(w), Eij(w′)) par 1 − Eij(w′) · (1 − Eij(w)).

Paire 1 : w = abab, w′ = baba
N°(i, j)w[i], w[j]Eij(w)w′[i], w′[j]Eij(w′)e(Eij(w), Eij(w′))
1(1, 2)a, b0b, a01
2(1, 3)a, a1b, b11
3(1, 4)a, b0b, a01
4(2, 3)b, a0a, b01
5(2, 4)b, b1a, a11
6(3, 4)a, b0b, a01

Ana* = e(4, 4) · 1 · 1 · 1 · 1 · 1 · 1 = 1, ρ = (1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1) / 6 = 6/6 = 1.

Paire 2 : w = aaaa, w′ = bbbb
N°(i, j)w[i], w[j]Eij(w)w′[i], w′[j]Eij(w′)e(Eij(w), Eij(w′))
1(1, 2)a, a1b, b11
2(1, 3)a, a1b, b11
3(1, 4)a, a1b, b11
4(2, 3)a, a1b, b11
5(2, 4)a, a1b, b11
6(3, 4)a, a1b, b11

Ana* = e(4, 4) · 1 · 1 · 1 · 1 · 1 · 1 = 1, ρ = (1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1) / 6 = 6/6 = 1.

Paire 3 : w = abc, w′ = xyz
N°(i, j)w[i], w[j]Eij(w)w′[i], w′[j]Eij(w′)e(Eij(w), Eij(w′))
1(1, 2)a, b0x, y01
2(1, 3)a, c0x, z01
3(2, 3)b, c0y, z01

Ana* = e(3, 3) · 1 · 1 · 1 = 1, ρ = (1 + 1 + 1) / 3 = 3/3 = 1.

Paire 4 : w = abab, w′ = aabb
N°(i, j)w[i], w[j]Eij(w)w′[i], w′[j]Eij(w′)e(Eij(w), Eij(w′))
1(1, 2)a, b0a, a10
2(1, 3)a, a1a, b00
3(1, 4)a, b0a, b01
4(2, 3)b, a0a, b01
5(2, 4)b, b1a, b00
6(3, 4)a, b0b, b10

Ana* = e(4, 4) · 0 · 0 · 1 · 1 · 0 · 0 = 0, ρ = (0 + 0 + 1 + 1 + 0 + 0) / 6 = 2/6 = 0,33.

Paire 5 : w = abab, w′ = cdcd
N°(i, j)w[i], w[j]Eij(w)w′[i], w′[j]Eij(w′)e(Eij(w), Eij(w′))
1(1, 2)a, b0c, d01
2(1, 3)a, a1c, c11
3(1, 4)a, b0c, d01
4(2, 3)b, a0d, c01
5(2, 4)b, b1d, d11
6(3, 4)a, b0c, d01

Ana* = e(4, 4) · 1 · 1 · 1 · 1 · 1 · 1 = 1, ρ = (1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1) / 6 = 6/6 = 1.

Pour w = abab et w′ = c, les longueurs diffèrent : e(4, 1) = 0, donc Ana* = 0, alors qu’Anal valait 2. Les couples abab, baba et abab, cdcd ont le même motif (alternance), abc et xyz aussi (trois lettres distinctes) ; abab et aabb ne s’accordent que sur 2 paires sur 6.

Matrices d’égalité Eij de abab, baba et aabb : les cases pleines marquent deux positions de même lettre ; abab et baba ont la même matrice, aabb diffère sur 4 paires.

6. Formule rhétorique : la proportion « A est à B ce que C est à D »

La figure d’analogie se signale dans le texte par le cadre de la proportion. Sur une phrase découpée en tokens t1 ⋯ tm, avec À = {à, au, aux}, on cherche « est », un élément de À, puis, après un à trois tokens, « ce que » :

Prop(u) = Σj Σg=24 e(tj, est) · χÀ(tj+1) · e(tj+1+g, ce) · e(tj+2+g, que), AnaR(u) = χ[1,+∞)(Prop(u)).

N°phrasetermes non nuls en e(tj, est) : produit des quatre facteursProp(u)AnaR(u)
1La vieillesse est à la vie ce que le soir est au jour.j = 3, g = 2 : 1 · 1 · 0 · 0 = 0
j = 3, g = 3 : 1 · 1 · 1 · 1 = 1
j = 3, g = 4 : 1 · 1 · 0 · 0 = 0
11
2L’argent est au riche ce que le sang est au corps.j = 2, g = 2 : 1 · 1 · 1 · 1 = 1
j = 2, g = 3 : 1 · 1 · 0 · 0 = 0
j = 2, g = 4 : 1 · 1 · 0 · 0 = 0
11
3Il est à Paris ce soir.j = 2, g = 2 : 1 · 1 · 1 · 0 = 000
4Le soir tombe sur la ville.aucun tj = est suivi d’assez de tokens00

La phrase 3 contient « est à » et « ce », mais pas « ce que » : le facteur e(tj+2+g, que) vaut 0 et aucun faux positif n’est compté. Les phrases 1 et 2 sont des analogies proportionnelles ; pour elles, les mots qui remplissent les quatre places (vieillesse, vie, soir, jour) sont les termes A, B, C, D comparés.

Tableau récapitulatif
N°ww′μ(w′)C1, …, CKAnalσ1, …, σK
1ababbabababa2, 2, 2, 021, 1, 1, 0
2aaaabbbbaaaa1, 1, 1, 111, 1, 1, 1
3abcxyzpqr0, 0, 000, 0, 0
4abcxyzabc3, 2, 131, 1, 1
5ababcabab221
6ababaabbaabb2, 1, 0, 021, 0,5, 0, 0
N°ww′Ana*ρ
1ababbaba11
2aaaabbbb11
3abcxyz11
4ababaabb00,33
5ababcdcd11

La formule par facteurs communs est calculable une fois M fixé, et chaque appartenance s’y lit comme un produit d’égalités de lettres. Mais son maximum est borné par la richesse de w, dépend du choix de M, devient indépendant de w′ si M contient des morphismes allongeants, et ne distingue pas abab de aabb. L’identité de motif Ana*, lue sur les matrices d’égalité, et sa version graduée ρ mesurent l’analogie structurelle sans choix arbitraire ; la proportion « est à … ce que » en repère la forme rhétorique dans le texte.

11. Anaphora – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

L’anaphore (du grec anaphora, « action de ramener ») est la répétition d’un mot ou d’un groupe de mots au début de phrases, de propositions ou de vers successifs. Cette figure crée un effet de rythme, d’emphase et de structure.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Mot à préfixe anaphorique (ou anaphora prefix).

Justification du lien

L’anaphore repose sur la répétition d’un élément en position initiale dans des unités successives. En combinatoire des mots, cela correspond à la présence d’un préfixe commun non trivial dans une suite de facteurs consécutifs.

Définition mathématique

Soit w un mot sur un alphabet Σ, décomposé en facteurs successifs w = w1w2 … wn. On dit que w présente une anaphore de longueur k si les n facteurs commencent tous par le même préfixe de longueur k :

Prefk(w1) = Prefk(w2) = … = Prefk(wn) = u avec |u| = k ≥ 1

Expression formelle computable

Pour un mot w découpé en n facteurs, le degré d’anaphore peut être mesuré par :

Anap(w) = max{k | ∃ découpage w = w1 … wn, Prefk(wi) = Prefk(wj) ∀ i, j}

Une valeur Anap(w) ≥ 1 indique la présence d’une anaphore.

Anaphore : préfixe commun et segments du texte

Anaphore : préfixe commun des segments et découpage du texte
1. La formule proposée

L’anaphore est la répétition d’un même mot ou groupe de mots au début de segments successifs (vers, propositions, phrases). La formule proposée la traduit sur un mot w découpé en facteurs d = (w1, …, wn), n ≥ 2 : on compte les désaccords entre les k premières lettres de w1 et de wi, δk(x, y) = Σr=1k (1 − e(x[r], y[r])), e(x, y) = 1 si x = y, 0 sinon,

et l’on teste que tous les facteurs ont le même préfixe de longueur k :

A(d, k) = ∏i=2n χ{0}( δk(w1, wi) ), Anap(w) = maxd ∈ D(w) Σk=1L(d) A(d, k), L(d) = mini |wi|, où D(w) est l’ensemble des découpages de w en au moins deux facteurs. Comme les préfixes communs sont emboîtés, A(d, k) vaut 1 pour k = 1, …, ℓ puis 0 : la somme Σk A(d, k) est la longueur ℓ du plus long préfixe commun à tous les facteurs.

2. Les trois exemples, découpage fixé

Chaque δk est une somme de désaccords lettre à lettre ; χ{0} la transforme en indicatrice d’accord complet ; le produit sur i exige l’accord de tous les facteurs.

Exemple 1 : d = prévenir · préjuger · préserver

n = 3 facteurs, de longueurs 8, 8, 9 ; L = min |wi| = 8. Pour chaque k, on compare les k premières lettres de chaque wi (i ≥ 2) à celles de w1 = prévenir.

kδk(w1, wi) = Σr=1k (1 − e(w1[r], wi[r])) et χ{0}(δk)A(d, k) = ∏i=2n χ{0}(δk)
1w1 / préjuger : (1 − e(p,p)) = 0 = 0 ; χ{0}(0) = 1
w1 / préserver : (1 − e(p,p)) = 0 = 0 ; χ{0}(0) = 1
1 · 1 = 1
2w1 / préjuger : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) = 0 + 0 = 0 ; χ{0}(0) = 1
w1 / préserver : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) = 0 + 0 = 0 ; χ{0}(0) = 1
1 · 1 = 1
3w1 / préjuger : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) + (1 − e(é,é)) = 0 + 0 + 0 = 0 ; χ{0}(0) = 1
w1 / préserver : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) + (1 − e(é,é)) = 0 + 0 + 0 = 0 ; χ{0}(0) = 1
1 · 1 = 1
4w1 / préjuger : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) + (1 − e(é,é)) + (1 − e(v,j)) = 0 + 0 + 0 + 1 = 1 ; χ{0}(1) = 0
w1 / préserver : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) + (1 − e(é,é)) + (1 − e(v,s)) = 0 + 0 + 0 + 1 = 1 ; χ{0}(1) = 0
0 · 0 = 0
5w1 / préjuger : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) + (1 − e(é,é)) + (1 − e(v,j)) + (1 − e(e,u)) = 0 + 0 + 0 + 1 + 1 = 2 ; χ{0}(2) = 0
w1 / préserver : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) + (1 − e(é,é)) + (1 − e(v,s)) + (1 − e(e,e)) = 0 + 0 + 0 + 1 + 0 = 1 ; χ{0}(1) = 0
0 · 0 = 0
6w1 / préjuger : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) + (1 − e(é,é)) + (1 − e(v,j)) + (1 − e(e,u)) + (1 − e(n,g)) = 0 + 0 + 0 + 1 + 1 + 1 = 3 ; χ{0}(3) = 0
w1 / préserver : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) + (1 − e(é,é)) + (1 − e(v,s)) + (1 − e(e,e)) + (1 − e(n,r)) = 0 + 0 + 0 + 1 + 0 + 1 = 2 ; χ{0}(2) = 0
0 · 0 = 0
7w1 / préjuger : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) + (1 − e(é,é)) + (1 − e(v,j)) + (1 − e(e,u)) + (1 − e(n,g)) + (1 − e(i,e)) = 0 + 0 + 0 + 1 + 1 + 1 + 1 = 4 ; χ{0}(4) = 0
w1 / préserver : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) + (1 − e(é,é)) + (1 − e(v,s)) + (1 − e(e,e)) + (1 − e(n,r)) + (1 − e(i,v)) = 0 + 0 + 0 + 1 + 0 + 1 + 1 = 3 ; χ{0}(3) = 0
0 · 0 = 0
8w1 / préjuger : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) + (1 − e(é,é)) + (1 − e(v,j)) + (1 − e(e,u)) + (1 − e(n,g)) + (1 − e(i,e)) + (1 − e(r,r)) = 0 + 0 + 0 + 1 + 1 + 1 + 1 + 0 = 4 ; χ{0}(4) = 0
w1 / préserver : (1 − e(p,p)) + (1 − e(r,r)) + (1 − e(é,é)) + (1 − e(v,s)) + (1 − e(e,e)) + (1 − e(n,r)) + (1 − e(i,v)) + (1 − e(r,e)) = 0 + 0 + 0 + 1 + 0 + 1 + 1 + 1 = 4 ; χ{0}(4) = 0
0 · 0 = 0

Σk=1L A(d, k) = 1 + 1 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 3.

Exemple 2 : d = abcde · abfgh · abxyz

n = 3 facteurs, de longueurs 5, 5, 5 ; L = min |wi| = 5. Pour chaque k, on compare les k premières lettres de chaque wi (i ≥ 2) à celles de w1 = abcde.

kδk(w1, wi) = Σr=1k (1 − e(w1[r], wi[r])) et χ{0}(δk)A(d, k) = ∏i=2n χ{0}(δk)
1w1 / abfgh : (1 − e(a,a)) = 0 = 0 ; χ{0}(0) = 1
w1 / abxyz : (1 − e(a,a)) = 0 = 0 ; χ{0}(0) = 1
1 · 1 = 1
2w1 / abfgh : (1 − e(a,a)) + (1 − e(b,b)) = 0 + 0 = 0 ; χ{0}(0) = 1
w1 / abxyz : (1 − e(a,a)) + (1 − e(b,b)) = 0 + 0 = 0 ; χ{0}(0) = 1
1 · 1 = 1
3w1 / abfgh : (1 − e(a,a)) + (1 − e(b,b)) + (1 − e(c,f)) = 0 + 0 + 1 = 1 ; χ{0}(1) = 0
w1 / abxyz : (1 − e(a,a)) + (1 − e(b,b)) + (1 − e(c,x)) = 0 + 0 + 1 = 1 ; χ{0}(1) = 0
0 · 0 = 0
4w1 / abfgh : (1 − e(a,a)) + (1 − e(b,b)) + (1 − e(c,f)) + (1 − e(d,g)) = 0 + 0 + 1 + 1 = 2 ; χ{0}(2) = 0
w1 / abxyz : (1 − e(a,a)) + (1 − e(b,b)) + (1 − e(c,x)) + (1 − e(d,y)) = 0 + 0 + 1 + 1 = 2 ; χ{0}(2) = 0
0 · 0 = 0
5w1 / abfgh : (1 − e(a,a)) + (1 − e(b,b)) + (1 − e(c,f)) + (1 − e(d,g)) + (1 − e(e,h)) = 0 + 0 + 1 + 1 + 1 = 3 ; χ{0}(3) = 0
w1 / abxyz : (1 − e(a,a)) + (1 − e(b,b)) + (1 − e(c,x)) + (1 − e(d,y)) + (1 − e(e,z)) = 0 + 0 + 1 + 1 + 1 = 3 ; χ{0}(3) = 0
0 · 0 = 0

Σk=1L A(d, k) = 1 + 1 + 0 + 0 + 0 = 2.

Exemple 3 : d = chat · maison · rivière

n = 3 facteurs, de longueurs 4, 6, 7 ; L = min |wi| = 4. Pour chaque k, on compare les k premières lettres de chaque wi (i ≥ 2) à celles de w1 = chat.

kδk(w1, wi) = Σr=1k (1 − e(w1[r], wi[r])) et χ{0}(δk)A(d, k) = ∏i=2n χ{0}(δk)
1w1 / maison : (1 − e(c,m)) = 1 = 1 ; χ{0}(1) = 0
w1 / rivière : (1 − e(c,r)) = 1 = 1 ; χ{0}(1) = 0
0 · 0 = 0
2w1 / maison : (1 − e(c,m)) + (1 − e(h,a)) = 1 + 1 = 2 ; χ{0}(2) = 0
w1 / rivière : (1 − e(c,r)) + (1 − e(h,i)) = 1 + 1 = 2 ; χ{0}(2) = 0
0 · 0 = 0
3w1 / maison : (1 − e(c,m)) + (1 − e(h,a)) + (1 − e(a,i)) = 1 + 1 + 1 = 3 ; χ{0}(3) = 0
w1 / rivière : (1 − e(c,r)) + (1 − e(h,i)) + (1 − e(a,v)) = 1 + 1 + 1 = 3 ; χ{0}(3) = 0
0 · 0 = 0
4w1 / maison : (1 − e(c,m)) + (1 − e(h,a)) + (1 − e(a,i)) + (1 − e(t,s)) = 1 + 1 + 1 + 1 = 4 ; χ{0}(4) = 0
w1 / rivière : (1 − e(c,r)) + (1 − e(h,i)) + (1 − e(a,v)) + (1 − e(t,i)) = 1 + 1 + 1 + 1 = 4 ; χ{0}(4) = 0
0 · 0 = 0

Σk=1L A(d, k) = 0 + 0 + 0 + 0 = 0.

Les valeurs 3, 2 et 0 sont exactes pour ces découpages : la somme s’arrête au premier k où un facteur diffère de w1, et toutes les valeurs suivantes de A(d, k) sont nulles.

3. Le maximum sur tous les découpages

Un mot de longueur n a n − 1 places de coupure, donc |D(w)| = 2n−1 − 1 découpages en au moins deux facteurs : pour prévenirpréjugerpréserver (n = 25), 224 − 1 = 16 777 215. On n’a pourtant pas à les énumérer, car deux facteurs suffisent.

Si un découpage (w1, …, wn) a un préfixe commun de longueur k, le découpage en deux facteurs w1 · (w2 ⋯ wn) l’a aussi : w2 ⋯ wn commence par w2, donc par le même préfixe, et il est au moins aussi long que w2. Ajouter des coupures ne peut qu’ajouter des contraintes. Le maximum est donc atteint par une seule coupure, placée avant une position j :

λ(j) = Σk ≥ 1 ∏r=1k e( w[r], w[j+r−1] ), Anap(w) = max2 ≤ j ≤ n min( λ(j), j − 1, n − j + 1 ).

λ(j) est la longueur du plus long préfixe commun à w et à w[j..n] ; j − 1 et n − j + 1 sont les longueurs des deux facteurs, qui bornent ce préfixe. Les tableaux suivants donnent le calcul pour les trois mots concaténés ; les lignes où λ(j) = 0 (w[j] ≠ w[1]) sont omises, leur minimum valant 0.

w = prévenirpréjugerpréserver (n = 25)
jw[j]e(w[r], w[j+r−1]) pour r = 1, 2, … jusqu’au premier 0λ(j)j − 1n − j + 1min
9p1 · 1 · 1 · 038173
17p1 · 1 · 1 · 031693

Anap(prévenirpréjugerpréserver) = 3, découpage optimal : prévenir · préjugerpréserver.

w = abcdeabfghabxyz (n = 15)
jw[j]e(w[r], w[j+r−1]) pour r = 1, 2, … jusqu’au premier 0λ(j)j − 1n − j + 1min
6a1 · 1 · 025102
11a1 · 1 · 021052

Anap(abcdeabfghabxyz) = 2, découpage optimal : abcde · abfghabxyz.

w = chatmaisonrivière (n = 17)

Aucune position j ≥ 2 ne porte la lettre w[1] : λ(j) = 0 pour tout j.

Anap(chatmaisonrivière) = 0, découpage optimal : aucun.

Le maximum retrouve 3, 2 et 0, mais avec deux facteurs seulement : la triple répétition de « pré » n’apporte rien à la valeur. La formule mesure le plus long préfixe de w qui réapparaît plus loin dans w.

4. Faux positifs : un seul mot, aucune anaphore

Comme la coupure est libre, elle peut tomber au milieu d’un mot. Les mots suivants n’ont qu’un seul segment au sens du texte ; ils reçoivent pourtant une valeur positive.

w = anana
jw[j]e(w[r], w[j+r−1]) pour r = 1, 2, … jusqu’au premier 0λ(j)j − 1n − j + 1min
2n00140
3a1 · 1 · 13232
4n00320
5a11411

Anap(anana) = 2, découpage optimal : an · ana.

w = papa
jw[j]e(w[r], w[j+r−1]) pour r = 1, 2, … jusqu’au premier 0λ(j)j − 1n − j + 1min
2a00130
3p1 · 12222
4a00310

Anap(papa) = 2, découpage optimal : pa · pa.

w = abracadabra
jw[j]e(w[r], w[j+r−1]) pour r = 1, 2, … jusqu’au premier 0λ(j)j − 1n − j + 1min
2b001100
3r00290
4a1 · 01381
5c00470
6a1 · 01561
7d00650
8a1 · 1 · 1 · 14744
9b00830
10r00920
11a111011

Anap(abracadabra) = 4, découpage optimal : abracad · abra.

w = banane
jw[j]e(w[r], w[j+r−1]) pour r = 1, 2, … jusqu’au premier 0λ(j)j − 1n − j + 1min
2a00150
3n00240
4a00330
5n00420
6e00510

Anap(banane) = 0, découpage optimal : aucun.

Anap(abracadabra) = 4 par la coupure abracad · abra, et χ[1,+∞)(Anap) = 1 pour anana, papa et abracadabra : la décision « une anaphore existe » est vraie pour tout mot dont la première lettre réapparaît, pourvu que les longueurs le permettent. L’anaphore exige au contraire que les segments soient donnés par le texte et non choisis pour maximiser la mesure.

Pour prévenirpréjugerpréserver et abracadabra, la valeur min(λ(j), j − 1, n − j + 1) à chaque coupure j ; le maximum (rouge) est Anap.

5. Formule sur les segments donnés par le texte

Le texte fixe les segments s1, …, sn (vers, ou propositions délimitées par la ponctuation) et les découpe en tokens ti,1, ti,2, … ; fi = ti,1 est le mot d’ouverture du segment i. On pose, pour i ≥ 2 :

ai = e(fi, fi−1), Anaph(u) = Σi=2n ai, R(i) = ai · (R(i − 1) + 1), R(1) = 0,

λi = Σk ≥ 1 ∏r=1k e(ti,r, ti−1,r), N(f) = Σi=1n e(fi, f), Rep(u) = maxf N(f) / n.

ai dit si le segment i s’ouvre comme le précédent ; Anaph compte ces reprises ; R(i) est la longueur de la série de reprises consécutives qui se termine en i, et max R + 1 le nombre de segments de la plus longue série ; λi est la longueur, en tokens, de l’ouverture commune à deux segments voisins ; Rep est la part des segments qui s’ouvrent par le mot d’ouverture le plus fréquent. La décision est

AnaphR(u) = χ[1,+∞)( Anaph(u) ), longueur de la série maxi R(i) + 1, portée Rep(u).

Les quatre textes suivants sont découpés en vers ou en propositions ; les tokens sont mis en minuscules, l’apostrophe reste attachée au mot élidé (j’, l’, qu’).

Corneille, Horace (IV, 5)
isegment sitokensfiaiR(i)λi
1Rome, l’unique objet de mon ressentiment !rome · l’ · unique · objet · de · mon …rome—0—
2Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant !rome · à · qui · vient · ton · bras …romee(rome, rome) = 11 · (0 + 1) = 11
3Rome qui t’a vu naître, et que ton cœur adore !rome · qui · t’ · a · vu · naître …romee(rome, rome) = 11 · (1 + 1) = 21
4Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore !rome · enfin · que · je · hais · parce …romee(rome, rome) = 11 · (2 + 1) = 31

Anaph = 1 + 1 + 1 = 3, série la plus longue = 4 segments, N(rome) = 4, Rep = 4/4 = 1, AnaphR = χ[1,+∞)(3) = 1.

Péguy, Ève
isegment sitokensfiaiR(i)λi
1Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,heureux · ceux · qui · sont · morts · pour …heureux—0—
2Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.mais · pourvu · que · ce · fût · dans …maise(mais, heureux) = 00 · (0 + 1) = 00
3Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.heureux · ceux · qui · sont · morts · pour …heureuxe(heureux, mais) = 00 · (0 + 1) = 00
4Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle.heureux · ceux · qui · sont · morts · d’ …heureuxe(heureux, heureux) = 11 · (0 + 1) = 15

Anaph = 0 + 0 + 1 = 1, série la plus longue = 2 segments, N(heureux) = 3, Rep = 3/4 = 0,75, AnaphR = χ[1,+∞)(1) = 1.

Phrase à trois membres
isegment sitokensfiaiR(i)λi
1Je suis venu,je · suis · venuje—0—
2j’ai vu,j’ · ai · vuj’e(j’, je) = 00 · (0 + 1) = 00
3j’ai vaincu.j’ · ai · vaincuj’e(j’, j’) = 11 · (0 + 1) = 12

Anaph = 0 + 1 = 1, série la plus longue = 2 segments, N(j’) = 2, Rep = 2/3 = 0,67, AnaphR = χ[1,+∞)(1) = 1.

Exemple 1 en phrase
isegment sitokensfiaiR(i)λi
1Prévenir,prévenirprévenir—0—
2préjuger,préjugerpréjugere(préjuger, prévenir) = 00 · (0 + 1) = 00
3préserver.préserverpréservere(préserver, préjuger) = 00 · (0 + 1) = 00

Anaph = 0 + 0 = 0, série la plus longue = 1 segments, N(prévenir) = 1, Rep = 1/3 = 0,33, AnaphR = χ[1,+∞)(0) = 0.

Corneille donne la série complète : quatre vers ouverts par « Rome », Anaph = 3, Rep = 1. Chez Péguy, le vers 2 (« Mais… ») interrompt la série : Anaph = 1 mais Rep = 3/4, et λ4 = 5 mesure l’ouverture commune « heureux ceux qui sont morts ». Dans « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu », e(j’, je) = 0 : la forme élidée compte comme un autre token, et seule la reprise « j’ai » est retenue (λ3 = 2). Enfin « Prévenir, préjuger, préserver » n’a aucune reprise de mot : le préfixe commun « pré » est une répétition à l’intérieur des mots, que la formule par lettres comptait comme anaphore.

Mots d’ouverture des segments chez Corneille et chez Péguy : une case colorée marque ai = 1 (même ouverture que le segment précédent) ; le nombre est λi.

Tableau récapitulatif
N°mot wAnap(w), maximum sur les coupuresdécoupage optimal
1prévenirpréjugerpréserver3prévenir · préjugerpréserver
2abcdeabfghabxyz2abcde · abfghabxyz
3chatmaisonrivière0aucun
4anana2an · ana
5papa2pa · pa
6abracadabra4abracad · abra
7banane0aucun
N°texteAnaphplus longue sérieouverture la plus fréquenteAnaphR
1Corneille, Horace (IV, 5)34rome (4/4)1
2Péguy, Ève12heureux (3/4)1
3Phrase à trois membres12j’ (2/3)1
4Exemple 1 en phrase01prévenir (1/3)0

Sur un découpage fixé, A(d, k) et la somme Σk A(d, k) calculent exactement la longueur du préfixe commun. Le maximum sur tous les découpages se réduit à une seule coupure et mesure le plus long préfixe de w qui réapparaît dans w, ce qui donne une valeur positive à des mots isolés comme abracadabra. Pour l’anaphore, les segments doivent être ceux du texte, et la comparaison porte sur les mots d’ouverture : Anaph compte les reprises, R leur enchaînement, λi la longueur de l’ouverture répétée, Rep sa portée.

12. Anastrophe – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

L’anastrophe (du grec anastrophe, « retournement ») est l’inversion de l’ordre naturel des mots dans une phrase ou une proposition. Elle sert à mettre en emphase un élément déplacé ou à créer un effet de rythme ou de solennité.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Mot à inversion anastrophique (ou anastrophe reverse).

Justification du lien

L’anastrophe consiste à inverser l’ordre habituel des éléments. En combinatoire des mots, cela correspond au renversement local d’un facteur.

Définition mathématique

Soit w = a1a2 … an un mot sur un alphabet Σ. Une anastrophe de longueur k est une inversion locale d’un facteur de longueur k qui produit un nouveau mot w′ dont l’ordre des lettres est modifié par rapport à l’ordre « naturel ». Formellement, il existe un facteur u de longueur k tel que :

w = x u y et w′ = x uR y où uR désigne le renversement de u.

Expression formelle computable

Pour un mot w, le nombre de positions d’anastrophe peut être défini comme :

Anast(w) = |{i | ∃ k ≥ 2, w[i … i + k − 1] ≠ (w[i … i + k − 1])R}|

Une valeur Anast(w) ≥ 1 indique la présence d’au moins une inversion non triviale.

Anastrophe : palindromes et inversions

Anastrophe : facteurs non palindromiques et inversion de l’ordre
1. La formule proposée

L’anastrophe est le renversement de l’ordre habituel de deux mots voisins (« une noire forêt » pour « une forêt noire »). La formule proposée la cherche dans un mot w de longueur n en comparant chaque facteur ui,k = w[i..i+k−1] (k ≥ 2) à son renversement ui,kR, lu de droite à gauche. Le nombre de positions où u et uR diffèrent est

D(i, k) = Σr=1k (1 − e( ui,k[r], ui,k[k − r + 1] )), e(x, y) = 1 si x = y, 0 sinon ; D(i, k) = 0 exactement quand ui,k est un palindrome. On pose ensuite A(i) = χ[1,+∞)( Σk=2n−i+1 χ[1,+∞)(D(i, k)) ), Anast(w) = Σi=1n−1 A(i), décision χ[1,+∞)(Anast(w)).

A(i) vaut 1 lorsqu’au moins un facteur commençant en i n’est pas un palindrome. Chaque désaccord est compté deux fois dans D(i, k), en r et en k − r + 1 : D est pair, ce qui ne change pas l’indicatrice.

2. Les trois exemples, toutes longueurs comprises

Pour chaque position i, toutes les longueurs k de 2 à n − i + 1 sont calculées ; chaque terme compare une lettre à la lettre symétrique.

Exemple 1 : w = abcd, n = 4
ikui,kui,kRD(i, k) = Σr (1 − e(u[r], u[k − r + 1]))χ[1,+∞)(D(i, k))
12abba(1 − e(a,b)) + (1 − e(b,a)) = 1 + 1 = 21
13abccba(1 − e(a,c)) + (1 − e(b,b)) + (1 − e(c,a)) = 1 + 0 + 1 = 21
14abcddcba(1 − e(a,d)) + (1 − e(b,c)) + (1 − e(c,b)) + (1 − e(d,a)) = 1 + 1 + 1 + 1 = 41
22bccb(1 − e(b,c)) + (1 − e(c,b)) = 1 + 1 = 21
23bcddcb(1 − e(b,d)) + (1 − e(c,c)) + (1 − e(d,b)) = 1 + 0 + 1 = 21
32cddc(1 − e(c,d)) + (1 − e(d,c)) = 1 + 1 = 21
iΣk χ[1,+∞)(D(i, k))A(i)
131
221
311

Anast(abcd) = 1 + 1 + 1 = 3, χ[1,+∞)(Anast) = 1.

Exemple 2 : w = abba, n = 4
ikui,kui,kRD(i, k) = Σr (1 − e(u[r], u[k − r + 1]))χ[1,+∞)(D(i, k))
12abba(1 − e(a,b)) + (1 − e(b,a)) = 1 + 1 = 21
13abbbba(1 − e(a,b)) + (1 − e(b,b)) + (1 − e(b,a)) = 1 + 0 + 1 = 21
14abbaabba(1 − e(a,a)) + (1 − e(b,b)) + (1 − e(b,b)) + (1 − e(a,a)) = 0 + 0 + 0 + 0 = 00
22bbbb(1 − e(b,b)) + (1 − e(b,b)) = 0 + 0 = 00
23bbaabb(1 − e(b,a)) + (1 − e(b,b)) + (1 − e(a,b)) = 1 + 0 + 1 = 21
32baab(1 − e(b,a)) + (1 − e(a,b)) = 1 + 1 = 21
iΣk χ[1,+∞)(D(i, k))A(i)
121
211
311

Anast(abba) = 1 + 1 + 1 = 3, χ[1,+∞)(Anast) = 1.

Exemple 3 : w = aaaa, n = 4
ikui,kui,kRD(i, k) = Σr (1 − e(u[r], u[k − r + 1]))χ[1,+∞)(D(i, k))
12aaaa(1 − e(a,a)) + (1 − e(a,a)) = 0 + 0 = 00
13aaaaaa(1 − e(a,a)) + (1 − e(a,a)) + (1 − e(a,a)) = 0 + 0 + 0 = 00
14aaaaaaaa(1 − e(a,a)) + (1 − e(a,a)) + (1 − e(a,a)) + (1 − e(a,a)) = 0 + 0 + 0 + 0 = 00
22aaaa(1 − e(a,a)) + (1 − e(a,a)) = 0 + 0 = 00
23aaaaaa(1 − e(a,a)) + (1 − e(a,a)) + (1 − e(a,a)) = 0 + 0 + 0 = 00
32aaaa(1 − e(a,a)) + (1 − e(a,a)) = 0 + 0 = 00
iΣk χ[1,+∞)(D(i, k))A(i)
100
200
300

Anast(aaaa) = 0 + 0 + 0 = 0, χ[1,+∞)(Anast) = 0.

Les valeurs 3, 3 et 0 sont exactes. Dans abba, la position 2 ne devient positive qu’à k = 3, puisque bb est un palindrome ; dans aaaa, tous les facteurs sont des palindromes.

Pour abba, aaaa et radar : χ[1,+∞)(D(i, k)) pour chaque position i (ligne) et longueur k (colonne) ; A(i) est 1 dès qu’une case de la ligne est pleine.

3. Ce que compte réellement Anast

Si tous les facteurs commençant en i sont des palindromes, celui de longueur 2 donne w[i] = w[i+1], celui de longueur 3 donne w[i] = w[i+2], et ainsi de suite jusqu’à w[i] = w[n] : le suffixe w[i..n] est formé d’une seule lettre. Réciproquement, un suffixe constant n’a que des facteurs palindromes. Donc

A(i) = χ[1,+∞)( Σj=i+1n (1 − e(w[i], w[j])) ) = 1 − χ( w[i..n] est constant ), et, en notant ρ(w) la longueur du dernier bloc de lettres identiques de w (ρ(w) = Σi=1n ∏j=in e(w[j], w[n])), Anast(w) = n − ρ(w).

Le tableau vérifie cette égalité sur plusieurs mots.

N°wnAnast(w) par la formuleρ(w)n − ρ(w)
1abcd4314 − 1 = 3
2abba4314 − 1 = 3
3aaaa4044 − 4 = 0
4abab4314 − 1 = 3
5aabb4224 − 2 = 2
6baaa4134 − 3 = 1
7radar5415 − 1 = 4

La valeur ne dépend que de la longueur et du dernier bloc : abcd, abba et abab reçoivent tous 3 ; le palindrome radar reçoit la valeur maximale 4 = n − 1, alors qu’il se lit de la même façon dans les deux sens. La mesure ne repère ni un renversement ni un ordre inhabituel.

4. L’anastrophe suppose un ordre de référence

Une inversion n’existe que par rapport à un ordre attendu. Appliquée aux tokens d’une phrase dont les mots sont distincts, la formule donne toujours m − 1 (m = nombre de tokens) : Anast(le chat dort) = 2, comme Anast(ainsi parlait zarathoustra) = 2, alors que la première phrase suit l’ordre habituel. La comparaison doit donc porter sur deux suites : l’ordre du texte t1 ⋯ tm et l’ordre canonique c1 ⋯ cm des mêmes mots.

5. Formule par inversions

Le rang canonique du i-ème mot du texte est lu par indicatrices d’égalité (mots distincts) :

π(i) = Σj=1m j · e(ti, cj), contrôle Σj e(ti, cj) = 1.

Une paire de positions i < j est inversée lorsque le mot placé avant devrait venir après :

Inv = Σ1 ≤ i < j ≤ m χ(0,+∞)( π(i) − π(j) ), Adj = Σi=1m−1 χ(0,+∞)( π(i) − π(i+1) ), K = Inv / (m(m − 1)/2).

Inv compte les paires inversées, Adj les inversions entre voisins, K ∈ [0, 1] est la part des paires inversées (K = 1 pour un renversement complet). L’anastrophe au sens strict est l’échange de deux voisins, et rien d’autre :

AnaS = χ{1}( Inv ), présence d’inversion χ[1,+∞)( Inv ).

Phrase 1 : « une noire forêt », ordre canonique « une forêt noire »
itiπ(i) = Σj j · e(ti, cj)
1une1·1 + 2·0 + 3·0 = 1
2noire1·0 + 2·0 + 3·1 = 3
3forêt1·0 + 2·1 + 3·0 = 2
N°(i, j)π(i), π(j)χ(0,+∞)(π(i) − π(j))voisins
1(1, 2)1, 30oui
2(1, 3)1, 20
3(2, 3)3, 21oui

Inv = 0 + 0 + 1 = 1, Adj = 1, K = 1/3 = 0,33, AnaS = χ{1}(1) = 1, Anast(tokens) = 2.

Phrase 2 : « Grande fut ma surprise », ordre canonique « Ma surprise fut grande »
itiπ(i) = Σj j · e(ti, cj)
1grande1·0 + 2·0 + 3·0 + 4·1 = 4
2fut1·0 + 2·0 + 3·1 + 4·0 = 3
3ma1·1 + 2·0 + 3·0 + 4·0 = 1
4surprise1·0 + 2·1 + 3·0 + 4·0 = 2
N°(i, j)π(i), π(j)χ(0,+∞)(π(i) − π(j))voisins
1(1, 2)4, 31oui
2(1, 3)4, 11
3(1, 4)4, 21
4(2, 3)3, 11oui
5(2, 4)3, 21
6(3, 4)1, 20oui

Inv = 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 0 = 5, Adj = 2, K = 5/6 = 0,83, AnaS = χ{1}(5) = 0, Anast(tokens) = 3.

Phrase 3 : « Ainsi parlait Zarathoustra », ordre canonique « Zarathoustra parlait ainsi »
itiπ(i) = Σj j · e(ti, cj)
1ainsi1·0 + 2·0 + 3·1 = 3
2parlait1·0 + 2·1 + 3·0 = 2
3zarathoustra1·1 + 2·0 + 3·0 = 1
N°(i, j)π(i), π(j)χ(0,+∞)(π(i) − π(j))voisins
1(1, 2)3, 21oui
2(1, 3)3, 11
3(2, 3)2, 11oui

Inv = 1 + 1 + 1 = 3, Adj = 2, K = 3/3 = 1, AnaS = χ{1}(3) = 0, Anast(tokens) = 2.

Phrase 4 : « Le chat dort », ordre canonique « Le chat dort »
itiπ(i) = Σj j · e(ti, cj)
1le1·1 + 2·0 + 3·0 = 1
2chat1·0 + 2·1 + 3·0 = 2
3dort1·0 + 2·0 + 3·1 = 3
N°(i, j)π(i), π(j)χ(0,+∞)(π(i) − π(j))voisins
1(1, 2)1, 20oui
2(1, 3)1, 30
3(2, 3)2, 30oui

Inv = 0 + 0 + 0 = 0, Adj = 0, K = 0/3 = 0, AnaS = χ{1}(0) = 0, Anast(tokens) = 2.

« une noire forêt » est une anastrophe stricte : une seule paire inversée, entre voisins. « Grande fut ma surprise » et « Ainsi parlait Zarathoustra » renversent davantage l’ordre (Inv = 5 et 3, K = 5/6 et 1) : ce sont des inversions plus larges que l’échange de deux voisins. « Le chat dort » n’a aucune inversion, alors que la formule par palindromes lui donnait 2.

Pour chaque phrase, liaison entre la position d’un mot dans le texte (haut) et sa position canonique (bas) : chaque croisement de deux liaisons est une paire inversée, et leur nombre est Inv.

Tableau récapitulatif
N°texteordre canoniqueπInvAdjKAnaSAnast (palindromes)
1une noire forêtune forêt noire1, 3, 2110,3312
2Grande fut ma surpriseMa surprise fut grande4, 3, 1, 2520,8303
3Ainsi parlait ZarathoustraZarathoustra parlait ainsi3, 2, 132102
4Le chat dortLe chat dort1, 2, 300002

Sur un mot, la formule par facteurs non palindromiques est calculable et vaut n − ρ(w) : elle ne dépend que de la longueur du mot et de son dernier bloc de lettres, et donne même sa valeur maximale à un palindrome. L’anastrophe est une inversion par rapport à un ordre attendu : les rangs canoniques π(i), lus par indicatrices d’égalité, et les indicatrices χ(0,+∞)(π(i) − π(j)) en donnent le nombre Inv, sa part K et la décision stricte AnaS = χ{1}(Inv).

13. Anecdote – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

L’anecdote est un récit bref d’un événement intéressant, amusant ou biographique. Elle sert à illustrer un propos, à humaniser un argument ou à créer un effet de pathos.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Mot à sous-mot narratif (ou anecdote factor).

Justification du lien

L’anecdote est un récit bref et unique qui illustre un propos plus large. En combinatoire des mots, cela correspond à un facteur qui n’apparaît qu’une seule fois dans le mot, et qui est donc « isolé » comme une unité narrative.

Définition mathématique

Soit w un mot sur un alphabet Σ. Une anecdote de longueur k est un facteur u de w de longueur k qui apparaît une seule fois et qui est entouré de facteurs plus longs qui le contextualisent. Formellement, u est un facteur isolé :

w = x u y avec |u| = k, m(u) = 1

où m(u) désigne la multiplicité de u dans w.

Expression formelle computable

Pour un mot w, le nombre d’anecdotes possibles peut être défini comme :

Anec(w) = |{u ∈ Fact(w) | m(u) = 1 et |u| ≥ 2}|

Une valeur Anec(w) ≥ 1 indique la présence d’au moins un facteur unique susceptible de servir de récit bref.

Anecdote : facteurs uniques et détail singulier

Anecdote : facteurs uniques, détail singulier et récit
1. La formule proposée

L’anecdote est le récit bref d’un fait particulier, d’un détail singulier. La formule proposée en retient le caractère unique : dans un mot w, un facteur qui n’apparaît qu’une fois est un « détail » qui ne se répète pas. La multiplicité d’un facteur u est le nombre de fenêtres de w égales à u :

mw(u) = Σi=1|w|−|u|+1 χ{u}( w[i..i+|u|−1] ), χ{u}(v) = ∏r e(v[r], u[r]), et l’on compte les facteurs distincts de longueur au moins 2 qui n’apparaissent qu’une fois :

A(u) = χ{1}( mw(u) ) · χ[2,+∞)( |u| ), Anec(w) = Σu ∈ Fact(w) A(u), décision χ[1,+∞)(Anec(w)).

2. Le calcul, fenêtre par fenêtre

Le tableau parcourt tous les facteurs w[i..i+k−1], k ≥ 2, avec leur position i. Un facteur répété apparaît sur plusieurs lignes ; l’indicatrice de première occurrence φ = χ{0}(Σi′ < i e(w[i′..i′+k−1], w[i..i+k−1])) ne garde que la première, pour compter les facteurs distincts. Pour A, cette précaution est inutile : un facteur de multiplicité 1 n’occupe qu’une ligne, donc la somme de A sur toutes les lignes est déjà la somme sur les facteurs distincts.

Exemple 1 : w = ababa, n = 5
N°ik = |u|u = w[i..i+k−1]mw(u) = Σj χ{u}(w[j..j+k−1])φ (première occurrence)A(u)
112abχ{ab}(ab) + χ{ab}(ba) + χ{ab}(ab) + χ{ab}(ba) = 1 + 0 + 1 + 0 = 21χ{1}(2) · χ[2,+∞)(2) = 0
222baχ{ba}(ab) + χ{ba}(ba) + χ{ba}(ab) + χ{ba}(ba) = 0 + 1 + 0 + 1 = 21χ{1}(2) · χ[2,+∞)(2) = 0
332abχ{ab}(ab) + χ{ab}(ba) + χ{ab}(ab) + χ{ab}(ba) = 1 + 0 + 1 + 0 = 20χ{1}(2) · χ[2,+∞)(2) = 0
442baχ{ba}(ab) + χ{ba}(ba) + χ{ba}(ab) + χ{ba}(ba) = 0 + 1 + 0 + 1 = 20χ{1}(2) · χ[2,+∞)(2) = 0
513abaχ{aba}(aba) + χ{aba}(bab) + χ{aba}(aba) = 1 + 0 + 1 = 21χ{1}(2) · χ[2,+∞)(3) = 0
623babχ{bab}(aba) + χ{bab}(bab) + χ{bab}(aba) = 0 + 1 + 0 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(3) = 1
733abaχ{aba}(aba) + χ{aba}(bab) + χ{aba}(aba) = 1 + 0 + 1 = 20χ{1}(2) · χ[2,+∞)(3) = 0
814ababχ{abab}(abab) + χ{abab}(baba) = 1 + 0 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(4) = 1
924babaχ{baba}(abab) + χ{baba}(baba) = 0 + 1 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(4) = 1
1015ababaχ{ababa}(ababa) = 1 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(5) = 1

Anec(ababa) = Σ A(u) = 4, |Fact≥2(ababa)| = Σ φ = 7, ν = 4/7 = 0,57.

Exemple 2 : w = aaaa, n = 4
N°ik = |u|u = w[i..i+k−1]mw(u) = Σj χ{u}(w[j..j+k−1])φ (première occurrence)A(u)
112aaχ{aa}(aa) + χ{aa}(aa) + χ{aa}(aa) = 1 + 1 + 1 = 31χ{1}(3) · χ[2,+∞)(2) = 0
222aaχ{aa}(aa) + χ{aa}(aa) + χ{aa}(aa) = 1 + 1 + 1 = 30χ{1}(3) · χ[2,+∞)(2) = 0
332aaχ{aa}(aa) + χ{aa}(aa) + χ{aa}(aa) = 1 + 1 + 1 = 30χ{1}(3) · χ[2,+∞)(2) = 0
413aaaχ{aaa}(aaa) + χ{aaa}(aaa) = 1 + 1 = 21χ{1}(2) · χ[2,+∞)(3) = 0
523aaaχ{aaa}(aaa) + χ{aaa}(aaa) = 1 + 1 = 20χ{1}(2) · χ[2,+∞)(3) = 0
614aaaaχ{aaaa}(aaaa) = 1 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(4) = 1

Anec(aaaa) = Σ A(u) = 1, |Fact≥2(aaaa)| = Σ φ = 3, ν = 1/3 = 0,33.

Exemple 3 : w = abcdef, n = 6
N°ik = |u|u = w[i..i+k−1]mw(u) = Σj χ{u}(w[j..j+k−1])φ (première occurrence)A(u)
112abχ{ab}(ab) + χ{ab}(bc) + χ{ab}(cd) + χ{ab}(de) + χ{ab}(ef) = 1 + 0 + 0 + 0 + 0 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(2) = 1
222bcχ{bc}(ab) + χ{bc}(bc) + χ{bc}(cd) + χ{bc}(de) + χ{bc}(ef) = 0 + 1 + 0 + 0 + 0 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(2) = 1
332cdχ{cd}(ab) + χ{cd}(bc) + χ{cd}(cd) + χ{cd}(de) + χ{cd}(ef) = 0 + 0 + 1 + 0 + 0 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(2) = 1
442deχ{de}(ab) + χ{de}(bc) + χ{de}(cd) + χ{de}(de) + χ{de}(ef) = 0 + 0 + 0 + 1 + 0 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(2) = 1
552efχ{ef}(ab) + χ{ef}(bc) + χ{ef}(cd) + χ{ef}(de) + χ{ef}(ef) = 0 + 0 + 0 + 0 + 1 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(2) = 1
613abcχ{abc}(abc) + χ{abc}(bcd) + χ{abc}(cde) + χ{abc}(def) = 1 + 0 + 0 + 0 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(3) = 1
723bcdχ{bcd}(abc) + χ{bcd}(bcd) + χ{bcd}(cde) + χ{bcd}(def) = 0 + 1 + 0 + 0 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(3) = 1
833cdeχ{cde}(abc) + χ{cde}(bcd) + χ{cde}(cde) + χ{cde}(def) = 0 + 0 + 1 + 0 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(3) = 1
943defχ{def}(abc) + χ{def}(bcd) + χ{def}(cde) + χ{def}(def) = 0 + 0 + 0 + 1 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(3) = 1
1014abcdχ{abcd}(abcd) + χ{abcd}(bcde) + χ{abcd}(cdef) = 1 + 0 + 0 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(4) = 1
1124bcdeχ{bcde}(abcd) + χ{bcde}(bcde) + χ{bcde}(cdef) = 0 + 1 + 0 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(4) = 1
1234cdefχ{cdef}(abcd) + χ{cdef}(bcde) + χ{cdef}(cdef) = 0 + 0 + 1 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(4) = 1
1315abcdeχ{abcde}(abcde) + χ{abcde}(bcdef) = 1 + 0 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(5) = 1
1425bcdefχ{bcdef}(abcde) + χ{bcdef}(bcdef) = 0 + 1 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(5) = 1
1516abcdefχ{abcdef}(abcdef) = 1 = 11χ{1}(1) · χ[2,+∞)(6) = 1

Anec(abcdef) = Σ A(u) = 15, |Fact≥2(abcdef)| = Σ φ = 15, ν = 15/15 = 1. Les valeurs 4, 1 et 15 sont exactes, de même que le calcul détaillé mw(bab) = 0 + 1 + 0 = 1.

Pour ababa et aaaa, multiplicité mw(u) de chaque facteur selon sa position i (colonne) et sa longueur k (ligne) ; les cases vertes sont les facteurs uniques (A = 1).

3. Ce que compte réellement Anec
3.1 Les facteurs uniques sont fermés par prolongement

Si u n’apparaît qu’une fois dans w, tout facteur qui contient u apparaît au plus autant de fois que u, donc une fois. En particulier le mot w lui-même, de multiplicité 1, est toujours compté dès que |w| ≥ 2 :

mw(w) = 1 ⟹ A(w) = 1 ⟹ Anec(w) ≥ 1 ∴ χ[1,+∞)(Anec(w)) = 1 pour tout mot de longueur ≥ 2.

La décision proposée est donc constante : aaaa n’est « détecté » que par aaaa lui-même.

3.2 Une valeur close

Pour une position i fixée, la multiplicité de w[i..i+k−1] décroît quand k augmente ; on note hi la longueur du plus long facteur répété commençant en i :

hi = Σk=1n−i+1 χ[2,+∞)( mw(w[i..i+k−1]) ).

Les facteurs uniques commençant en i sont ceux de longueur k > hi (et k ≥ 2) : il y en a n − i + 1 − max(hi, 1). D’où

Anec(w) = Σi=1n ( n − i + 1 − max(hi, 1) ).

Cette formule ne parcourt plus les facteurs, seulement les positions. Le tableau suivant la vérifie.

N°wh1, …, hnΣi (n − i + 1 − max(hi, 1))Anec(w)|Fact≥2(w)|ν = Anec / |Fact≥2|
1ababa3, 2, 3, 2, 12 + 2 + 0 + 0 + 0 = 4470,57
2aaaa3, 3, 2, 11 + 0 + 0 + 0 = 1130,33
3abcdef0, 0, 0, 0, 0, 05 + 4 + 3 + 2 + 1 + 0 = 1515151
4abcabc3, 2, 1, 3, 2, 13 + 3 + 3 + 0 + 0 + 0 = 99120,75
5aa1, 11 + 0 = 1111
6abaababa3, 2, 1, 3, 2, 3, 2, 15 + 5 + 5 + 2 + 2 + 0 + 0 + 0 = 1919220,86
3.3 Une valeur qui croît comme le carré de la longueur

Pour un mot sans répétition (toutes les lettres distinctes), hi = 0 pour tout i, et Anec(w) = Σi (n − i) = n(n − 1)/2 : 15 pour abcdef, 45 pour un mot de 10 lettres distinctes. Anec mesure surtout la longueur du mot ; la part ν = Anec(w) / |Fact≥2(w)| ∈ (0, 1] rend les mots comparables : ν(abcdef) = 1, ν(ababa) = 4/7, ν(aaaa) = 1/3.

Anec(w) et |Fact≥2(w)| en fonction de n pour les mots an, abab… tronqués et les mots à lettres distinctes ; Anec croît comme n(n − 1)/2 sans répétition.

4. Les détails singuliers : facteurs uniques minimaux

Parmi les facteurs uniques, la plupart ne sont uniques que parce qu’ils contiennent un plus petit facteur unique (abab contient bab). Le détail véritablement singulier est un facteur unique minimal : unique, mais dont les deux facteurs obtenus en retirant la première ou la dernière lettre sont répétés. Pour |u| ≥ 2 :

MU(u) = χ{1}( mw(u) ) · χ[2,+∞)( mw(u[2..|u|]) ) · χ[2,+∞)( mw(u[1..|u|−1]) ), et, pour une lettre, MU(x) = χ{1}(mw(x)). Le nombre de détails singuliers est Sing(w) = Σu MU(u).

w = ababa : facteurs uniques
N°umw(u)mw(u[2..|u|])mw(u[1..|u|−1])MU(u)
1bab1m(ab) = 2m(ba) = 21 · 1 · 1 = 1
2abab1m(bab) = 1m(aba) = 21 · 0 · 1 = 0
3baba1m(aba) = 2m(bab) = 11 · 1 · 0 = 0
4ababa1m(baba) = 1m(abab) = 11 · 0 · 0 = 0

Sing(ababa) = 1 : bab.

w = aaaa : facteurs uniques
N°umw(u)mw(u[2..|u|])mw(u[1..|u|−1])MU(u)
1aaaa1m(aaa) = 2m(aaa) = 21 · 1 · 1 = 1

Sing(aaaa) = 1 : aaaa.

N°wAnec(w)Sing(w)facteurs uniques minimaux
1ababa41bab
2aaaa11aaaa
3abcdef156a, b, c, d, e, f
4abcabc91ca
5aa11aa
6abaababa192aa, bab

Sing réduit les 15 facteurs uniques de abcdef à ses 6 lettres, et les 4 de ababa au seul bab : c’est le noyau unique dont tous les autres facteurs uniques sont des prolongements.

5. Formule rhétorique : l’ouverture narrative

Le récit d’anecdote s’annonce par des formules d’ouverture (« un jour », « je me souviens », « il était une fois », « l’autre jour »). Pour un marqueur μ = μ1 ⋯ μq et une phrase de tokens t1 ⋯ tm, la présence du marqueur à partir de la position j est un produit d’égalités :

O(u) = Σμ ∈ Marq Σj ∏r=1|μ| e( tj+r−1, μr ), AnecR(u) = χ[1,+∞)( O(u) ).

N°phrasetermes dont le premier facteur vaut 1O(u)AnecR(u)
1Un jour, Diogène se promenait en plein midi avec une lanterne allumée.« un jour » en j = 1 : 1 · 1 = 111
2Je me souviens qu’il pleuvait sur le port ce soir-là.« je me souviens » en j = 1 : 1 · 1 · 1 = 1
« il était une fois » en j = 5 : 1 · 0 · 0 · 0 = 0
11
3Les factures doivent être réglées sous trente jours.aucun token égal au premier mot d’un marqueur00
4Il était une fois un roi qui n’aimait pas les jours de pluie.« un jour » en j = 5 : 1 · 0 = 0
« il était une fois » en j = 1 : 1 · 1 · 1 · 1 = 1
11

La phrase 3 contient « jours » sans marqueur : e(jours, jour) = 0. La phrase 4 contient « une fois » et « jours », mais seul le marqueur complet « il était une fois », dont les quatre égalités valent 1, est compté.

Tableau récapitulatif
N°wAnec(w)|Fact≥2(w)|νSing(w)χ[1,+∞)(Anec)
1ababa470,5711
2aaaa130,3311
3abcdef1515161
4abcabc9120,7511
5aa11111
6abaababa19220,8621

La formule est calculable et ses valeurs sont exactes ; chaque multiplicité s’y lit comme une somme d’indicatrices de fenêtres. Mais l’unicité est héréditaire : le mot entier est toujours unique, la décision vaut toujours 1, et Anec(w) = Σi (n − i + 1 − max(hi, 1)) croît comme n(n − 1)/2 en l’absence de répétition. La part ν rend les mots comparables, les facteurs uniques minimaux isolent les détails singuliers, et la forme rhétorique se repère par les marqueurs d’ouverture narrative.

14. Antanaclasis – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

L’antanaclase (du grec antanaklasis, « réflexion ») est la répétition d’un même mot ou d’une même expression dans une phrase, mais avec un sens différent à chaque occurrence.

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Mot à facteur polyvalent (ou antanaclasis polyvalence).

Définition mathématique

Soit w un mot sur un alphabet Σ. Une antanaclase de longueur k est la répétition d’un facteur u de longueur k dont les occurrences successives sont associées à des interprétations distinctes. Formellement, il existe un facteur u tel que :

w = x1 u x2 u x3 avec |u| = k ≥ 1

et les deux occurrences de u sont sémantiquement non équivalentes.

Expression formelle computable

Pour un mot w, le nombre d’antanaclases peut être défini comme :

Antan(w) = |{u ∈ Fact(w) | m(u) ≥ 2 et les occurrences de u admettent des lectures distinctes}|

Une valeur Antan(w) ≥ 1 indique la présence d’au moins une répétition à sens changeant.

Antanaclase : une forme, deux sens

Antanaclase : une même forme, deux sens
1. La formule proposée

L’antanaclase reprend un même mot avec deux sens différents. La formule proposée compte les facteurs répétés dont les occurrences reçoivent des sens distincts. À chaque occurrence oi d’un facteur u est associée une étiquette de sens σ(oi), et :

χDiff(oi, oj) = 1 − e(σ(oi), σ(oj)), Sem(u) = Σ1 ≤ i < j ≤ mw(u) χDiff(oi, oj), χAntan(u) = χ[2,+∞)(mw(u)) · χ[1,+∞)(Sem(u)), Antan(w) = Σu ∈ Fact(w) χAntan(u), Antanpond(w) = Σu ∈ Fact(w) Sem(u).

Deux points restent à fixer pour que le calcul soit effectif : sur quelles unités porte Fact(w), et comment σ est obtenu.

2. Rendre les indicatrices calculables
2.1 Les unités : des mots, non des facteurs de lettres

Si Fact(w) désigne les facteurs de lettres, la phrase de Pascal possède 37 facteurs distincts répétés (espaces compris), et les 21 facteurs de raison (r, ra, …, aison, raison) apparaissent tous deux fois, dans raisons et dans raison. Si chaque sous-facteur hérite du sens du mot qui le contient, ces 21 facteurs comptent chacun : Antan(w) ≥ 21, et non 1. De plus vole est un facteur de voleur : mw(vole) = 3 en lettres, 2 en mots. On travaille donc sur la suite des mots t1, t2, …, tn de la phrase.

2.2 La forme normalisée κ

κ(t) met t en minuscules (Le et le, Nous et nous sont la même forme) puis applique un lexique de formes fléchies : κ(raisons) = raison. Le nombre d’occurrences d’une forme κ est m(κ) = Σi=1n e(κ(ti), κ).

2.3 Le sens σ, lu dans le contexte

Le sens n’est pas donné : on le calcule par un lexique de contexte Λ qui associe un sens au couple (mot précédent, forme). Si le couple n’est pas dans Λ, la forme n’a qu’un sens.

N°ti−1κ(ti)σ = Λ(ti−1, κ(ti))
1sesraisonmotif, justification
2laraisonfaculté de raisonner
3pilotevolese déplacer dans l’air
4voleurvoledérober

σi = Λ(ti−1, κ(ti)) si ce couple figure dans Λ, « sens unique » sinon.

2.4 La formule calculable

Sem(κ) = Σ1 ≤ i < j ≤ n e(κ(ti), κ) · e(κ(tj), κ) · ( 1 − e(σi, σj) ), χAntan(κ) = χ[1,+∞)(Sem(κ)), Antan(w) = Σκ ∈ K(w) χAntan(κ), Antanpond(w) = Σκ ∈ K(w) Sem(κ), où K(w) est l’ensemble des formes distinctes de la phrase. Le facteur χ[2,+∞)(m) de la formule proposée est superflu : Sem(κ) ≥ 1 exige une paire d’occurrences, donc m(κ) ≥ 2.

3. Les exemples calculés
Exemple 1 : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. »
N°tiκ(ti)ti−1σim(κ(ti))
1Lele—sens unique1
2cœurcœurlesens unique1
3aacœursens unique1
4sessesasens unique1
5raisonsraisonsesmotif, justification2
6quequeraisonssens unique1
7lalaquesens unique1
8raisonraisonlafaculté de raisonner2
9neneraisonsens unique1
10connaîtconnaîtnesens unique1
11pointpointconnaîtsens unique1
N°κ(i, j)σiσj1 − e(σi, σj)
1raison(5, 8)motif, justificationfaculté de raisonner1

κ = raison : m = 2, Sem = 1, χAntan = χ[2,+∞)(2) · χ[1,+∞)(1) = 1
Antan(w) = 1 ; Antanpond(w) = 1

Une antanaclase : raison, Sem = 1. L’ordre des sens est inversé dans l’exemple proposé : la première occurrence (ses raisons, t4) a le sens « motif, justification », la seconde (la raison, t7) le sens « faculté de raisonner ». La formule donne la même valeur, puisque χDiff est symétrique, mais l’étiquetage o1, o2 doit suivre l’ordre du texte.

Exemple 2 : « Nous devons tous changer si nous voulons voir le changement. »
N°tiκ(ti)ti−1σim(κ(ti))
1Nousnous—sens unique2
2devonsdevonsnoussens unique1
3toustousdevonssens unique1
4changerchangertoussens unique1
5sisichangersens unique1
6nousnoussisens unique2
7voulonsvoulonsnoussens unique1
8voirvoirvoulonssens unique1
9lelevoirsens unique1
10changementchangementlesens unique1
N°κ(i, j)σiσj1 − e(σi, σj)
1nous(1, 6)sens uniquesens unique0

κ = nous : m = 2, Sem = 0, χAntan = χ[2,+∞)(2) · χ[1,+∞)(0) = 0
Antan(w) = 0 ; Antanpond(w) = 0

La forme changement n’apparaît qu’une fois : m(changement) = 1 ∴ Sem(changement) = 0 et χAntan(changement) = 0, et non 1. Changer et changement sont deux mots de même racine (une dérivation), non une même forme ; ils ne partagent que le facteur de lettres change. La seule forme répétée est nous (Nous, nous), de même sens. ∴ Antan(w) = 0.

Exemple 3 : « Le roi règne sur son royaume car un roi doit régner. »
N°tiκ(ti)ti−1σim(κ(ti))
1Lele—sens unique1
2roiroilesens unique2
3règnerègneroisens unique1
4sursurrègnesens unique1
5sonsonsursens unique1
6royaumeroyaumesonsens unique1
7carcarroyaumesens unique1
8ununcarsens unique1
9roiroiunsens unique2
10doitdoitroisens unique1
11régnerrégnerdoitsens unique1
N°κ(i, j)σiσj1 − e(σi, σj)
1roi(2, 9)sens uniquesens unique0

κ = roi : m = 2, Sem = 0, χAntan = χ[2,+∞)(2) · χ[1,+∞)(0) = 0
Antan(w) = 0 ; Antanpond(w) = 0

Résultat exact : roi est répété avec un seul sens, Sem = 0, Antan(w) = 0. Règne et régner sont deux formes distinctes.

Les mots de la phrase de Pascal (Exemple 1) et de la phrase de test 4 ; chaque arc relie deux occurrences d’une même forme, en rouge si les sens diffèrent (1 − e(σi, σj) = 1), en gris sinon.

L’exemple à plusieurs antanaclases

Aucune phrase n’est donnée : m(raison) = 2, Sem = 1 et m(justice) = 3, Sem = 2 sont supposés. Les valeurs sont cohérentes : avec trois occurrences de sens A, A, B, les paires (1, 2), (1, 3), (2, 3) donnent 0 + 1 + 1 = 2. Antan(w) = 2 et Antanpond(w) = 3 pour un tel texte.

La version pondérée

La version pondérée est une fonction du texte w : on écrit Antanpond(w) = Σκ Sem(κ), et Sem(raison) = 3 pour un seul facteur, non « Antanpond(u) ». Sem possède une forme close : si mκ,s est le nombre d’occurrences de κ portant le sens s,

Sem(κ) = C(m(κ), 2) − Σs C(mκ,s, 2),

toutes les paires moins les paires de même sens. Pour A, B, C : C(3, 2) − 0 = 3 ; pour A, A, B : 3 − 1 = 2.

4. Phrases de test supplémentaires

La phrase 4 est une phrase construite pour ce test ; la phrase 5 est le premier vers de « Le Loup et l’Agneau » de La Fontaine.

Phrase 4 : « Le pilote vole haut tandis que le voleur vole bas. »
N°tiκ(ti)ti−1σim(κ(ti))
1Lele—sens unique2
2pilotepilotelesens unique1
3volevolepilotese déplacer dans l’air2
4hauthautvolesens unique1
5tandistandishautsens unique1
6quequetandissens unique1
7lelequesens unique2
8voleurvoleurlesens unique1
9volevolevoleurdérober2
10basbasvolesens unique1
N°κ(i, j)σiσj1 − e(σi, σj)
1le(1, 7)sens uniquesens unique0
2vole(3, 9)se déplacer dans l’airdérober1

κ = le : m = 2, Sem = 0, χAntan = χ[2,+∞)(2) · χ[1,+∞)(0) = 0
κ = vole : m = 2, Sem = 1, χAntan = χ[2,+∞)(2) · χ[1,+∞)(1) = 1
Antan(w) = 1 ; Antanpond(w) = 1

vole suit pilote puis voleur : deux sens, Sem(vole) = 1 ∴ une antanaclase, avec une forme identique et non seulement une racine commune. le est répété avec un seul sens.

Phrase 5 : « La raison du plus fort est toujours la meilleure. »
N°tiκ(ti)ti−1σim(κ(ti))
1Lala—sens unique2
2raisonraisonlafaculté de raisonner1
3duduraisonsens unique1
4plusplusdusens unique1
5fortfortplussens unique1
6estestfortsens unique1
7toujourstoujoursestsens unique1
8lalatoujourssens unique2
9meilleuremeilleurelasens unique1
N°κ(i, j)σiσj1 − e(σi, σj)
1la(1, 8)sens uniquesens unique0

κ = la : m = 2, Sem = 0, χAntan = χ[2,+∞)(2) · χ[1,+∞)(0) = 0
Antan(w) = 0 ; Antanpond(w) = 0

raison n’apparaît qu’une fois ; la est répété avec un seul sens (article) ∴ Antan(w) = 0.

Pour les cinq phrases : nombre de facteurs de lettres répétés (m ≥ 2, espaces compris) et Antan(w) calculé sur les mots ; le calcul sur les lettres compte des dizaines de facteurs là où il y a au plus une antanaclase.

Tableau récapitulatif
N°phraseformes répétées (m)facteurs de lettres répétésAntan(w)Antanpond(w)
1Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point.raison (2)3711
2Nous devons tous changer si nous voulons voir le changement.nous (2)5300
3Le roi règne sur son royaume car un roi doit régner.roi (2)2900
4Le pilote vole haut tandis que le voleur vole bas.le (2), vole (2)2911
5La raison du plus fort est toujours la meilleure.la (2)1500
N°exemplevaleur proposéevaleur calculée
1Pascal, raisonAntan = 1Antan = 1 (sens dans l’ordre inverse)
2changer / changementAntan = 1Antan = 0 : m(changement) = 1
3roiAntan = 0Antan = 0
4raison, justice (sans texte)Antan = 2cohérent, Antanpond = 3
5σ = A, B, CAntanpond(u) = 3Sem(raison) = 3 = C(3, 2)

Calculée sur les mots, avec une forme normalisée κ et un sens lu dans un lexique de contexte, la mesure devient Antan(w) = Σκ χ[1,+∞)(Σi<j e(κ(ti), κ) e(κ(tj), κ)(1 − e(σi, σj))). Elle confirme l’antanaclase de Pascal et celle de la phrase 4, et écarte la phrase sur le changement, où la forme n’est pas répétée.

15. Anticlimax – Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Définition rhétorique (synthèse des sources)

L’anticlimax est une chute abrupte d’un sujet élevé ou sérieux vers un sujet trivial, banal ou vulgaire. Elle s’oppose au climax (auxèse).

Mécanisme correspondant en combinatoire des mots

Nom proposé : Mot à complexité décroissante (ou anticlimax complexity drop).

Définition mathématique

Soit w un mot sur un alphabet Σ. Une anticlimax de longueur k est une séquence de facteurs dont la complexité factorielle diminue brusquement. Formellement, pour une suite de facteurs u1, u2, …, um de w, on a :

p(u1) > p(u2) > … > p(um) où p(u) désigne le nombre de facteurs distincts de u, et la décroissance est abrupte.

Expression formelle computable

Pour un mot w, le degré d’anticlimax peut être mesuré par :

Anticl(w) = max{Δ | ∃ suite de facteurs ui, p(ui) − p(ui+1) ≥ Δ}

Une valeur Anticl(w) ≥ 1 indique la présence d’une chute de complexité.

Anticlimax : complexité factorielle et chute finale

Anticlimax : complexité factorielle et chute finale
1. La formule proposée

L’anticlimax est une gradation qui retombe : après des termes d’importance croissante, le dernier tombe dans le banal (« il perdit son royaume, sa famille, sa fortune et son parapluie »). La formule proposée mesure l’« importance » d’un mot u par sa complexité factorielle, le nombre de ses facteurs distincts non vides :

p(u) = |Fact(u)| = Σi, k φu(i, k), φu(i, k) = χ{0}( Σi′ < i e( u[i′..i′+k−1], u[i..i+k−1] ) ), où φu(i, k) vaut 1 à la première occurrence d’un facteur et 0 aux suivantes, de sorte que chaque facteur distinct est compté une fois. La chute de u à v est D(u, v) = p(u) − p(v), et AΔ(u, v) = χ[Δ,+∞)( D(u, v) ), Anticl(w) = maxu, v ∈ Fact(w) D(u, v) · χ(0,+∞)( D(u, v) ), décision χ[1,+∞)(Anticl(w)).

2. Le calcul de p, facteur par facteur

Chaque tableau parcourt tous les facteurs u[i..i+k−1] ; φ marque la première occurrence. Le mot v de chaque exemple doit appartenir à Fact(w) : son appartenance se vérifie par mw(v) = Σj ∏r e(w[j+r−1], v[r]) ≥ 1.

Exemple 1 : w = abcdef, u = abcdef, v = aa
N°ikv = abcdef[i..i+k−1]φu(i, k)
111a1
221b1
331c1
441d1
551e1
661f1
712ab1
822bc1
932cd1
1042de1
1152ef1
1213abc1
1323bcd1
1433cde1
1543def1
1614abcd1
1724bcde1
1834cdef1
1915abcde1
2025bcdef1
2116abcdef1

p(abcdef) = Σ φ = 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 = 21.

N°fenêtre w[j..j+1]e(w[j], a) · e(w[j+1], a)produit
1ab1 · 00
2bc0 · 00
3cd0 · 00
4de0 · 00
5ef0 · 00

mabcdef(aa) = 0 + 0 + 0 + 0 + 0 = 0 ∴ aa ∉ Fact(abcdef) : le couple (abcdef, aa) n’est pas admissible.

Le maximum porte sur les couples de facteurs de w. Le plus petit p est celui d’une lettre, p(a) = 1 : la chute maximale est D(abcdef, a) = 21 − 1 = 20, et non 19.

Exemple 2 : w = ababa, u = ababa, v = aba
N°ikv = ababa[i..i+k−1]φu(i, k)
111a1
221b1
331a0
441b0
551a0
612ab1
722ba1
832ab0
942ba0
1013aba1
1123bab1
1233aba0
1314abab1
1424baba1
1515ababa1

p(ababa) = Σ φ = 1 + 1 + 0 + 0 + 0 + 1 + 1 + 0 + 0 + 1 + 1 + 0 + 1 + 1 + 1 = 9.

N°ikv = aba[i..i+k−1]φu(i, k)
111a1
221b1
331a0
412ab1
522ba1
613aba1

p(aba) = Σ φ = 1 + 1 + 0 + 1 + 1 + 1 = 5.

D(ababa, aba) = 9 − 5 = 4 ; mais D(ababa, a) = 9 − 1 = 8.

Exemple 3 : w = aaaaa, u = aaaaa, v = aaa
N°ikv = aaaaa[i..i+k−1]φu(i, k)
111a1
221a0
331a0
441a0
551a0
612aa1
722aa0
832aa0
942aa0
1013aaa1
1123aaa0
1233aaa0
1314aaaa1
1424aaaa0
1515aaaaa1

p(aaaaa) = Σ φ = 1 + 0 + 0 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 + 0 + 1 + 0 + 0 + 1 + 0 + 1 = 5.

N°ikv = aaa[i..i+k−1]φu(i, k)
111a1
221a0
331a0
412aa1
522aa0
613aaa1

p(aaa) = Σ φ = 1 + 0 + 0 + 1 + 0 + 1 = 3.

D(aaaaa, aaa) = 5 − 3 = 2 ; mais D(aaaaa, a) = 5 − 1 = 4.

Les valeurs p(abcdef) = 21, p(ababa) = 9, p(aba) = 5, p(aaaaa) = 5, p(aaa) = 3 sont exactes, de même que A4(ababa, aba) = 1 et A5(ababa, aba) = 0. Mais les couples retenus ne réalisent pas le maximum : Anticl(ababa) = 8 et Anticl(aaaaa) = 4, et non 4 et 2.

3. Le maximum sur tous les couples

Le tableau suivant donne D(u, v) · χ(0,+∞)(D(u, v)) pour tous les couples de facteurs distincts de ababa ; la ligne de u est lue contre la colonne de v.

N°u \ v (p)a (1)b (1)ab (3)ba (3)aba (5)bab (5)abab (7)baba (7)ababa (9)
1a (1)000000000
2b (1)000000000
3ab (3)220000000
4ba (3)220000000
5aba (5)442200000
6bab (5)442200000
7abab (7)664422000
8baba (7)664422000
9ababa (9)886644220

Anticl(ababa) = max = D(ababa, a) = D(ababa, b) = 9 − 1 = 8.

Chute D(u, v) pour tous les couples de facteurs de ababa ; le maximum 8 est atteint par u = ababa et v = une lettre.

Le résultat est général. Si v est facteur de u, tout facteur de v est facteur de u, donc p(v) ≤ p(u) : p est croissante pour la relation « être facteur de ». Le plus grand p sur Fact(w) est p(w), le plus petit est 1 (une lettre). Donc

Anticl(w) = p(w) − 1 pour tout mot w, ∴ χ[1,+∞)(Anticl(w)) = 1 dès que |w| ≥ 2.

La formule ne mesure qu’une seule chose, la complexité du mot entier, et la décision est constante. Le tableau la vérifie.

N°wp(w)Anticl(w)couple réalisant le maximum
1abcdef2120(abcdef, a)
2ababa98(ababa, a)
3aaaaa54(aaaaa, a)
4aa21(aa, a)
4. Ce que la définition initiale demandait : une suite

La définition initiale porte sur une suite (ui) et compare des termes successifs, p(ui) − p(ui+1). En la remplaçant par un couple quelconque (u, v), on a perdu l’ordre, qui fait la figure : l’anticlimax est une chute à la fin d’une progression. Les membres u1, …, um sont ceux que le texte découpe (propositions, groupes séparés par des virgules). Avec une mesure d’importance xi de chaque membre, on pose

di = xi − xi+1, Chute = maxi di · χ(0,+∞)(di), AntiC = χ(0,+∞)( dm−1 ) · ∏i=1m−2 χ(0,+∞)( dm−1 − di ).

AntiC vaut 1 lorsque le dernier pas est une chute plus forte que tout pas précédent : la retombée est finale et dominante. Une progression croissante (climax) donne 0, une décroissance régulière (gradation descendante) aussi.

Suite 1 : abc · abcd · abcde · a
iuixi = p(ui)di = xi − xi+1
1abc6-4
2abcd10-5
3abcde1514
4a1—

AntiC = χ(0,+∞)(14) · χ(0,+∞)(14 − (-4)) · χ(0,+∞)(14 − (-5)) = 1 · 1 · 1 = 1, Chute = 14.

Suite 2 : a · ab · abc
iuixi = p(ui)di = xi − xi+1
1a1-2
2ab3-3
3abc6—

AntiC = χ(0,+∞)(-3) · χ(0,+∞)(-3 − (-2)) = 0 · 0 = 0, Chute = 0.

Suite 3 : abcde · abcd · abc · ab
iuixi = p(ui)di = xi − xi+1
1abcde155
2abcd104
3abc63
4ab3—

AntiC = χ(0,+∞)(3) · χ(0,+∞)(3 − (5)) · χ(0,+∞)(3 − (4)) = 1 · 0 · 0 = 0, Chute = 5.

5. La complexité n’est pas l’importance

Pour la phrase « Il perdit son royaume, sa famille, sa fortune et son parapluie. », les membres sont « son royaume », « sa famille », « sa fortune », « son parapluie ». Mesurés par la complexité factorielle de leurs lettres, ils donnent :

iuilettres|ui|p(ui)di
1son royaumesonroyaume105411
2sa famillesafamille943-2
3sa fortunesafortune945-31
4son parapluiesonparapluie1276—

AntiC = 0 · 0 · 0 = 0 : le membre « son parapluie », le plus long, a la plus grande complexité (76).

La complexité factorielle croît avec la longueur, à peu près comme |u|(|u| + 1)/2 : elle mesure la longueur et la variété des lettres, pas l’importance de ce que le mot désigne. L’importance d’un membre est une donnée sémantique, que le lecteur fixe sur une échelle τ (ici de 1 à 5) ; la même formule appliquée à τ donne :

iuiτ(ui)di
1son royaume50
2sa famille51
3sa fortune43
4son parapluie1—

AntiC = χ(0,+∞)(3) · χ(0,+∞)(3 − 0) · χ(0,+∞)(3 − 1) = 1 · 1 · 1 = 1, Chute = 3.

Profils xi des trois suites de mots et de la phrase (p des lettres, puis importance τ) : seule la chute finale dominante donne AntiC = 1.

Tableau récapitulatif
N°suitexidiChuteAntiC
1abc · abcd · abcde · a6, 10, 15, 1-4, -5, 14141
2a · ab · abc1, 3, 6-2, -300
3abcde · abcd · abc · ab15, 10, 6, 35, 4, 350
4Il perdit son royaume, sa famille, sa fortune et son parapluie. (p)54, 43, 45, 7611, -2, -31110
5Il perdit son royaume, sa famille, sa fortune et son parapluie. (τ)5, 5, 4, 10, 1, 331

Chaque complexité p(u) se calcule comme une somme d’indicatrices de première occurrence. Mais le maximum sur tous les couples de facteurs vaut toujours p(w) − 1 : les valeurs annoncées 19, 4 et 2 sont 20, 8 et 4, et le couple (abcdef, aa) n’est pas admissible puisque aa n’est pas facteur de abcdef. L’anticlimax suppose une suite ordonnée de membres et une chute finale plus forte que les pas précédents, mesurée par AntiC ; la complexité des lettres ne donne pas l’importance des membres, qui doit être fournie par une échelle τ.

Synthèse : Liste des définitions et Classement de la solidité

Liste des définitions de mécanismes en combinatoire des mots

Voici un rappel des mécanismes proposés, traduisant chaque terme rhétorique :

  • Accumulatio : Mot à accumulation de facteurs (somme pondérée).
  • Actio : Mot à facteur d’action (transduction paramétrée).
  • Ad hominem : Mot à facteur ad personam (attaque de générateur).
  • Adianoeta : Mot à double interprétation morphique.
  • Alliteration : Mot à préfixe initial répété.
  • Amphiboly : Mot à factorisation syntaxique ambiguë.
  • Amplification : Mot à extension morphique.
  • Anacoenosis : Mot à consultation morphique.
  • Anadiplosis : Mot à bordure enchaînée (chevauchement suffixe-préfixe).
  • Analogy : Mot à morphisme similaire (correspondance structurelle).
  • Anaphora : Mot à préfixe initial commun.
  • Anastrophe : Mot à facteur inversé (renversement).
  • Anecdote : Mot à sous-mot narratif isolé.
  • Antanaclasis : Mot à facteur polyvalent répété.
  • Anticlimax : Mot à complexité factorielle décroissante.
  • Antimetabole : Mot à inversion chiasmatique de facteurs.
  • Antinomy : Mot à facteurs formellement contradictoires.
  • Antiptosis : Mot à substitution de facteur casuel.
  • Antistrophe : Mot à suffixe commun répété.
  • Antithesis : Mot à facteurs contrastés.
  • Antonomasia : Mot à substitution d’épithète.
  • Apophasis : Mot à facteur nié mais présent.
  • Aporia : Mot à facteurs ambigus ou en tension.
  • Aposiopesis : Mot à facteur tronqué.
  • Apostrophe : Mot à adresse vocative.
  • Arete : Mot d’excellence ou de vertu.
  • Argument : Mot à chaîne de raisonnement (prémisse à conclusion).
  • Argumentum ad baculum : Mot à facteur de contrainte.
  • Ars dictaminis : Mot à structure épistolaire dictaminale (5 parties).
  • Assonance : Mot à facteur vocalique répété.
  • Asyndeton : Mot à omission de facteur conjonctif.
  • Audience : Mot à facteur destinataire.
  • Aureation : Mot à facteur polysyllabique (seuil de longueur).
  • Auxesis : Mot à séquence de facteurs d’intensité croissante.
  • Axioms : Mot à facteur primitif.

Classement de la solidité de la correspondance

Rang 1 – Correspondances structurellement solides (ancrage formel fort dans la combinatoire des mots)

  • Alliteration : préfixe commun.
  • Anaphora : répétition de préfixe.
  • Antistrophe : répétition de suffixe.
  • Anadiplosis : liaison par chevauchement de facteurs (bord).
  • Antimetabole : inversion d’ordre (renversement).
  • Asyndeton : absence de connecteur.
  • Axioms : facteur primitif.
  • Ars dictaminis : structure canonique en blocs ordonnés.

Rang 2 – Correspondances raisonnablement fondées (lien formel plausible)

  • Assonance : abstraction sur l’alphabet des voyelles.
  • Amphiboly : non-unicité de la factorisation.
  • Anastrophe : renversement local.
  • Antithesis : paire de facteurs en relation d’opposition formelle.
  • Auxesis : séquence ordonnée croissante.
  • Anticlimax : séquence ordonnée inverse.
  • Aureation : fonction de longueur syllabique.
  • Amplification : morphisme d’extension.

Rang 3 – Correspondances partiellement formelles (dépendance d’une fonction externe sémantique ou grammaticale)

  • Adianoeta : double interprétation.
  • Antanaclasis : répétition polysémique.
  • Audience / Apostrophe / Anacoenosis : fonctions d’adresse ou d’interrogation.
  • Argument : relation prémisse/conclusion.
  • Analogy : isomorphisme de facteurs.

Rang 4 – Correspondances superficielles ou métaphoriques (lien analogique)

  • Accumulatio : somme de facteurs.
  • Actio : fonction d’exécution/performance.
  • Ad hominem / Antiptosis / Antonomasia / Apophasis / Aporia / Aposiopesis / Arete / Argumentum ad baculum / Antinomy / Anecdote : Ces correspondances reposent davantage sur une assignation contextuelle, narrative, sémantique, ou de contrainte, et s’éloignent de la combinatoire pure.

Ci-dessus est l’illustration standard de la notation standard de la fonction caractéristique ou indicatrice d’appartenance notée généralement χF(x), et définie sur un ensemble E qui explicite l’appartenance ou non à un sous-ensemble F de l’ensemble E de tout élément x de l’ensemble E.
Synthèse et Classement Taxonomique des Mécanismes

Rang 1 – Correspondances structurellement solides (ancrage formel fort)
Allitération (préfixe), Anaphore (répétition initiale), Antistrophe (répétition finale), Anadiplosis (chevauchement), Antimétabole (inversion), Asyndéton (absence de connecteur), Axiomes (mot primitif), Ars dictaminis (factorisation ordonnée).

Rang 2 – Correspondances raisonnablement fondées (lien formel plausible)
Assonance (voyelles), Amphiboly (ambiguïté), Anastrophe (renversement), Antithèse (opposition), Auxesis (ordre croissant), Anticlimax (ordre décroissant), Aureation (longueur), Amplification (extension).

Rang 3 – Correspondances partiellement formelles (dépendantes de fonctions externes)
Adianoeta, Antanaclasis, Audience, Apostrophe, Anacoenosis, Argument, Analogie.

Rang 4 – Correspondances superficielles ou métaphoriques
Accumulatio, Actio, Ad hominem, Anecdote, Antiptose, Antonomase, Apophase, Aporie, Aposiopèse, Arete, Argumentum ad baculum, Antinomie.

Ci-dessus est l’illustration standard de la notation standard de la fonction caractéristique ou indicatrice d’appartenance notée généralement χF(x), et définie sur un ensemble E qui explicite l’appartenance ou non à un sous-ensemble F de l’ensemble E de tout élément x de l’ensemble E.

Liste récapitulative des mécanismes

Chaque terme rhétorique est associé à un mécanisme de la combinatoire des mots, accompagné de sa mesure principale. Les trois tableaux suivent l’ordre alphabétique des termes.

N°Terme rhétoriqueMécanisme en combinatoire des motsMesure principale
1AccumulatioMasse de redite des facteursRed(w) = A(w) − A∗(w)
2ActioÉtiquetage de livraison sur Σ × R × SVariation totale VT
3Ad hominemCodage par attribut de générateurÉcart δJ, perte de structure Λ
4AdianoetaDouble décodage dans deux lexiquesAdianX,Y(w) = NX(w) · NY(w)
5AlliterationPlage dans le mot des initialesAllit(w), densité D(w)
6AmphibolyFactorisation multiple sur un lexique (non-code)AmphX(w) = NX(w) − 1
7AmplificationMorphisme d’extension et itérationExt(μ, w), valeur propre λμ
8AnacoenosisRéponses morphiques bornées et fonds communAnacℓ(w), proportion Anac∗ℓ
9AnadiplosisBordure aux frontières des propositionsAnad(w), gradation Grad(w)
10AnalogyMotif commun et proportion xu : xv :: yu : yvAnalk(w, w′), portée K
11AnaphoraPlus long préfixe commun des unitésAnap(w) = lcp(c1, …, cm)
12AnastrophePermutation des unitésNombre d’inversions inv(σ)
N°Terme rhétoriqueMécanisme en combinatoire des motsMesure principale
13AnecdoteFacteurs uniques minimauxAnec(w) = |MU(w)|
14AntanaclasisFacteur répété à contextes divergentsAntan0(w), Antanσ(w)
15AnticlimaxChute d’intensité après une montéeAnticl = Forme · Δ
16AntimetaboleÉchange de deux blocs entre deux unitésAntim(c1, c2)
17AntinomyRéécriture non confluenteAntinR(w) = |NFR(w)| − 1
18AntiptosisSubstitution de cas à lexème constantAntip(w, e) = dH(κ(w), κ(e))
19AntistrophePlus long suffixe commun des unitésAntis(w) = lcs(c1, …, cm)
20AntithesisPositions parallèles et positions opposéesPar, Opp, Antith = Opp / n
21AntonomasiaSubstitution par dictionnaire d’épithètesAnton(w′), expansion Exp(ν)
22ApophasisFacteur nié mais présentApoph(w), couverture Couv(w)
23AporiaPoint de choix équiprobableIndécision log2 k
24AposiopesisPréfixe propre à complétions multiplesApos(w) = |CompL(w)|
N°Terme rhétoriqueMécanisme en combinatoire des motsMesure principale
25ApostropheDétour dans le mot des destinatairesApost(w), changements Sw(w)
26AreteProfil d’ethos ; mot de LyndonEth(w), rang rg(w)
27ArgumentPrémisses recollées sur le moyen terme(Mr)XZ, degré d’enthymème
28Argumentum ad baculumFacteurs interditsNF(n), entropie hF
29Ars dictaminisFactorisation dans un produit de cinq langagesDict(w) = D5(n)
30AssonancePlage dans le mot des noyaux vocaliquesAss(w), densité DV(w)
31AsyndetonJonctions sans connecteurAsy(w), taux Asy∗(w)
32AudienceMarques d’adresse, destinataire dominantAud(w), densité Aud∗(w)
33AureationLongueur syllabique par groupes vocaliquesAurs(w), ℓ̄(w)
34AuxesisPlus longue sous-suite croissante d’intensitésAux(w) = LIS, Aux3(w)
35AxiomsRacine primitive et base génératriceρ(w), Prim(w), Ax(X)

Répartition des 35 mécanismes selon leur statut modal.

Classement de la solidité des correspondances

Critères de classement
  1. Degré d’ancrage dans une notion classique de la combinatoire des mots ou de la théorie des langages (préfixe, suffixe, bordure, multiplicité, primitivité, code, morphisme, réécriture, facteurs interdits).
  2. Possibilité de définir le mécanisme sans fonction sémantique extérieure, c’est-à-dire statut nécessaire, ou possible avec une donnée purement combinatoire.
  3. Calculabilité directe, par une somme finie de valeurs de fonctions caractéristiques.
  4. Distance à la simple métaphore : le mécanisme doit rendre compte de la structure de la figure, et non seulement de son nom.
Rang 1 – Correspondances structurelles (notion classique, sans donnée sémantique)
N°Terme rhétoriqueNotion de combinatoire des motsStatut modal
1AccumulatioMultiplicités et complexité factorielleNécessaire
5AlliterationPlages de lettres (mot des initiales)Nécessaire (graphique)
6AmphibolyCodes et unicité du décodagePossible (lexique)
7AmplificationMorphismes, matrice d’incidence, valeur propre de PerronPossible (morphisme)
9AnadiplosisBordures et carrés aux frontièresNécessaire (ponctuation)
10AnalogyMotifs, isomorphisme de mots, proportionNécessaire
11AnaphoraPréfixe commun, arbre des préfixesNécessaire (ponctuation)
13AnecdoteFacteurs uniques minimauxNécessaire
16AntimetaboleÉchange de blocsNécessaire
17AntinomyConfluence, paires critiquesPossible (système de règles)
19AntistropheSuffixe commun, renversementNécessaire (ponctuation)
35AxiomsPrimitivité, racine primitive, base d’un monoïdeNécessaire
Rang 2 – Correspondances formelles relatives à une donnée auxiliaire
N°Terme rhétoriqueNotion de combinatoire des motsStatut modal
4AdianoetaAppartenance à deux monoïdes engendrésPossible (deux lexiques)
8AnacoenosisFamilles finies de morphismes, facteurs communsPossible (borne ℓ)
12AnastrophePermutations, inversions, conjugaisonPossible (ordre de référence)
15AnticlimaxSuites d’intensités, complexité factorielleNécessaire ou contingent selon ι
20AntithesisInvolution, complément, distance de HammingNécessaire (binaire) ou contingent
23AporiaBranchement et entropiePossible (suites admissibles)
24AposiopesisPréfixes propres, arbre des préfixesPossible (langage L)
27ArgumentRecollement, matrice d’adjacencePossible (codage des prémisses)
28Argumentum ad baculumFacteurs interdits, entropiePossible (ensemble F)
29Ars dictaminisProduit de langagesPossible (langages des parties)
31AsyndetonJonctions, préfixes d’unitésPossible (connecteurs)
33AureationGroupes vocaliques, facteurs maximauxNécessaire (graphique)
34AuxesisPlus longue sous-suite croissanteNécessaire ou contingent selon ι
Rang 3 – Correspondances mixtes (partie combinatoire, sens extérieur)
N°Terme rhétoriqueNotion de combinatoire des motsStatut modal
14AntanaclasisContextes, facteurs spéciauxContingent (sens σ)
22ApophasisFacteurs après marqueurPossible (marqueurs)
25ApostrophePlages dans le mot des destinatairesContingent (destinataire d)
26AreteComptage lexical ; mots de LyndonContingent (lexique) ou nécessaire (Lyndon)
30AssonanceMorphisme effaçant, plagesContingent (phonétique) ou nécessaire (graphique)
32AudienceComptage de marques, lettre dominanteContingent (marques d’adresse)
Rang 4 – Correspondances dépendant d’une interprétation extérieure
N°Terme rhétoriqueNotion de combinatoire des motsStatut modal
2ActioMots étiquetés, variation totaleContingent (données de performance)
3Ad hominemCodages lettre à lettre, complexitéContingent (attributs)
18AntiptosisProjections lexème et cas, distance de HammingContingent (grammaire)
21AntonomasiaSubstitution par dictionnaireContingent (dictionnaire d’épithètes)

Les rangs 1 et 2 reposent sur des propriétés combinatoires classiques, soit intrinsèques, soit relatives à une donnée combinatoire fixée à l’avance ; les rangs 3 et 4 exigent une fonction sémantique, pragmatique ou grammaticale pour devenir opérationnels. Même dans ces derniers cas, une fois la donnée extérieure fixée, la mesure est une somme finie de fonctions caractéristiques, donc calculable.

Nombre de mécanismes par rang de solidité.

Conclusion

Les trente-cinq termes de ce glossaire à la lettre A montrent que les figures de la rhétorique classique se laissent traduire, pour l’essentiel, en un petit nombre d’opérations élémentaires sur les mots. La répétition, sous toutes ses formes (accumulatio, anaphore, antistrophe, anadiplose, allitération, assonance), devient une affaire de multiplicités, de préfixes, de suffixes et de bordures. L’ordre (anastrophe, auxèse, anticlimax, antimétabole) devient une affaire de permutations, d’inversions et de sous-suites croissantes. L’ambiguïté (adianoeta, amphibolie, antanaclase) devient une affaire de codes, de décodages multiples et de contextes. Le raisonnement et ses défaillances (argument, axiomes, antinomie, ad baculum) deviennent des chaînes de recollement, des bases génératrices, des réécritures non confluentes et des facteurs interdits. L’omission (asyndète, aposiopèse, apophase) devient enfin une affaire de jonctions vides, de préfixes inachevés et de présences niées.

Dans chaque cas, la mesure retenue s’écrit comme une somme finie ou un produit fini de valeurs de fonctions caractéristiques : χF convertit une condition en 0 ou 1, et l’addition de ces 0 et de ces 1 donne un nombre. C’est en ce sens précis que la fonction caractéristique est le langage commun des deux disciplines : elle permet de dire d’une figure non seulement qu’elle est présente, mais combien elle l’est, et de le calculer.

Le statut modal de chaque équivalence en marque la portée. Les équivalences nécessaires (accumulatio, analogie, anecdote, axiomes, anaphore et antistrophe dès que la segmentation est marquée) sont des propriétés du mot lui-même : la figure y est une structure. Les équivalences possibles exigent une donnée combinatoire fixée à l’avance (un lexique, un morphisme, un système de règles, un ensemble de facteurs interdits) : la figure y est une structure relative. Les équivalences contingentes reçoivent de l’extérieur un sens, une intensité, un destinataire ou un cas : la combinatoire y mesure la forme que prend une interprétation donnée, sans pouvoir la produire elle-même.

Plusieurs prolongements découlent de ce glossaire. Les mécanismes de rang 1 et 2 se prêtent à une réalisation par automates finis (chapitre 63) et par langages réguliers ou algébriques (chapitre 64), ce qui permettrait de reconnaître automatiquement les figures dans un corpus. Les fonctions caractéristiques de langages (chapitre 65) fournissent le cadre où les mesures de ce chapitre deviennent des séries génératrices. Enfin, les correspondances de rang 3 et 4 indiquent où s’arrête la combinatoire et où commence l’interprétation, frontière qu’il appartient aux chapitres suivants d’explorer.

Ci-dessus est l’illustration standard de la notation standard de la fonction caractéristique ou indicatrice d’appartenance notée généralement χF(x), et définie sur un ensemble E qui explicite l’appartenance ou non à un sous-ensemble F de l’ensemble E de tout élément x de l’ensemble E.